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Actualités - Chronologie

Cologne en dix siècles

Près d’un million d’Allemands ont envahi les rues de Cologne pour assister à la traditionnelle parade du carnaval, qui avait pour thème cette année le millénaire. Au son des tambours et trompettes, environ 9 000 personnes grimées et déguisées ont défilé sur plus de 6 kilomètres dans les rues de la ville, présentant une rétrospective des dix siècles écoulés. Composé au total de 80 chars, le cortège s’est ébranlé à 11 heures 11 minutes et 11 secondes — le 11 étant le chiffre fétiche du carnaval — et devait durer jusqu’à 17 heures. En tête, deux gigantesques poupées, un cosmonaute et un croisé, s’enlaçaient, symbolisant tous les conquérants de nouveaux mondes. Suivaient des chevaliers en cottes de mailles, des vikings, des mousquetaires et des soldats de Napoléon. Conformément à la coutume, certains chars transportaient des caricatures d’hommes politiques. Ainsi, l’ancien chancelier conservateur Helmut Kohl, qui a perdu les législatives en septembre, était représenté en vieux chêne gisant, le tronc scié. Son ex-ministre des Finances Theo Waigel était également de la partie, tirant une boîte remplie d’euros et de marks. Chocolat à la tonne Le nouveau chancelier, Gerhard Schröder, n’était pas épargné, un mannequin à son effigie étant assis à côté d’une caisse à impôts. En tant que social-démocrate, il offre une cible facile aux railleurs des quelque 75 sociétés de carnaval de la ville, traditionnellement conservatrices, soulignait récemment Willibert Paul, diacre de Cologne et membre de la Fédération catholique de Carnaval. L’actuel ministre des Finances, Oskar Lafontaine, avait, quant à lui, prêté ses traits au baron de Muenchhausen. Assis sur un boulet, portant le slogan «Croissance économique», il essayait sans succès de décoller. Une autre voiture faisait allusion à la rencontre du G7, prévue en juin prochain à Cologne. Elle portait de gigantesques poupées avec les traits des chefs d’État des sept pays les plus industrialisés. Le président français Jacques Chirac portait la cocarde et l’Américain Bill Clinton un chapeau aux couleurs des États-Unis. Se pressant le long des balustrades, des spectateurs de tous âges tentaient d’attraper les quelque 100 tonnes de sucreries, chocolats et bouquets de fleurs lancés par le cortège. Certains s’étaient levés très tôt pour occuper une place de choix. «Nous sommes partis de chez nous à 7h. du matin», commentaient Tobias et Markus, qui portaient tous deux un costume de vache. Du bambin à la mamie, ils n’avaient qu’un mot à la bouche : «Alaaf, alaaf», cri de ralliement du Carnaval tiré de l’expression «Koln uber alles» (Cologne par-dessus tout, ndlr). Diables et anges, tigres et cochons, ils tentaient tous de se réchauffer, dansant d’un pied sur l’autre et frappant dans leurs mains au rythme des différents orchestres. Il leur arrivait aussi de «schunkeln» (balancer son buste de gauche à droite, le bras de son voisin dans le sien). La bière aidant, nombre de spectateurs faisaient connnaissance, échangeant des baisers sans même se présenter.
Près d’un million d’Allemands ont envahi les rues de Cologne pour assister à la traditionnelle parade du carnaval, qui avait pour thème cette année le millénaire. Au son des tambours et trompettes, environ 9 000 personnes grimées et déguisées ont défilé sur plus de 6 kilomètres dans les rues de la ville, présentant une rétrospective des dix siècles écoulés. Composé au total de 80 chars, le cortège s’est ébranlé à 11 heures 11 minutes et 11 secondes — le 11 étant le chiffre fétiche du carnaval — et devait durer jusqu’à 17 heures. En tête, deux gigantesques poupées, un cosmonaute et un croisé, s’enlaçaient, symbolisant tous les conquérants de nouveaux mondes. Suivaient des chevaliers en cottes de mailles, des vikings, des mousquetaires et des soldats de Napoléon. Conformément à la coutume,...