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Actualités - Chronologie

Un succès pour la diplomatie canadienne

Le gouvernement canadien a tout lieu de se réjouir de la rapidité d’un processus qu’il a porté sur les fonts baptismaux. Définitivement mise au point à Ottawa le 3 décembre 1997, la convention a été aussitôt ouverte à ratification. Le texte avait besoin d’être ratifié par au moins 40 pays pour pouvoir entrer en vigueur le 1er jour du sixième mois suivant la 40e ratification — intervenue le 17 septembre 1998, soit neuf mois et demi seulement après la signature. Le projet, qui bénéficiait du soutien de nombreuses organisations non gouvernementales, avait été porté à bout de bras par le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, qui a obtenu en octobre dernier le prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe pour le rôle joué dans ce dossier. Dès le départ, pourtant, l’affaire ressemblait à la lutte de multiples David contre quelques Goliath. La convention était en butte à l’opposition des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Deux d’entre eux, cependant, la Grande-Bretagne et la France, sont revenus sur leur hostilité et ont déjà ratifié le texte. Les autres, les États-Unis, la Chine et la Russie, pourraient finir eux aussi par y adhérer. L’absence de ces trois principales puissances militaires au monde n’a pas diminué l’euphorie des autorités canadiennes. «Ils n’ont peut-être pas signé, mais ils n’ont pas réussi à empêcher le mouvement», a déclaré un fonctionnaire des Affaires étrangères proche du dossier sous couvert de l’anonymat. «D’ailleurs, ajoutait-il, ces trois puissances, même si elles n’ont pas signé le texte, ont assuré qu’elles respecteraient l’esprit de l’accord. Les États-Unis ont dit qu’il n’était pas exclu qu’ils signent, et tous les trois ont promis de ne pas vendre à d’autres des mines antipersonnel». De fait, les États-Unis ont fait savoir en mai dernier qu’ils signeraient le texte d’ici 2006 s’ils trouvent un dispositif pour remplacer les mines antipersonnel. «Attendre d’avoir trouvé un autre dispositif ne justifie pas l’utilisation d’une arme que la plupart des pays du monde ont déclarée illégale», commentait alors M. Axworthy, qui ajoutait : «C’est une question d’ordre non pas militaire mais humanitaire». Pour le ministre canadien, il paraît évident à ce jour que les pays qui n’ont pas signé «souhaiteraient aujourd’hui l’avoir fait». «Plus de 80 pour cent des pays» ont déjà signé le texte, et «ceux qui ne sont pas de la partie en ressentent le souffle», affirme-t-il. Pour le haut fonctionnaire, Ottawa ressent avec «une satisfaction tranquille» que les États-Unis soient sur ce sujet virtuellement isolés parmi leurs partenaires dans diverses alliances, comme par exemple l’Otan. En décembre 1997, souligne ce haut fonctionnaire, «Washington voulait qu’on édulcore la convention, et indiquait qu’il signerait si on faisait une exception pour la péninsule coréenne». «Lloyd (Axworthy), ajoute cette source, a tenu bon et a dit : “Pas question d’édulcorer le texte, on continuera, même sans vous”».
Le gouvernement canadien a tout lieu de se réjouir de la rapidité d’un processus qu’il a porté sur les fonts baptismaux. Définitivement mise au point à Ottawa le 3 décembre 1997, la convention a été aussitôt ouverte à ratification. Le texte avait besoin d’être ratifié par au moins 40 pays pour pouvoir entrer en vigueur le 1er jour du sixième mois suivant la 40e ratification — intervenue le 17 septembre 1998, soit neuf mois et demi seulement après la signature. Le projet, qui bénéficiait du soutien de nombreuses organisations non gouvernementales, avait été porté à bout de bras par le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, qui a obtenu en octobre dernier le prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe pour le rôle joué dans ce dossier. Dès le départ, pourtant, l’affaire ressemblait à la lutte de...