Des centaines de militants kurdes ont envahi mardi matin des représentations diplomatiques grecques en Europe et pris plusieurs diplomates en otage, à l’annonce que le chef rebelle kurde de Turquie Abdullah Öcalan avait été livré par les Grecs aux autorités kényanes, puis arrêté et emmené en Turquie. Les autorités grecques se sont défendues d’avoir livré le rebelle kurde, en affirmant qu’elles lui avaient proposé «un endroit pour qu’il séjourne au Kenya», mais qu’il avait choisi de partir lundi après-midi. Mais partout en Europe, les Kurdes sont restés sourds aux explications d’Athènes et se sont immédiatement mobilisés pour exprimer leur colère en s’en prenant aux bâtiments diplomatiques grecs. À Vienne sept membres de l’ambassade de Grèce, dont l’ambassadeur et sa femme, ont été pris en otage mardi matin par un groupe d’une quinzaine à une vingtaine de militants kurdes, au moment où le président grec, Costis Stephanopoulos, effectuait une visite officielle en Autriche. Celui-ci a dû renoncer à plusieurs étapes de cette visite et doit rentrer mercredi à Athènes «pour des consulations sur les événements d’aujourd’hui», selon Xeni Kapellou, porte-parole de l’ambassade de Grèce. Par mesure de sécurité, ses déplacements dans Vienne ont été réduits au minimum.. Un incendie, rapidement maîtrisé par les pompiers, a été allumé mardi matin par des Kurdes devant l’ambassade du Kenya. À La Haye, l’épouse et l’enfant de l’ambassadeur de Grèce étaient retenus par des manifestants armés de grenades. À Copenhague, une jeune femme kurde s’est immolée par le feu lors d’une manifestation devant l’ambassade de Grèce. La victime, détentrice d’un passeport allemand, a été hospitalisée avec des brûlures graves. Une cinquantaine de Kurdes ont manifesté hier matin devant la représentation diplomatique grecque. Les manifestants, munis de cocktails Molotov et de bouteilles d’essence, ont mis le feu dans un ascenseur. La police a procédé à une série d’arrestations. En Allemagne, plusieurs centaines de Kurdes ont manifesté et occupé des représentations diplomatiques grecques. À Berlin, une femme kurde a tenté de s’immoler par le feu et a été hospitalisées avec des brûlures graves. Une Kurde de 17 ans s’est elle aussi immolée par le feu à Hechingen (sud-ouest), vraisemblablement avec un flacon de parfum. Les Kurdes avaient investi le consulat général grec de Berlin très tôt, après l’annonce de l’arrestation d’Abdullah Öcalan, a relaté la police. Le consultat de Düsseldorf a également été investis. À Bonn, entre 20 et 30 Kurdes sont entrés «par la force» dans l’ambassade, provoquant des «dégâts matériels légers». Une trentaine d’autres militants, rassemblés devant le bâtiment, scandaient «où est Öcalan?». Une centaine de manifestants occupaient également le consulat général à Berlin, sans violences selon la police. À Stuttgart, une dizaine de manifestants se sont barricadés dans le consulat grec après avoir repoussé à l’aide d’extincteurs les policiers qui tentaient d’intervenir. Six policiers ont été légèrement blessés et une quarantaine de Kurdes, rassemblés dans les environs, interpellés. À Hanovre, une vingtaine de sympathisants d’Öcalan se trouvaient dans les locaux du consulat grec et une cinquantaine autour du bâtiment. À Hambourg , entre 80 et 100 manifestants se sont rassemblés devant le consulat pour protester contre la politique grecque envers les Kurdes. À Londres, une cinquantaine de Kurdes étaient retranchés dans l’ambassade de Grèce, en retenant en otage un garde de sécurité grec, tandis qu’une manifestante a tenté de s’immoler par le feu. La manifestante a été évacuée en ambulance alors que la police en tenue antiemeutes tentait de contenir la foule, qui n’a cessé de grossir tout au long de la journée. À Marseille, quatre policiers et un manifestant ont été blessés légèrement au cours de brefs affrontements entre forces de l’ordre et une centaine de militants kurdes devant le consulat de Grèce. Un manifestant kurde a été interpellé. À l’intérieur du consulat, des militants kurdes ont cassé du mobilier et jeté par les fenêtres des lampes et du matériel de bureau. Ils ont menacé de s’immoler par le feu. À Paris et Strasbourg, des Kurdes ont investi les consulats grecs. À Genève, une vingtaine de militants ont pénétré de force dans la nuit de lundi à mardi au siège des Nations unies. Des Kurdes sont aussi entrés en force mardi matin dans l’ambassade de Grèce à Berne et au consulat grec de Zurich. À Stockholm, une trentaine de Kurdes ont pénetré mardi matin dans l’ambassade de Grèce. À Moscou, un groupe de Kurdes a également fait irruption dans l’ambassade de Grèce avant d’évacuer les locaux dans le calme en fin de matinée. 15 militants ont été interpellés. Des Kurdes qui menaçaient de s’immoler par le feu à la mission de l’Onu à Erevan ont mis fin mardi à leur occupation des locaux après des négociations avec un représentant de la mission, ont annoncé des témoins sur place. À Milan, entre 30 et 50 Kurdes ont fait irruption mardi dans les locaux du consulat de Grèce, où ils se sont barricadés, prenant en otages les employés du consulat. À Bruxelles, une trentaine de militants Kurdes ont commencé mardi matin une occupation de l’ambassade de Grèce à Bruxelles. Par ailleurs, un membre présumé du PKK s’est immolé par le feu dans une prison à Diyarbakir , au sud-est de la Turquie pour protester contre l’arrestation d’Abdullah Öcalan. Un autre détenu, qui a tenté de s’immoler après s’être lui aussi aspergé d’eau de Cologne, a été blessé et hospitalisé à Diyarbakir, souffrant de graves brûlures. Une vingtaine de détenus, membres présumés du PKK, ont tenté de s’immoler par le feu dans des prisons turques et au moins 5 d’entre eux sont morts depuis qu’Öcalan, chef du PKK, a été contraint par les autorités syriennes de quitter la Syrie mi-octobre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des centaines de militants kurdes ont envahi mardi matin des représentations diplomatiques grecques en Europe et pris plusieurs diplomates en otage, à l’annonce que le chef rebelle kurde de Turquie Abdullah Öcalan avait été livré par les Grecs aux autorités kényanes, puis arrêté et emmené en Turquie. Les autorités grecques se sont défendues d’avoir livré le rebelle kurde, en affirmant qu’elles lui avaient proposé «un endroit pour qu’il séjourne au Kenya», mais qu’il avait choisi de partir lundi après-midi. Mais partout en Europe, les Kurdes sont restés sourds aux explications d’Athènes et se sont immédiatement mobilisés pour exprimer leur colère en s’en prenant aux bâtiments diplomatiques grecs. À Vienne sept membres de l’ambassade de Grèce, dont l’ambassadeur et sa femme, ont été pris en...