Le président Bill Clinton a annoncé samedi que Washington allait prendre des mesures pour soutenir la relance économique en Jordanie, qui constituera l’une des tâches les plus immédiates du prince héritier Abdallah, appelé à remplacer son père mourant. Dans une déclaration écrite, M. Clinton a indiqué qu’il demanderait dès la semaine prochaine au Congrès d’accorder les 300 millions de dollars d’assistance supplémentaire promise à la Jordanie dans le cadre de l’accord israélo-palestinien de Wye, en octobre dernier. Le président américain a ajouté que Washington était en consultations avec ses principaux alliés, dont les pays du G7 et ceux du Golfe, pour «mobiliser des ressources supplémentaires destinées à aider la Jordanie à conserver sa stabilité économique». M. Clinton a manifesté ainsi l’importance accordée par les États-Unis au maintien de la stabilité du royaume hachémite. Le président a indiqué que les dirigeants américains avaient pris contact avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale pour fournir des ressources supplémentaires au programme de réformes économiques d’Amman, et que Washington interviendrait au sein du Club de Paris pour soutenir «un rééchelonnement substantiel des obligations jordaniennes envers ses créanciers bilatéraux». «Dans ces moments difficiles, mes pensées et prières, de même que celles de tous les Américains, vont vers Sa Majesté le roi Hussein, sa famille et le peuple jordanien», a poursuivi M. Clinton en soulignant que les États-Unis «se tiennent au côté de la Jordanie et sont déterminés à faire tout ce qu’ils peuvent pour la soutenir et la renforcer». Une économie fragilisée La maladie du roi, qui a entraîné son éloignement des affaires depuis juillet dernier, et la période d’incertitude qu’elle a ouverte ont affecté une économie déjà déprimée depuis la crise du Golfe en 1990. Le chômage touche le cinquième de la population active et la dette extérieure atteint 6,8 milliards de dollars. Un Jordanien sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et, depuis deux ans, l’économie du royaume connaît une croissance zéro. Le retour massif dans le pays de quelque 300 000 Palestiniens qui vivaient dans les pays du Golfe et la fermeture de ces marchés aux produits jordaniens ont ajouté aux difficultés du pays, sans ressources naturelles importantes. L’économie jordanienne a durement ressenti les effets de l’embargo international contre l’Irak. Une grande part du commerce irakien transitait par la Jordanie, qui exportait également beaucoup vers ce pays. Israël, avec qui la paix a été signée en 1994, n’est pas devenu un débouché alternatif pour la Jordanie. Dans ces conditions, le décès du roi a relancé les craintes d’une déstabilisation du royaume qui constitue depuis des décennies l’un des alliés les plus fidèles de Washington au Proche-Orient. Au cœur d’une région explosive, il est entouré par l’Irak, Israël, la Syrie, l’Arabie séoudite et l’entité palestienne. «On ne peut pas souligner assez l’importance du roi Hussein pour la Jordanie et pour la région», avait déclaré il y a quelques jours le conseiller de M. Clinton pour la sécurité nationale, Samuel Berger. Le souverain, a-t-il ajouté, «a pris des risques politiques et personnels» pour la paix. Affaibli par le cancer, le roi n’avait pas hésité à interrompre son traitement aux États-Unis pour aider le président américain à conclure l’accord israélo-palestinien de Wye Plantation. À la bourse des valeurs d’Amman, l’indice a perdu trois points pour clôturer à 175,28 samedi, première journée de la semaine en Jordanie. Mais les investisseur institutionnels gardent la tête froide. «Les petits investisseurs ont peur mais les institutions financières, les grosses sociétés et les fonds d’investissement ont décidé de suspendre momentanément les ordres de vente pour ne pas ajouter à la panique», a déclaré M. Nasser al-Amad, qui dirige une importante maison de courtage, la United Financial Investments. Les hommes d’affaires se félicitent que le nouveau roi ait déjà démontré son intérêt pour l’économie, en recevant des représentants du secteur privé trois jours après sa désignation le 25 janvier. Selon M. Amad, «les milieux économiques ont la conviction que la stabilité du pays sera préservée et que le gouvernement est capable de gérer la transition». La disposition des pays arabes du Golfe à reprendre leur assistance financière à la Jordanie est également de nature à rassurer les investisseurs, ajoute M. Amad. En effet, la décision prise en 1991 par les monarchies du Golfe d’interrompre leur aide financière à la Jordanie – 200 millions de dollars fournis annuellement par la seule Arabie séoudite –, en raison de sa position jugée pro-irakienne, avait plongé l’économie jordanienne dans la crise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton a annoncé samedi que Washington allait prendre des mesures pour soutenir la relance économique en Jordanie, qui constituera l’une des tâches les plus immédiates du prince héritier Abdallah, appelé à remplacer son père mourant. Dans une déclaration écrite, M. Clinton a indiqué qu’il demanderait dès la semaine prochaine au Congrès d’accorder les 300 millions de dollars d’assistance supplémentaire promise à la Jordanie dans le cadre de l’accord israélo-palestinien de Wye, en octobre dernier. Le président américain a ajouté que Washington était en consultations avec ses principaux alliés, dont les pays du G7 et ceux du Golfe, pour «mobiliser des ressources supplémentaires destinées à aider la Jordanie à conserver sa stabilité économique». M. Clinton a manifesté ainsi...