Six créateurs (deux parisiens et quatorze marseillais) ont organisé à Marseille une exposition pour le moins étonnante. Sujet central: la mort. Thème tabou par excellence dans un domaine de la futilité et de l’éternel sourire, le fait de disséquer la mode dérange et incommode. Taches de sang, blessures peintes encandrées d’instruments chirurgicaux, et quatorze mannequins au maquillage cadavérique ont composé (selon le titre de l’exposition) le cadre de la présentation des créations de ces stylistes qui se proclament des «Dix sections». Le jeu de mots est appréciable. L’exposition le serait de beaucoup moins. Commandité par le très actif Institut de mode Méditerranée de Marseille, il s’agissait au départ de «radioscopier autopsier» et de donner à ce dernier terme ses lettres de noblesse: analyser méticuleusement les composantes d’une création. Le vêtement dans cet ordre d’idée deviendrait vivant une fois investi du regard du réanimateur. C’est-à-dire de celui qui lui donnerait vie en l’endossant. Initiative méritoire sans doute, mais sur le plan pratique associer des cadavres (ou leur évocation) à une création qui s’adresse aux corps bien vivants serait maladroit. Esthétiser à mort faisait tressaillir les poètes maudits du XIXe siècle. Mais n’est pas Baudelaire ou Rembrandt qui veut. Bâtir la promotion de l’art vestimentaire par des tableaux macabres relève du canular estudiantin. Même si on doit reconnaître que les créations présentaient un intérêt certain, la présentation du genre bizotage servait peu, très peu, la créativité des jeunes créateurs. Même dans une société orientée vers le choc et le sensationnel, la démarche créative pure et dure risque de passer inaperçue, il y a des coups de poing qui ne contribuent pas à sa promotion. Miss France en maillot ferait frémir d’impatience le Canard Enchaîné... Mais est-ce là le but de la création vestimentaire?
Six créateurs (deux parisiens et quatorze marseillais) ont organisé à Marseille une exposition pour le moins étonnante. Sujet central: la mort. Thème tabou par excellence dans un domaine de la futilité et de l’éternel sourire, le fait de disséquer la mode dérange et incommode. Taches de sang, blessures peintes encandrées d’instruments chirurgicaux, et quatorze mannequins au maquillage cadavérique ont composé (selon le titre de l’exposition) le cadre de la présentation des créations de ces stylistes qui se proclament des «Dix sections». Le jeu de mots est appréciable. L’exposition le serait de beaucoup moins. Commandité par le très actif Institut de mode Méditerranée de Marseille, il s’agissait au départ de «radioscopier autopsier» et de donner à ce dernier terme ses lettres de noblesse: analyser...
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