La livre libanaise est restée confinée dans les mêmes marges face au dollar à Beyrouth, dans un marché très calme à l’inertie et dominé toujours par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue ainsi à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le milieu du mois de décembre dernier. Dans ces conditions, et compte tenu de la réticence du marché aussi bien à l’offre qu’à la demande, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar dans une marge plus étroite au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et souvent en dehors d’elle. Il a dû, en effet, fluctuer toute la journée d’hier entre 1 513,75 et 1 514,25 LL avec un volume d’affaires peu nourri, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, en grande partie échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Nouveau dérapage de l’euro À l’étranger, l’euro a de nouveau piqué du nez face au dollar, hier, sur les marchés des changes internationaux, déprimé par de nouveaux appels à un assouplissement monétaire dans la zone euro, tandis que le billet vert s’est apprécié face au yen, soutenu par des déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, devant le Sénat sur l’état de l’économie américaine. De fait, les cambistes ont été très sensibilisés hier, par les propos tenus par le ministre allemand des Finances, Oskar Lafontaine, devant le Bundestag (chambre basse du Parlement) en présentant son projet de budget 1999. Celui-ci a renouvelé ses appels en faveur d’un relâchement de la politique monétaire par la Banque centrale européenne (BCE), soulignant l’absence de risque inflationniste. Et d’ajouter que la politique monétaire n’est pas neutre vis-à-vis de la croissance, mais au contraire les taux d’intérêt peuvent être utilisés pour donner des impulsions à la croissance dans un cadre économique stable. Selon ces milieux cambistes, les pressions et la confusion des autorités européennes en matière de politique monétaire contribuent à l’affaiblissement de l’euro. De plus, le dollar continue à bénéficier des bons résultats économiques américains mis en évidence hier par le président de la Fed dans son intervention devant le Sénat. Celui-ci a estimé que les fondamentaux de l’économie américaine étaient «solides» et qu’il n’y avait pas de signe de retour de l’inflation pour l’instant, laissant croire qu’il penche légèrement plus en faveur d’une hausse des taux américains. Cela d’autant que le marché venait d’apprendre hier que l’indice de confiance des consommateurs américains aurait augmenté de 128,9 points le mois dernier à 132,1 points en février, témoignant de la vigueur de l’économie aux États-Unis. C’est dans ce contexte que le dollar s’est repris hier, se négociant à New York, comme suit : – 1,10 pour un euro contre 1,1028, la veille. – 1,6128 pour un sterling contre 1,6255. – 1,7775 DM contre 1,7735. – 5,9615 FF contre 5,9490. – 1,4500 FS contre 1,4495. – 1 759,75 lires contre 1 754,40. – 121,20 yens contre 120,90. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la baisse de Solidere Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est encore enfoncée hier, sous l’effet de la rechute des actions Solidere des deux catégories «A» et «B» et de celles de Bou Khalil Markets dans une proportion plus grande que la hausse des actions de la banque Byblos et des Ciments blancs nominatives et au porteur. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises a diminué de 0,64 % à 82,19 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a augmenté de 0,21 % à 192,82 points. Dans cette évolution, l’activité de la cote s’est un peu développée, totalisant 93 553 actions d’une valeur globale de 803 866 dollars. Volatilité de Wall Street Quant à Wall Street, elle s’est montrée très volatile au lendemain de la flambée des cours des valeurs américaines la veille et après les propos tenus hier devant le Sénat par le président de la Fed, Alan Greenspan. Certes, les investisseurs ont été troublés par ces propos du patron de la Fed qui a jugé qu’une correction boursière était possible et que les prix des actions sont suffisamment hauts pour soulever cette question. Celui-ci devait en même temps délivrer un message empreint d’optimisme sur l’état de l’économie américaine dont la croissance devrait être plus vigoureuse que ce qu’attendaient généralement les prévisionnistes. La croissance du PIB américain devrait progresser de 2,5 % à 3 % en 1999, soit à un rythme plus rapide que ce que les premières estimations laissaient croire, avec en plus une maîtrise de l’inflation et un taux de chômage inchangé. Mais les boursiers, encouragés par ces fondamentaux solides de l’économie américaine, semblaient craindre un prochain resserrement de la politique monétaire de la Fed. Ce phénomène les a donc frappés d’incertitude, faisant