Le marché des changes de Beyrouth a entamé la semaine hier, dans le calme et la stabilité consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar en l’état, entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, le faisant clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Mais, compte tenu toujours de la réticence du marché à l’offre du billet vert, les établissements de crédit de la place ont continué de le négocier au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle. Il est resté en effet confiné toute la journée dans une marge étroite comprise entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, en partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Le dollar a profité des bonnes statistiques américaines À l’étranger, le dollar était en nette progression hier, face aux principales monnaies européennes, et en particulier l’euro, sur les marchés des changes internationaux, après la présentation d’un projet de budget excédentaire par la Maison-Blanche, mais il s’est ressenti contre la devise nippone d’un courant de ventes bénéficiaires le ramenant au-dessous du seuil des 115,00 yens. Le projet de budget fédéral américain soumis hier au Congrès par le président Bill Clinton repose sur une hypothèse de croissance économique de 2 % en 1999 après une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 3,9 % en moyenne l’an dernier. L’excédent budgétaire devrait atteindre 79,3 milliards de dollars pour l’exercice budgétaire en cours (qui se termine le 30 septembre) contre un excédent de 70 milliards de dollars en 1998, qui était le premier depuis 1969. Ces prévisions ont été renforcées hier par d’autres statistiques confirmant la grande vigueur de l’économie américaine, dont la hausse des revenus personnels des Américains de 0,5 % en décembre contre 0,4 % en novembre et de leurs dépenses à la consommation de 0,8 % contre 0,2 % ainsi que des dépenses à la construction de 1,7 % contre 1,00 % pendant la même période, à un moment où les directeurs d’achats américains faisaient savoir que leur indice mensuel aurait augmenté de 45,10 points en décembre à 49,50 points le mois dernier. En revanche, les statistiques économiques publiées en Europe indiquent toujours un ralentissement de la croissance de la zone euro, et laissent donc prévoir que la monnaie unique européenne touchera de nouveaux planchers face au dollar dans les prochains jours, dans la mesure où ce développement devrait contraindre la Banque centrale européenne à réduire ses taux d’intérêt, contrairement à la Réserve fédérale qui observera un statu quo monétaire lors de la réunion aujourd’hui et demain de son comité de l’open market. Cela étant, et compte tenu d’un courant de prises de bénéfices amorcé durant la nuit sur les places asiatiques au profit de la devise nippone, le dollar s’est négocié à New York en hausse contre toutes les monnaies européennes et en baisse face au yen comme suit : – 1,1310 pour un euro contre 1,1345, vendredi dernier. – 1,6410 pour un sterling contre 1,6460 – 1,7295 DM contre 1,7240 – 5,8015 FF contre 5,7805 – 1,4210 FS contre 1,4150 – 1 712,50 lires contre 1 706,50 – 115,15 yens contre 116,45. Bourse de Beyrouth : peu de changement Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth n’a presque pas changé en ce début de semaine, la baisse des actions A de Solidere ayant été compensée par la hausse des actions C de la Byblos Bank, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu en l’état à 86,99 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a progressé de 0,21 % à 196,67 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle est restée assez mince avec 30 052 actions d’une valeur globale de 209 256 dollars. Wall Street : marché soutenu Wall Street a été soutenue en ce début de semaine par les bonnes statistiques publiées aux États-Unis et des prévisions de croissance américaine avancées par la Maison-Blanche. À cet égard, les opérateurs ont été rassurés par les propos attribués à la principale conseillère économique de la Maison-Blanche Janet Yellen qui a estimé hier qu’il n’y a pas de signes économiques intérieurs qui menacent pour l’instant la croissance de l’économie américaine pour 1999. Cela d’autant qu’une série de bonnes statistiques ont été publiées aux États-Unis témoignant de la vigueur de leur économie à un moment où l’excédent budgétaire américain devrait atteindre 79,3 milliards de dollars pour l’exercice financier en cours. Paris : au plus haut depuis juillet 98 La Bourse a terminé en forte hausse lundi pour la sixième séance consécutive, dopée par les opérations de rachat et de fusion dans le secteur financier et rassurée sur la bonne santé de l’économie américaine. Les opérateurs soulignent néanmoins que les niveaux de valorisation atteints font hésiter les invesisseurs, ce qui explique notamment la réaction relativement modérée des bancaires à la fusion de Société Générale et de Paribas. Le CAC 40 a terminé en hausse de 1,23 % à 4 303,92 pts, plus haut de clôture de l’année après avoir atteint en séance un plus haut de l’année de 4 354,29. Signe de la nervosité des investisseurs face au niveau de valorisation atteint par certains titres, le secteur bancaire a finalement réagi de manière modérée à l’annonce de la fusion de Société Générale et de Paribas. BNP, qui avait bondi à un moment de près de 10 %, a terminé en repli de 2,44 %. «Tout a un prix. L’offre de SocGen valorise Paribas à 98,8 euros; comme l’actif net comptable (ANC) de Paribas est de 63,8 euros, cela donne un ratio de 1,5. Sur cette base, BNP ayant un ANC de 50 euros environ à fin 1998, cela valorise BNP à 75/80 euros. Or au plus haut hier matin, BNP a atteint 87,90 euros. C’est normal que cela se dégonfle», a expliqué Alain Tchibozo, analyste à CPR. Londres : en forte hausse La Bourse de Londres a clôturé en nette hausse lundi grâce à un retour des anticipations de rachats et dans l’espoir d’une baisse des taux d’intérêt cette semaine. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé en hausse de 116,4 points à 6 012,4 points, soit 1,97 %. La fusion de Paribas et de la Société Générale, le rachat de Guardian Royal Exchange par Axa et celui de English China Clays par Imetal ont poussé les valeurs des secteurs concernés mais d’autres secteurs ont également bénéficié de la recherche des prochaines OPA. Francfort : dopée par la hausse du dollar La Bourse de Francfort a gagné 1,14 % lundi, portée par un dollar très ferme et les rumeurs de fusion autour des financières allemands, relancées par l’annonce de l’union Paribas/Société Générale et de l’offre d’achat d’AXA sur Guardian Royal Exchange. Le X-DAX (DAX XETRA) a terminé la séance à 5 239,6 points sur le maché électronique Xetra, qui brasse les deux tiers des ordres passés à Francfort, contre 5 180,29 points vendredi. La BCE a établi pour hier le cours de référence de l’euro à 1,1384 USD, mais la monnaie européenne est tombée en deçà des 1,13 dollar sur le marché de Londres, dans l’après-midi. Aux automobiles, Man qui a démenti les rumeurs de rachat possible de sa division utilitaires par Volvo, a laissé 1,87 % à 233,55 EUR. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a effacé ses gains pour terminer en légère baisse lundi, affectée par les prises de bénéfices des investisseurs sur leurs participations croisées, en vue de la clôture de l’exercice fiscal le 31 mars 1999. D’après les opérateurs, le marché japonais a également reculé sous le coup de doute des intervenants concernant la capacité du gouvernement de mettre sur pied, d’ici fin mars, une entité qui rachèterait des actions pour permettre le dénouement des participations croisées.
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