Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Main-d'oeuvre étrangère : responsable ou victime ?

Premiers responsables désignés pour expliquer le marasme du marché du travail, les étrangers résidant au Liban ne sont soumis qu’à une régulation très approximative de la part des autorités. Le premier mécanisme de contrôle, à la frontière, laisse filtrer de nombreuses personnes, notamment des Syriens. Quant à l’octroi de permis de travail, censé être fait après étude de la demande locale et consultation avec l’Office national de l’emploi, il est parfois soumis à des considérations personnelles ou politiques. «Après la guerre, affirme Yasser Nehmé, l’importation de main-d’œuvre s’est faite avec la complicité du ministère du Travail de l’époque, et rien n’a été entrepris en contrepartie pour protéger la main-d’œuvre locale». L’estimation des nombres d’étrangers travaillant au Liban est très variable. On parle de 600 000 à un million de personnes, mais pour certains, ce chiffre est encore en-deçà de la réalité. C’est dire l’ampleur du malaise, illustré par la tendance de la rumeur publique à gonfler ces chiffres. Le phénomène a été intensifié avec le début du processus de reconstruction. Les employeurs ont trouvé dans le recours à une main-d’œuvre importée le moyen de faire des économies substantielles. En effet, quand ils sont employés au noir, les étrangers reçoivent des salaires inférieurs aux minima et ne réclament pas de protection sociale ou médicale. Ils sont également prêts à travailler durant un nombre plus grand d’heures et sont souvent logés sur le site même du travail, notamment dans le secteur du bâtiment ou du service de maison. «Les employeurs, estime M. Nehmé, ont par ce biais non seulement économisé sur leurs dépenses, mais également fait perdre de l’argent à l’État et baissé la valeur réelle du travail». Une concurrence déloyale est ainsi créée de facto. Par ailleurs, l’idée selon laquelle les Libanais n’acceptent pas n’importe quelle occupation reste très largement répandue. Elle contient une part de vérité, les besoins et les attentes n’étant pas toujours les mêmes. C’est ce qui explique (mais ne justifie pas) l’importance du nombre d’étrangers employés dans des services de nettoyage, dans le traitement des déchets, dans les industries chimiques ou dans diverses activités saisonnières. De plus, les conditions de vie et de travail des travailleurs immigrés sont totalement laissées au jugement personnel de l’employeur, d’autant plus que les étrangers ont moins de possibilités de recours en cas d’abus, ce qui n’est pas rare. Dans un rapport sur le développement humain au Liban, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) note que la régulation du marché des travailleurs étrangers devrait commencer par accorder à ces personnes tous leurs droits individuels et sociaux.
Premiers responsables désignés pour expliquer le marasme du marché du travail, les étrangers résidant au Liban ne sont soumis qu’à une régulation très approximative de la part des autorités. Le premier mécanisme de contrôle, à la frontière, laisse filtrer de nombreuses personnes, notamment des Syriens. Quant à l’octroi de permis de travail, censé être fait après étude de la demande locale et consultation avec l’Office national de l’emploi, il est parfois soumis à des considérations personnelles ou politiques. «Après la guerre, affirme Yasser Nehmé, l’importation de main-d’œuvre s’est faite avec la complicité du ministère du Travail de l’époque, et rien n’a été entrepris en contrepartie pour protéger la main-d’œuvre locale». L’estimation des nombres d’étrangers travaillant au Liban...