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Actualités - Chronologie

Un ardent partisan de la paix (photo)

Le roi Hussein de Jordanie est depuis un demi-siècle l’un des grands protagonistes du conflit israélo-arabe et du processus de paix. Le roi, qui a lui-même signé la paix avec Israël en 1994, a été jusqu’au bout un ardent partisan d’un règlement du conflit séculaire qui déchire la région. Encore en octobre dernier, déjà très malade, le souverain hachémite était venu en hélicoptère au centre de conférences de Wye River près de Washington pour donner le coup de pouce final à un accord péniblement négocié par les Israéliens et les Palestiniens. La situation géopolitique d’un royaume de 4,6 millions d’habitants, qui manque d’eau et qui est entouré de voisins militairement, économiquement et démographiquement plus puissants – Israël, Syrie, Irak, Arabie séoudite – incite le souverain du pays, quel qu’il soit, à rechercher un règlement. La question palestinienne, intimement liée au sort de la Jordanie dont une grande partie de la population est palestinienne, a également poussé le roi à devenir un artisan de paix. Mais c’est aussi, et peut-être surtout, une volonté de jouer un rôle à la mesure de sa famille – celle du prophète Mahomet – plus que de son petit pays, qui a motivé le doyen des dirigeants du Moyen-Orient, au pouvoir depuis 46 ans. «Le roi pensait que lui personnellement et la Jordanie avaient un rôle à jouer dans le monde», explique son ancien Premier ministre Taher Masri. «Le roi a cherché ce rôle pendant quatre décennies. Mais les Arabes ne voulaient pas donner un tel rôle à la Jordanie», souligne-t-il. «C’est le traité de paix (avec Israël) et les nouvelles alliances dans la région qui ont donné au roi le rôle qu’il voulait. C’est pourquoi il devait rester si actif», ajoute M. Masri. Paradoxalement, c’est peut-être le soutien apporté à l’Irak pendant la guerre du Golfe (janvier-février 1991), souvent considéré comme l’une des erreurs majeures du roi, qui a aidé à modifier la situation stratégique de la Jordanie. «La guerre du Golfe a fait perdre à la Jordanie beaucoup d’amis dans le monde arabe. La Jordanie a terriblement souffert», se souvient M. Masri. Mais après la guerre, «c’est le roi qui a aidé les États-Unis à amener les parties arabes à la table des négociations», notamment les Palestiniens par l’intermédiaire d’une délégation commune jordano-palestinienne à la conférence de paix de Madrid (octobre 1991), affirme M. Masri. Ensuite, les premiers accords d’autonomie entre Israël et l’OLP, négociés en 1993 à Oslo, «ont donné à la Jordanie le feu vert pour signer la paix avec Israël», ajoute-t-il. Avant d’en arriver là, le roi a dû conduire son pays dans le sang et le feu en participant aux conflits avec Israël, mais aussi en affrontant les Palestiniens. En 1967, la guerre des Six jours lui a fait perdre Jérusalem-Est et le reste de la Cisjordanie. En septembre 1970 (Septembre Noir), les troupes hachémites écrasent l’insurrection des fedayine palestiniens en Jordanie, faisant plusieurs milliers de morts. Mais pour couper court aux velléités de certains dirigeants israéliens de faire de la Jordanie une patrie de rechange pour les Palestiniens, le roi se range à la perspective d’un État palestinien. Sept mois après le début de l’intifada, le soulèvement palestinien dans les territoires occupés, le roi annonce en juillet 1988 qu’il coupe les liens avec la Cisjordanie. Il ouvre ainsi la voie à la perspective d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, que le président Yasser Arafat se prépare aujourd’hui à proclamer.
Le roi Hussein de Jordanie est depuis un demi-siècle l’un des grands protagonistes du conflit israélo-arabe et du processus de paix. Le roi, qui a lui-même signé la paix avec Israël en 1994, a été jusqu’au bout un ardent partisan d’un règlement du conflit séculaire qui déchire la région. Encore en octobre dernier, déjà très malade, le souverain hachémite était venu en hélicoptère au centre de conférences de Wye River près de Washington pour donner le coup de pouce final à un accord péniblement négocié par les Israéliens et les Palestiniens. La situation géopolitique d’un royaume de 4,6 millions d’habitants, qui manque d’eau et qui est entouré de voisins militairement, économiquement et démographiquement plus puissants – Israël, Syrie, Irak, Arabie séoudite – incite le souverain du pays,...