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Actualités - Conferences Internationales

Diplomate jogger, cyber-prêtre et serbes en balade

Ces jours-ci, on trouve des personnages inhabituels devant le château de Rambouillet où se déroule, dans un huis clos très strict, la conférence pour la paix au Kosovo : un diplomate britannique en tenue de jogging, des prêtres orthodoxes et des experts serbes en promenade. Les seize délégués kosovars communiquent par e-mail, téléphone cellulaire et fax avec Pristina, la «capitale» du Kosovo, selon un diplomate associé aux négociations. Leurs treize homologues serbes dialoguent depuis deux jours avec Belgrade, via une ligne sécurisée. Cependant, les journalistes qui battent la semelle sous la neige qui tombe dru sur la Place d’Armes du château en sont, eux, réduits aux maigres points de presse des trois négociateurs – un Américain, un Russe et un Autrichien représentant l’Union européenne – ainsi qu’aux confidences de diplomates glanées autour d’une bonne table du centre de cette petite cité, proche de Paris. Aussi, le moindre mouvement dans le parc du château ou devant l’entrée principale, Avenue Raymond Poincaré, est-il guetté avec fièvre par les reporters qui montent la garde en dépit des rigueurs de l’hiver. Un moment, c’est Charles Hay, porte-parole britannique, qui rentre de son jogging matinal, en tee-shirt et short malgré la froidure ambiante, et passe devant les policiers de faction. Un peu plus tard, c’est une petite troupe serbe qui provoque l’émoi de la presse belgradoise en train de se réconforter à coups de «petits noirs» brûlants au café de la Place d’Armes tout proche, devenu depuis le début de la conférence le dernier salon balkanique où l’on cause. Fausse alerte. Il ne s’agit pas de négociateurs de la délégation serbe, mais de plusieurs de leurs conseillers, autorisés à entrer et sortir du château, et qui ont décidé d’aller se dégourdir les jambes au centre-ville. Les membres de la petite escouade – un conseiller juridique du gouvernement pro-Milosevic, selon des journalistes serbes, bonnet en laine enfoncé jusqu’aux oreilles et accompagné d’une opulente dame sexagénaire en manteau de fourrure et de deux assistants au visage fermé – n’a rien à dire. «Le saint des saints» Quelques instants plus tard, ce sont deux popes, en soutane et coiffe noires, qui viennent buter sur la grille bleue qui interdit la terre promise des négociations au contingent journalistique. Les deux religieux orthodoxes sont venus du fin fond du Kosovo pour promouvoir la cause serbe dans cette province peuplée à 80 % d’Albanais. Le plus âgé est l’évêque Artemije, le plus élevé dans la hiérarchie orthodoxe du Kosovo. Le plus jeune, l’évêque Sava, barbe fournie et fines lunettes, est connu des journalistes de Belgrade comme étant un «cyber-prêtre» pour son utilisation intensive de messages e-mail à destination du monde entier. Ils n’entreront pas. Seuls un postier à vélo, quelques officiers de sécurité français et un plombier qui doit ouvrir son sac au poste de garde, pénètreront dans «le saint des saints» albano-serbe. Raymond Vergne, sous-préfet de Rambouillet, lui-même, n’a pas compétence sur ce château. L’intendance de la réunion a été prise en main par le ministère français des Affaires étrangères et la présidence française et «tout a été fait pour que les délégués et les diplomates travaillent, mangent et dorment sur place», explique un de ses organisateurs. «Nous avons activé quarante-cinq chambres, mobilisé quarante personnes pour le service de table et les chambres et fait appel au traiteur Lenôtre. Tout se passe sans anicroche dans le château», assure ce haut responsable de la présidence de la République. Au même moment, lors d’une conférence de presse, le porte-parole américain Phil Reeker assure, sans rire, que les délégués serbes et kosovars sont libres de quitter les lieux pour aller en ville.
Ces jours-ci, on trouve des personnages inhabituels devant le château de Rambouillet où se déroule, dans un huis clos très strict, la conférence pour la paix au Kosovo : un diplomate britannique en tenue de jogging, des prêtres orthodoxes et des experts serbes en promenade. Les seize délégués kosovars communiquent par e-mail, téléphone cellulaire et fax avec Pristina, la «capitale» du Kosovo, selon un diplomate associé aux négociations. Leurs treize homologues serbes dialoguent depuis deux jours avec Belgrade, via une ligne sécurisée. Cependant, les journalistes qui battent la semelle sous la neige qui tombe dru sur la Place d’Armes du château en sont, eux, réduits aux maigres points de presse des trois négociateurs – un Américain, un Russe et un Autrichien représentant l’Union européenne – ainsi qu’aux...