osciller l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles entre un plus haut à 9 611,33 points et un plus bas à 9 473,24 points, avant qu’il n’affiche en préclôture 9 548,95 points, en baisse de 3,73 points sur la veille. Paris : fermeté de la cote Après une baisse de tension suscitée par des déclarations d’Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, sur les risques encourus par Wall Street, la Bourse de Paris a terminé la séance de mardi sur une note très ferme. En baisse brièvement de 0,48 % à l’ouverture, l’indice CAC 40 évoluait en forte hausse par la suite, avant de réduire de moitié ses gains une heure environ avant la clôture. Cet indice a fini sur une hausse de 1,01 % à 4 207,95 points. Cet indice s’était élevé en cours de séance à 4 241,31 points. Le volume des échanges a atteint sur le marché à règlement mensuel 2,323 milliards d’euros, soit 15,2 milliards de francs. L’indice Dow Jones Euro Stoxx 50 était également en hausse significative en fin de journée, de 1,93 %. Londres : en forte reprise La Bourse de Londres a clôturé la séance de mardi en forte hausse, dopée par les gains des valeurs du secteur bancaire, après les bons résultats annuels de NatWest et ignorant la baisse de Wall Street dans l’après-midi. L’indice Footsie des cent principales valeurs de la Bourse de Londres a clôturé en hausse de 85,3 points à 6 155,2 points, soit une progression de 1,4 % par rapport à son niveau de clôture la veille. Sur le Liffe, le marché à terme de Londres, le contrat mars sur le Footsie s’affichait en fin de journée à 6 130 points contre 6 079 points en clôture la veille. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt du Trésor à dix ans s’établissait à 4,396 % contre 4,437 % lundi soir. L’écart de rendement avec le Bund correspondant était de 54,6 points de base contre 55,7 points de base lundi en fin de journée. Fortement aidées par la hausse de 2,28 % de Wall Street lundi soir en clôture, les valeurs londoniennes ont bénéficié de la hausse de l’ensemble des titres du secteur bancaire, après la publication des résultats annuels de NatWest, jugés positifs par les analystes. Des rumeurs sur d’éventuelles discussions de fusion entre la chaîne satellitaire britannique BSkyB, appartenant au groupe NewsCorp de Rupert Murdoch et le Français Canal+ ont par ailleurs apporté un soutien supplémentaire, ont noté des opérateurs. Francfort : le Dax repasse le seuil des 5 000 points La Bourse de Francfort a franchi le seuil des 5 000 points mardi, l’indice vedette X-DAX progressant de 2,56 % grâce au repli de l’euro face au dollar, selon des courtiers. L’indice des trente valeurs de Francfort, le DAX-XETRA était à 5 012,6 contre 4 887,7 points à la clôture de lundi. L’euro a de nouveau reculé, atteignant un nouveau plancher, à 1,0969 USD contre 1,0992 USD lundi. Cette chute est favorable aux entreprises allemandes car cela améliore directement leur compétitivité à l’export. Lundi, le président de la BCE Wim Duisenberg a estimé que la faiblesse actuelle de l’euro était «provisoire», due à la combinaison de plusieurs facteurs conjoncturels, pour l’essentiel, en raison de la vitalité de l’économie aux États-Unis et des «pressions politiques» en Europe en faveur d’une baisse des taux d’intérêt. Zurich : en net progrès La Bourse suisse a progressé mardi de 0,98 %, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) prenant 69 points à 7 145,7 contre 7 076,7 points lundi. L’indice élargi Swiss Performance Index (SPI) a gagné 41,03 points à 4 508,85. Le groupe Ciba Spécialités chimiques a publié, avant l’ouverture, des résultats inférieurs aux prévisions des analystes. En outre, a relevé la banque Pictet et Cie, la direction de l’entreprise a prévu un bénéfice à la baisse pour l’exercice 1999, en raison de la baisse du chiffre d’affaires constatée au second semestre 1998. Tokyo : dopée par Wall Street La Bourse de Tokyo, ragaillardie par les bonnes dispositions affichées la veille par Wall Street, a progressé mardi de 1,7 %, selon des opérateurs. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a terminé en hausse de 243,98 points, à 14 500,65 points. L’indice élargi Topix a fini en hausse de 8,86 points à 1 117,77 pts. Le volume des échanges s’est élevé à 560 millions de titres, contre 409,4 millions la veille. «Le marché a repris confiance, les investisseurs ayant senti un renversement de tendance concernant la baisse des cours des obligations et la hausse du yen», a indiqué Tsuyoshi Segawa, responsable des opérations à la New Japan Securities Co. Ltd. «Les investisseurs institutionnels, qui s’apprêtent à clôturer leurs comptes avant la fin de l’année fiscale le 31 mars, ont pour l’instant limité leurs ventes», a ajouté M. Segawa.
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