Des chercheurs ont réussi à introduire un gène dans les muscles de souris en obtenant, grâce aux impulsions électriques, une efficacité au moins cent fois supérieure à la simple injection d’ADN. De tels résultats représentent une «avancée significative» et ouvrent de nouvelles perspectives dans le domaine des thérapies géniques. L’introduction de gènes dans les muscles a de nombreuses applications potentielles, allant de la correction des myopathies à l’obtention d’une sécrétion d’hormones, de facteurs de coagulation, de substances vaccinales ou encore de produits agissant sur le système nerveux et cardio-vasculaire. Cette découverte est le fruit du travail de deux équipes du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français. Les impulsions électriques rendent perméables les cellules, dont elles ouvrent la porte pour y faire entrer le produit choisi, explique Luis Mir inventeur d’une méthode d’électrochimiothérapie, brevetée au États-Unis, pour le traitement des cancers. L’électrochimiothérapie, qui permet une meilleure pénétration d’anticancéreux, comme la bléomycine, dans l’organisme, est actuellement testée chez des malades atteints de cancers de la peau ou de la cavité buccale. Pour «l’électrotransfert» de gènes, les recettes électriques (intensité du courant, durée de l’onde) sont toutefois différentes en raison de la grande taille de la molécule d’ADN employée («ADN plasmidique»). Les chercheurs ont injecté l’ADN dans un muscle de la patte des souris et les ont ensuite soumis à des impulsions électriques de faible intensité (100 à 200 volts/cm) et d’une durée de 20 millisecondes. Cette méthode d’«électrotransfert» intramusculaire, protégée par un brevet international, «augmente de plus de cent fois l’expression (le fonctionnement) du gène injecté», notent les chercheurs. Pour l’expérience, ils ont utilisé un gène qui commande la production d’une enzyme sans but thérapeutique, la luciférase. La quantité d’enzyme produite par les souris permet de mesurer l’efficacité du transfert de gène et sa persistance. La méthode, «100 à 200 fois plus efficace» qu’une simple injection, est d’autant plus intéressante, selon le chercheur, qu’elle peut être reproduite en donnant des résultats identiques, «sans variations individuelles» et qu’elle «persiste sur une longue durée, pendant au moins neuf mois». Des chercheurs japonais viennent de tester une méthode semblable dans les muscles, mais leurs résultats n’ont perduré que quelques jours. La faible efficacité des expériences de thérapie génique est liée à trois causes: le trop petit nombre de gènes placés en bonne position dans la cellule, la trop faible activité des gènes qui y sont parvenus et, enfin, la survie trop brève des quelques gènes demeurés actifs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des chercheurs ont réussi à introduire un gène dans les muscles de souris en obtenant, grâce aux impulsions électriques, une efficacité au moins cent fois supérieure à la simple injection d’ADN. De tels résultats représentent une «avancée significative» et ouvrent de nouvelles perspectives dans le domaine des thérapies géniques. L’introduction de gènes dans les muscles a de nombreuses applications potentielles, allant de la correction des myopathies à l’obtention d’une sécrétion d’hormones, de facteurs de coagulation, de substances vaccinales ou encore de produits agissant sur le système nerveux et cardio-vasculaire. Cette découverte est le fruit du travail de deux équipes du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français. Les impulsions électriques rendent perméables les cellules, dont...