Une communauté majoritaire mal représentée au pouvoir
le 22 février 1999 à 00h00
Les chiites constituent environ 55 % des 22 millions d’Irakiens, mais ils sont très mal représentés dans les hautes sphères du régime du président Saddam Hussein, dominé par les sunnites. La population des provinces situées au sud de Bagdad est dans sa quasi-totalité chiite, alors que le noyau dur du régime irakien est formé des sunnites de Takrit, la ville natale de Saddam Hussein, dans le nord. Parmi les chiites qui occupent des fonctions de responsabilité, figurent pourtant le président de l’Assemblée nationale, Saadoun Hammadi, et Mohammad Hamza al-Zoubeidi, membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance dirigeante) et ancien Premier ministre. Les chiites forment le gros de l’armée régulière, mais les unités d’élite, dont la Garde républicaine, sont commandées et canalisées par des sunnites, plus sûrs aux yeux du pouvoir. Lorsque certains contingents de l’armée sont entrés en rébellion contre le régime après la guerre du Golfe de 1991, c’est la Garde républicaine qui a maté les insurgés, au prix d’une répression sanglante dans le sud. Les chiites étaient, dans le passé, très influents au sein de la classe commerçante du fait de leur présence à Bassorah, principal port de l’Irak, et des lieux de pèlerinage chiite, à Najaf et Kerbala. Les nationalisations menées par le parti Baas, au pouvoir depuis 1968, ont érodé leur poids économique. Mais tout en mettant fin au féodalisme, elles ont profité aux plus défavorisés des chiites, paysans pauvres et sans terre Le régime du parti Baas, laïc, ne fournit pas de chiffres sur la composition confessionnelle du pays. D’après les estimations des diplomates, près de 55 % des Irakiens sont chiites arabes, près de 20 % sunnites arabes et près de 25 % sunnites kurdes. L’Irak compte aussi une minorité chrétienne et une autre sabéenne qui se réclame de Saint Jean-Baptiste. La diversité religieuse est un sujet tabou en Irak. Saddam Hussein se dit descendant de Mahomet, ce qui est supposé le rapprocher des chiites, partisans de l’imam Ali, gendre et cousin du prophète de l’islam. Le chef de l’Etat s’était également fait fort de restaurer en quelques mois les mausolées des imams chiites détruits durant les combats qui ont éclaté lors de la répression de l’insurrection chiite de 1991. Mais les opposants font régulièrement état d’une répression des dignitaires chiites depuis que Saddam Hussein est arrivé au pouvoir, en 1979.
Les chiites constituent environ 55 % des 22 millions d’Irakiens, mais ils sont très mal représentés dans les hautes sphères du régime du président Saddam Hussein, dominé par les sunnites. La population des provinces situées au sud de Bagdad est dans sa quasi-totalité chiite, alors que le noyau dur du régime irakien est formé des sunnites de Takrit, la ville natale de Saddam Hussein, dans le nord. Parmi les chiites qui occupent des fonctions de responsabilité, figurent pourtant le président de l’Assemblée nationale, Saadoun Hammadi, et Mohammad Hamza al-Zoubeidi, membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance dirigeante) et ancien Premier ministre. Les chiites forment le gros de l’armée régulière, mais les unités d’élite, dont la Garde républicaine, sont commandées et canalisées...
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