Le Hamas accepte un transfert de son bureau politique d’Amman mais refuse le départ des membres de cette instance surtout s’ils sont Jordaniens, a déclaré un dirigeant du mouvement expulsé de Jordanie, M. Moussa Abou Marzouk. M. Abou Marzouk a reçu le journaliste qui l’a interviewé dans un modeste appartement, abritant le bureau du Hamas, dans le camp palestinien de Yarmouk à l’entrée sud de Damas. Dans un communiqué publié le 28 octobre, le Hamas avait affirmé qu’il n’acceptait pas le transfert de son bureau politique, mais M. Abou Marzouk a expliqué que ce texte avait été «mal interprété et que le rejet concernait les personnes et pas les institutions» Le 30 août, la Jordanie a pris une série de mesures contre le Hamas après avoir accusé ses dirigeants d’activités illégales. Les autorités jordaniennes ont fermé les bureaux du mouvement et arrêté plusieurs de ses cadres. Trois membres du bureau politique, MM. Ibrahim Ghocheh, Khaled Mechaal et Moussa Abou Marzouk avaient été arrêtés à leur retour en Jordanie, venant d’Iran, le 22 septembre, mais Abou Marzouk, détenteur de la nationalité yéménite, avait été expulsé vers Damas. Un quatrième militant, Izzat al-Rouchouk, qui était passé dans la clandestinité, a été arrêté la semaine dernière en Jordanie où il est détenu depuis avec 22 autres dirigeants et cadres du Hamas. M. Abou Marzouk a souhaité une «solution politique» de la crise avec le gouvernement jordanien, tout en laissant entendre que son mouvement pourrait revenir sur son engagement de ne pas avoir d’activités militaires en Jordanie. Selon lui, cet engagement remonte à 1993 et résulte d’un accord avec les autorités jordaniennes. En vertu de cet accord, le Hamas s’est engagé à «ne pas utiliser le territoire jordanien pour une quelconque activité militaire, y compris le stockage d’armes, et a été autorisé à y avoir des activités politiques», a dit M. Abou Marzouk. «Nous n’avons pas violé cet accord, mais si les autorités jordaniennes ne veulent plus le respecter, il n’y aura plus de restrictions à notre activité militaire», a-t-il prévenu. M. Abou Marzouk a accusé la Jordanie d’avoir cédé, en prenant des mesures contre son mouvement, à des «pressions américaines, israéliennes et de certaines parties palestiniennes», dans une allusion à l’Autorité palestinienne. Il a indiqué que la médiation menée par les islamistes jordaniens se poursuivait, mais «sans aucun progrès car les autorités jordaniennes demandent aux membres du bureau politique, y compris les Jordaniens, de quitter le pays ou d’abandonner leur activité politique, ce qui n’est pas acceptable».
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