Je consigne ici les propos d’une lectrice qui signe M.M. – des initiales célèbres pour un anonymat que je regrette – à propos d’une émission que je n’ai, malheureusement, pas suivie : il s’agissait d’une interview de Mme Malika Oufkir. Sous le titre «J’aime la majesté des souffrances humaines» notre lectrice écrit : «Malika Oufkir appartient à cette catégorie de personnes que la souffrance, à la fois profonde et discrète, élève au rang des grands personnages tragiques... une femme courageuse qui tente, avec le peu d’énergie qui lui reste, de regarder en face son être mutilé, humilié, écrasé au cours des années de prison, de se réconcilier avec lui, avec la vie, avec soi-même. Cette femme s’est dévoilée tout au long de l’émission avec une dignité qui impose respect et admiration. Elle a dépassé héroïquement chagrins, blessures, douleurs pour répondre à toutes les questions». Cet hommage à Mme Oufkir s’accompagne d’une critique sévère de l’animatrice de l’émission, puisqu’il s’agit en fait d’une «lettre» adressée à celle-ci. Et notre lectrice d’ajouter : «Vous avez terminé votre émission en conseillant aux téléspectatrices du dimanche soir une recette pour conserver leur beauté : “20 ans de prison”. Une conclusion choquante, triste et comique à la fois ! Votre recette de “prison-beauté” n’est que le signe de votre incapacité à comprendre la majestueuse douleur de cette femme, d’en saisir l’essence et dont la fragilité vous a désarçonnée». Et notre lectrice de conclure : «J’aimerais rappeler les vers célèbres du poète Leconte de Lisle, sur son refus de livrer à la “plèbe carnassière” son cœur ensanglanté : Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire Dussé-je m’engloutir pour l’éternité noire Je ne te vendrai pas ma tristesse et mon mal Je ne livrerai pas ma vie à tes huées». La discrétion des confidences est plus poignante que l’étalage des émotions. Et à mon tour de conclure. Comme vous avez raison ! P.S. : Lettre d’une inconnue (Letter from an Unknown Woman) film de Max Ophuls avec Joan Fontaine, Louis Jourdan.
Je consigne ici les propos d’une lectrice qui signe M.M. – des initiales célèbres pour un anonymat que je regrette – à propos d’une émission que je n’ai, malheureusement, pas suivie : il s’agissait d’une interview de Mme Malika Oufkir. Sous le titre «J’aime la majesté des souffrances humaines» notre lectrice écrit : «Malika Oufkir appartient à cette catégorie de personnes que la souffrance, à la fois profonde et discrète, élève au rang des grands personnages tragiques... une femme courageuse qui tente, avec le peu d’énergie qui lui reste, de regarder en face son être mutilé, humilié, écrasé au cours des années de prison, de se réconcilier avec lui, avec la vie, avec soi-même. Cette femme s’est dévoilée tout au long de l’émission avec une dignité qui impose respect et admiration. Elle a...
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