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Actualités - Chronologie

Japon Triple banzaï pour les dix ans de règne d'Akihito

Un triple “banzaï” (longue vie) a salué hier au Japon le dixième anniversaire de l’accession au trône de l’empereur Akihito, un monarque sans grand pouvoir, aux goûts simples et vivant loin des frasques. Les vivats de salutation ont été lancés par 1 300 dignitaires réunis dans le Théâtre national de Tokyo face à la scène où se tenaient le 125e empereur du Japon et sa femme Michiko. La cérémonie, essentiellement musicale, a été le principal événement de l’anniversaire, marqué autrement par la levée des couleurs nationales et des rassemblements populaires de plusieurs milliers de personnes, avec masques et danses traditionnels, malgré un temps gris et pluvieux. L’anniversaire a donc été relativement discret, à l’image d’un monarque habituellement peu présent sur les écrans et dans les journaux de l’archipel et qui évite, lors de ses rares déclarations, toute remarque qui pourrait donner lieu à controverse. S’adressant aux dignitaires, il a ainsi affirmé qu’il entendait continuer à tenir, comme il l’avait fait «avec loyauté», durant la dernière décennie, son rôle de «symbole de l’État et de l’unité du peuple» japonais. Personnalité réservée mais souriante en public, Akihito a accédé au trône «du chrysanthème» en 1989 à la mort de son père Hirohito (empereur Showa), qui avait régné sur l’archipel pendant 62 ans. Considéré de descendance divine shintoïste avant la Seconde Guerre mondiale, ce dernier avait vu son statut fortement abaissé, avec la perte du titre de «chef de l’État», après la défaite de 1945, sous la pression de l’occupant américain. Élevé dans un isolement quasi total, Akihito a voulu apparaître beaucoup plus proche des Japonais que son père, qui vivait en reclus dans l’immense palais du centre de Tokyo. Après avoir résisté aux pressions de l’aristocratie et de sa mère en épousant une roturière, il a multiplié les voyages à l’étranger. Hirohito n’était sorti que deux fois du Japon pendant son règne. Au cours de ses visites, Akihito s’est fait l’ambassadeur de la réconciliation de son pays avec ses ennemis d’hier, exprimant notamment des remords en Chine en 1992 et prévoyant une visite en Corée avant la Coupe du monde de football de 2002. Il a appelé hier son peuple «à contribuer à apporter la paix réelle au monde». L’empereur a aussi frappé les esprits nippons en visitant les victimes d’éruption volcanique ou de tremblements de terre, comme à Kobe en 1995. Différents sondages ont démontré une certaine indifférence des Japonais vis-à-vis du système impérial, que seule une minorité souhaiterait abolir. Selon un sondage publié par le quotidien Yomiuri, 78,8 % d’entre eux déclaraient ainsi accepter en 1995 le rôle «symbolique» de l’empereur. «C’est une personne importante au Japon», a reconnu Shinichi Nakao, 31 ans, venu pour l’occasion devant le palais impérial. «L’empereur avait une très mauvaise image dans le passé, mais c’est aujourd’hui oublié», explique le jeune homme. «Je le respecte comme symbole du Japon», a ajouté Chizuko Murakami, 75 ans, qui a parcouru 400 km pour le célébrer. Contrairement à d’autres dynasties royales, la presse reste plutôt discrète sur la vie privée de la première famille nippone, protégée par les 1 100 fonctionnaires de l’Agence impériale. Les Japonais attendent toutefois avec une certaine impatience que le prince héritier Naruhito et son épouse Masako donnent une descendance à la lignée et que la princesse Nori, 30 ans, la seule fille, trouve une âme sœur.
Un triple “banzaï” (longue vie) a salué hier au Japon le dixième anniversaire de l’accession au trône de l’empereur Akihito, un monarque sans grand pouvoir, aux goûts simples et vivant loin des frasques. Les vivats de salutation ont été lancés par 1 300 dignitaires réunis dans le Théâtre national de Tokyo face à la scène où se tenaient le 125e empereur du Japon et sa femme Michiko. La cérémonie, essentiellement musicale, a été le principal événement de l’anniversaire, marqué autrement par la levée des couleurs nationales et des rassemblements populaires de plusieurs milliers de personnes, avec masques et danses traditionnels, malgré un temps gris et pluvieux. L’anniversaire a donc été relativement discret, à l’image d’un monarque habituellement peu présent sur les écrans et dans les journaux de...