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Actualités - Chronologie

Le rendez-vous de Milan : été 2000

Chaque année, à la fin de l’été, les grands noms de la mode italienne se donnent rendez-vous à Milan pour tracer les lignes et les tendances de la mode de l’année qui suit. «La Semaine de Milan» est un événement capital dans les annales, puisqu’elle réunit toutes les maisons (79 cette année) qui font la mode italienne et surtout son prêt-à-porter qui, petit à petit, gagne tous les marchés de l’hémisphère... Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l’Italie est le centre en ce moment de grandes manœuvres financières dans le microcosme du vêtement haut de gamme : rachats, fusions et liquidations enfièvrent la Bourse et mobilisent les «grands» du milieu... La rencontre milanaise 99 a donc été impatiemment attendue cette automne où Prada, Gucci, Fendi et Jill Sander font l’objet de cent mille rumeurs... La grande surprise de cette dernière session du XXe siècle fut l’absence totale de top models. Juste une nymphette de douze ans qui défraya la chronique et déchaîna la presse qui évoqua le trafic des mineurs et l’exploitation de la main-d’œuvre juvénile. Milan donne la note Milano a décrété que l’an 2000 ne sera pas futuriste. Grâce, tranquillité et charme d’un classicisme délicatement revitalisé : courtes jupes froncées, légèreté aérienne des matières, lignes fluides, vêtements faciles à vivre et agréables à porter. Les imitations androgynes? Absolument «out». Les ourlets? En hausse. Les décolletés? Jamais à leurs places habituelles. Ils se déplacent vers le côté ou se renvoient vers le dos par des découpes savantes en équerre. Gagnante sur tous les fronts, la collection Prada a suscité une ovation. À deux volets, cette collection s’adresse à deux faces de la même femme : l’une respectable et l’autre canaille... La première rangée est convenable : imperméable à manches raglan sur robe à cravate et impression style Saint-Laurent, jupe plissée à pois, twin-set en cachemire et sac en cuir d’autruche. Un chic rénové mais toujours respectable. L’autre rangée est à bas résille, cardigan et bloomers, baby-doll, soie imprimée disco et jupes perforées d’œillets métalliques. Chez Gucci, où officie le styliste Tom Ford, les fourreaux souples en jersey imprimé python, les robes asymétriques et les fourreaux du soir «peplum» drapés sur un dos nu n’ont pas suscité un tonnerre d’applaudissement... Ni grande sophistication, ni création originale. Les quelques tailleurs-pantalons sont rénovés par quelques détails qui soulignent la note Gucci. Mais rien de nouveau pour le siècle que cette collection inaugure... La paille de Ferré et les foulards de Versace Gianfranco Ferré est incontestablement un «grand» de la couture. S’il fait et vend de la haute couture son prêt-à-porter, vendu à des prix sensiblement plus doux, n’a absolument rien à envier à la «alta» couture du créateur. Élément et matière première de cette collection prêt-à-porter 2000 : la paille souple, dont on fait les capelines, dite la «paille d’Italie». Il en fait des vestes, des bustiers, des tops et des sacs. Parallèlement, il détourne sa fameuse chemise blanche, qui est sa signature : portée le devant derrière, surdimensionnée, elle devient... jupe du soir, taillée dans du satin blanc. Le col allongé est porté en écharpe et les deux poignets mousquetaires en bracelets d’esclave... Versace, ou plutôt Donatela, revient au culte des foulards, cheval de bataille de la griffe dans les années 1980. Imprimés, bariolés, représentant des bambous, palmiers, orchidées, rebrodés ou non, ils servent de base à un vestiaire complet : maillot, robe de plage, ensemble ville, robe à danser. Deux carrés suspendus sur un collier d’or font une robe... Les jeans sont en soie surpiquée de strass, et une robe en cuir blanc est ourlée d’une grecque (méandre) en diamants. Pour le soir, chemise de satin brodé, pantalon étroit, chaussures brodées de strass, lunettes roses ou bleues assorties et dont la monture est piquée de strass comme les sandales. Des maillots de stars, travaillés comme des robes du soir, à porter avec des bottes en daim, dentelées, laissant voir le pied...
Chaque année, à la fin de l’été, les grands noms de la mode italienne se donnent rendez-vous à Milan pour tracer les lignes et les tendances de la mode de l’année qui suit. «La Semaine de Milan» est un événement capital dans les annales, puisqu’elle réunit toutes les maisons (79 cette année) qui font la mode italienne et surtout son prêt-à-porter qui, petit à petit, gagne tous les marchés de l’hémisphère... Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l’Italie est le centre en ce moment de grandes manœuvres financières dans le microcosme du vêtement haut de gamme : rachats, fusions et liquidations enfièvrent la Bourse et mobilisent les «grands» du milieu... La rencontre milanaise 99 a donc été impatiemment attendue cette automne où Prada, Gucci, Fendi et Jill Sander font l’objet de cent mille...