Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

D'un simple forum Est-Ouest à un instrument de prévention des crises

L’OSCE attend du sommet d’Istanbul la reconnaissance du rôle croissant qu’elle joue sur le terrain pour préserver la sécurité dans l’Europe de l’après-guerre froide, malgré les critiques. La structure de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe doit être renforcée lors de cette réunion de 54 chefs d’État et de gouvernement. Le 55e membre de l’OSCE, la Yougoslavie, est suspendu depuis 1992. La création d’une «cellule de veille», qui sera opérationnelle 24 heures sur 24 pour répondre aux crises, doit être décidée. Et les États-Unis doivent faire adopter la création d’une base de données recensant les spécialistes que les États membres pourraient mettre à la disposition de l’organisation. Les experts recherchés vont des policiers aux juges en passant par les avocats des droits de l’homme. La modestie de ces réformes illustre les limites d’une vaste organisation – elle inclut le Vatican et Andorre – qui fonctionne selon la règle du consensus. L’idée de donner à l’OSCE un rôle de maintien de la paix comparable à celui des Casques bleus de l’Onu n’est plus à l’ordre du jour. L’échec de la mission de vérification au Kosovo (KVM) avortée au début de l’année y est sans doute pour quelque chose. La KVM, dit Terry Taylor, de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres, «n’a pas réussi grand-chose. Je crois que ces missions sont un de ses points faibles». L’OSCE est née en 1973 sous la forme de Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), seul forum de discussion Est-Ouest pendant la guerre froide. Avec la chute du communisme, son rôle a évolué sous l’impulsion de la Russie qui voulait créer une option alternative à l’Otan et avec l’assentiment des États-Unis prêts à rassurer Moscou. Mais le dernier sommet de la CSCE à Budapest en 1994 n’aboutit pratiquement qu’à changer son nom en OSCE. Après cet échec, le président américain Bill Clinton boycotta le sommet de Lisbonne en 1996. Sa participation à Istanbul marque un regain d’intérêt pour l’organisation. Les diplomates soulignent la croissance exponentielle de l’OSCE. Il y a six ans, elle disposait de 20 personnes à Vienne et 60 % de son budget servait aux traductions. L’organisation emploie aujourd’hui 180 personnes à Vienne, 50 à Varsovie pour un bureau des institutions démocratiques et 30 à La Haye avec le haut-commissaire aux minorités nationales. Elle pilote surtout 18 missions, du Kosovo jusqu’en Asie centrale, mobilisant jusqu’à 1 400 personnes sans compter le personnel local. L’OSCE organise des élections en Bosnie, cherche à obtenir le retour des Serbes chassés de Croatie, le retour des déplacés au Tadjikistan et observera les élections législatives de décembre en Russie. «C’est une organisation de terrain qui se rend là où se trouvent les problèmes», dit un responsable de l’OSCE. «Il n’avait jamais été prévu que l’OSCE envoie des missions à long terme dans les zones de conflit (...) nous voulons concrétiser la chose pour la première fois», explique un diplomate européen. Un des objectifs à Istanbul est la signature d’une «Charte de sécurité européenne pour le XXIe siècle», une idée lancée par la Russie. Mais cette charte pose à présent un problème pour Moscou. Les Occidentaux insistent pour qu’elle reconnaisse un «droit de regard» dans la conduite d’un État membre, même lorsqu’il s’agit d’une affaire intérieure comme en Tchétchénie. La charte doit aussi tenter de «coordonner l’action des organisations internationales pour éviter les doubles emplois», ajoute un diplomate européen de haut rang. L’OSCE cherche sa place entre l’Onu, l’Otan, l’Union européenne ou le Conseil de l’Europe. «Istanbul doit montrer au monde que l’OSCE compte», résume un diplomate britannique.
L’OSCE attend du sommet d’Istanbul la reconnaissance du rôle croissant qu’elle joue sur le terrain pour préserver la sécurité dans l’Europe de l’après-guerre froide, malgré les critiques. La structure de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe doit être renforcée lors de cette réunion de 54 chefs d’État et de gouvernement. Le 55e membre de l’OSCE, la Yougoslavie, est suspendu depuis 1992. La création d’une «cellule de veille», qui sera opérationnelle 24 heures sur 24 pour répondre aux crises, doit être décidée. Et les États-Unis doivent faire adopter la création d’une base de données recensant les spécialistes que les États membres pourraient mettre à la disposition de l’organisation. Les experts recherchés vont des policiers aux juges en passant par les avocats des...