Près de quarante ans après le chef-d’œuvre du suspense d’Alfred Hitchcock, le «Psycho» de Gus van Sant, qui se veut la réplique fidèle de l’original, va faire découvrir à un nouveau public l’ancêtre des «psycho-killers» de l’écran et la plus célèbre — et terrifiante — douche de l’histoire du cinéma. De quoi glacer le sang. Le réalisateur de «My Own Private Idaho» et «Will Hunting» s’est livré à un exercice de style que les cinéphiles puristes considèrent comme un crime de lèse-majesté en réalisant cette copie qui reproduit plan par plan, angle après angle et mot pour mot le classique du maître es-sueurs froides. Pour Gus van Sant, «Psycho» est vraiment le reflet de «Psychose», avec, tout de même, la différence notable que cette version fin de siècle est en couleurs et que, bien sûr, les inoubliables Anthony Perkins et Janet Leigh ont été remplacés par Vince Vaughn et Anne Heche. «C’est presque comme si nous réalisions un faux. Comme si nous faisions une copie de la Joconde ou de la statue de David», a expliqué le réalisateur, qui présente sa version comme un hommage à Alfred Hitchcock et une initiation à l’usage de la nouvelle génération. «J’ai pensé qu’il serait intéressant de les familiariser avec ce classique, comme on le fait couramment avec les pièces du répertoire, en faisant preuve d’un respect scrupuleux». Il juge d’ailleurs que sa vision est «fidèle à 95% à l’original», certaines légères modifications ayant été apportées pour éviter les anachronismes. Pour Gus Van Sant, «c’est idiot de refaire de mauvais films. On devrait refaire les bons». Il estime qu’une bonne partie du public d’aujourd’hui n’irait pas voir un film en noir et blanc et que «Psychose» se prêtait idéalement à une duplication moderne. Il a d’ailleurs eu la bénédiction de Patricia Hitchcock O’Connell, la fille du maître. Comme Alfred Hitchcock, le réalisateur a tourné en six semaines, en utilisant la musique originale de Bernard Herrmann. Comme Alfred Hitchcock, il fait une brève apparition dans le film et, comme lui, il a interdit toute projection de presse avant la sortie aux États-Unis (mais certains privilégiés l’ont vu en France). Vince Vaughn incarne Norman Bates, un homme timide et courtois qui vit dans un motel miteux avec une mère infirme et dominatrice. C’est dans ce lieu isolé qu’un soir de pluie s’arrête Marion Crane/Anne Heche. Norman Juliane Moore remplace Vera Miles dans le personnage de sa sœur et William Macy interprète le détective privé (joué par Martin Balsam dans l’original) qui enquête sur la disparition de Marion. Aux États-Unis où, depuis Norman Bates, le public s’est familiarisé avec des psycho-killers, plus terrifiants encore comme ceux de «Silence of the Lambs» ou «Seven», le thriller psychanalytique de Gus van Sant n’a pas cassé la baraque.
Près de quarante ans après le chef-d’œuvre du suspense d’Alfred Hitchcock, le «Psycho» de Gus van Sant, qui se veut la réplique fidèle de l’original, va faire découvrir à un nouveau public l’ancêtre des «psycho-killers» de l’écran et la plus célèbre — et terrifiante — douche de l’histoire du cinéma. De quoi glacer le sang. Le réalisateur de «My Own Private Idaho» et «Will Hunting» s’est livré à un exercice de style que les cinéphiles puristes considèrent comme un crime de lèse-majesté en réalisant cette copie qui reproduit plan par plan, angle après angle et mot pour mot le classique du maître es-sueurs froides. Pour Gus van Sant, «Psycho» est vraiment le reflet de «Psychose», avec, tout de même, la différence notable que cette version fin de siècle est en couleurs et que, bien sûr,...
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