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Actualités - Opinion

Les casseurs

Un alexandrin : C’est une ruelle tranquille, en plein cœur de la ville... La poésie s’arrête là. Où la violence commence. Dans ce coin, à la fois retiré et central – une bretelle entre Abdel Wahab et Trabaud, à deux pas de la garnison de Sodeco –, les événements sont brefs, rares et frappants. Comme le dernier orage. De temps à autre, les dames s’y font détrousser. En tout bien tout honneur, mais sans trop de galanterie : on n’en veut qu’à leur sac à main, leur réticule, leur petit pécule. Toujours l’attaque surprise de motard. À vous arracher l’épaule, en tirant sur la bandoulière. La dernière victime a eu le coude brisé. Comme son mari est un ténor du barreau, qu’elle-même respecte le Droit, on ne sait pas trop pourquoi dans un pays comme ça, elle a tenu après l’hosto à se rendre au poste. Porter plainte, sans trop gémir sous les élancements. Là, divine surprise, on lui a prêté une attention très soutenue. Trop même : on lui a affirmé qu’avant de consigner sa plainte, il fallait vérifier son casier judiciaire, voir s’il n’y avait rien contre elle. Elle devait patienter quelque temps... Éberluée, assommée par cette belle logique et par ses souffrances, elle a voulu se retirer. On lui a répondu que ce n’était pas possible, qu’elle s’était trop avancée et devait attendre. Elle a alors beaucoup regretté d’être en formalité plutôt qu’en forme alitée. En somme quand le voleur vous casse le bras, le gendarme vous casse les pieds. Pas de jaloux, tout s’équilibre et l’État de droit est ainsi édifié.
Un alexandrin : C’est une ruelle tranquille, en plein cœur de la ville... La poésie s’arrête là. Où la violence commence. Dans ce coin, à la fois retiré et central – une bretelle entre Abdel Wahab et Trabaud, à deux pas de la garnison de Sodeco –, les événements sont brefs, rares et frappants. Comme le dernier orage. De temps à autre, les dames s’y font détrousser. En tout bien tout honneur, mais sans trop de galanterie : on n’en veut qu’à leur sac à main, leur réticule, leur petit pécule. Toujours l’attaque surprise de motard. À vous arracher l’épaule, en tirant sur la bandoulière. La dernière victime a eu le coude brisé. Comme son mari est un ténor du barreau, qu’elle-même respecte le Droit, on ne sait pas trop pourquoi dans un pays comme ça, elle a tenu après l’hosto à se rendre au...