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Actualités - Chronologie

La Russie à l'heure de la révolution du Web

Saint-Petersbourg, perçue depuis sa création comme la fenêtre de la Russie sur l’Occident, est menacée de perdre son statut au profit de Moscou où fleurissent les cybercafés qui attirent de plus en plus la nouvelle Web generation de la capitale. Dans un pays où le revenu moyen se limite à environ 750 roubles (30 dollars) par mois, les 800 à 1000 dollars qu’il faut débourser pour un ordinateur domestique sont hors d’atteinte pour la plupart. Le cybercafé constitue donc une aubaine pour les jeunes internautes de la nouvelle Russie. «Je m’en sers surtout pour rester en contact avec mes copains», dit Léna Andreïeva, 25 ans, qui envoie des e-mails depuis le Web-bar Chevignon de Moscou à des amis anglais rencontrés alors qu’elle travaillait sur un bateau de croisière dans les Caraïbes. Plus d’une demi-douzaine de cybercafés sont actuellement ouverts dans la capitale russe, avec une clientèle disparate d’étudiants, d’étrangers, de nouveaux Russes branchés, et d’hommes d’affaires maintenant le contact avec leur bureau. Mais le Web n’est pas qu’une autoroute de l’information à l’usage d’étudiants avides de connaissances. Il a également introduit en Russie la cyber-pornographie et le bookmaker électronique. «Lors de l’Open d’Australie de tennis il y avait ici une dizaine de personnes qui regardaient les matchs en temps réel», raconte Marat Jouligaliev, propriétaire d’un salon Internet dans le centre de Moscou. «Ils faisaient des paris toutes les nuits, avec leurs cartes de crédit», explique-t-il. «Ils ont gagné 2 000 dollars sur des paris pris avec le monde entier, de New-York à Tokyo». Le magasin Partia, dans le sud de la capitale, offre quant à lui gratuitement l’usage de sa demi-douzaine de terminaux, sur lesquels se ruent les étudiants étrangers en mal de nouvelles du pays et les jeunes du quartier. «Je travaille pour une agence de voyages spécialisée dans les événements sportifs», explique Alexeï Ovtchinnikov, 20 ans. «Je m’informe ici sur les dates et les lieux des compétitions à venir», ajoute-t-il. Le magasin est un don du ciel pour l’étudiant tanzanien en génie civil Enoch Kayani. «Je me tiens au courant, explique-t-il, je peux lire le jour même les journaux de mon pays au lieu de les attendre trois ou quatre semaines». La révolution du Web a cependant une autre facette, reconnaissent les gérants des cafés, notamment celle des sites pornographiques on line. «Au début, à l’ouverture, on a éliminé cette clientèle», dit Christophe Gros, le gérant français du Chevignon. «Après, ils ont compris que ce n’était pas l’endroit pour ça». Malgré l’engouement pour Internet, la crise économique russe a également été ressentie dans ce secteur d’activité, alors que la classe moyenne naissante voyait son pouvoir d’achat s’effondrer. «Nos terminaux sont toujours utilisés, mais c’est la clientèle qui a changé», remarque Christophe Gros qui offre une demi-heure de connexion gratuite pour toute consommation, dont le prix, lui, est libellé en dollars. Le rouble ayant perdu 70% de sa valeur, même cette formule devient inabordable.
Saint-Petersbourg, perçue depuis sa création comme la fenêtre de la Russie sur l’Occident, est menacée de perdre son statut au profit de Moscou où fleurissent les cybercafés qui attirent de plus en plus la nouvelle Web generation de la capitale. Dans un pays où le revenu moyen se limite à environ 750 roubles (30 dollars) par mois, les 800 à 1000 dollars qu’il faut débourser pour un ordinateur domestique sont hors d’atteinte pour la plupart. Le cybercafé constitue donc une aubaine pour les jeunes internautes de la nouvelle Russie. «Je m’en sers surtout pour rester en contact avec mes copains», dit Léna Andreïeva, 25 ans, qui envoie des e-mails depuis le Web-bar Chevignon de Moscou à des amis anglais rencontrés alors qu’elle travaillait sur un bateau de croisière dans les Caraïbes. Plus d’une demi-douzaine...