Ils espéraient reconnaître une valise, des vêtements...ils se sont retrouvés devant un amas de débris et un terrible souhait, que leurs proches n’aient plus été en vie dans les dernières minutes du vol 990 d’Egypt Air. «L’avion est en pièces. Il y a 6 000 à 8 000 débris éparpillés sur le sol», a raconté un des deux frères Abdel Moneim, dont les parents ont péri à bord de l’avion, en revenant du hangar où sont entreposés les restes du Boeing 767. Pas un siège récupéré n’est complet, rien n’est identifiable à l’exception d’un logo d’Egypt Air, pulvérisé en une vingtaine de morceaux, selon les témoins. Les familles, quelque 340 personnes, ont été autorisées pour la première fois à voir les débris. Elles sont restées pendant une heure environ dans le hangar, sur une ancienne base navale, dont les journalistes ont été soigneusement tenus à l’écart. En découvrant les restes du Boeing, beaucoup de familles, qui avaient attendu toute la semaine ce moment, se sont mises à pleurer ou à crier, a raconté un responsable de la Société islamique pour l’Amérique du Nord, Ahmed el-Hattab. «C’était comme dans un cimetière. Les âmes, une partie des leurs étaient là, au milieu des débris», a décrit M. el-Hattab, qui accompagnait des proches des victimes. Certains ont continué à demander : «Qu’est ce qui me prouve que cela s’est produit, que c’est bien l’avion où était mon frère?», a-t-il dit. «Mais la plupart ont alors compris: c’est la réalité, ça s’est vraiment produit», a ajouté M. Hattab. Les familles, surtout celles venues d’Égypte, ont ensuite été saisies par un immense sentiment de déception. Elles n’ont rien vu qui leur permette de comprendre ce qui s’est passé à bord de l’avion, a raconté Youssef el-Sayed, qui a perdu un ami dans la catastrophe. Elles n’ont pas vu non plus d’effets personnels qui puissent les rattacher émotionnellement aux leurs. «Les gens ont besoin de quelque chose, d’un attaché-case, d’un crayon, d’un doigt pour pouvoir rentrer à la maison et dire : il est mort, voilà ses affaires, ses restes», a expliqué M. Sayed. Beaucoup ont compris, en voyant les débris, qu’il ne restait rien des leurs. «Nous acceptons la volonté de Dieu. J’espère seulement qu’ils n’ont pas eu à ressentir la dureté du choc, qu’ils sont morts avant (que l’appareil) ne touche l’eau», a déclaré l’un des deux frères Abdel Moneim. Les familles se sont approchées à quelques mètres des débris. Elles n’ont pas pu les toucher, n’ont pas eu le droit de faire des photos. Téléphones et beepers étaient également interdits. Partis le regard fermé, dans un convoi de sept bus, les proches des victimes se sont montrés encore plus fuyants à leur retour à l’hôtel. Ironie du sort, leurs bus se sont alors retrouvés mêlés à un cortège de limousines venu fêter un mariage dans le même hôtel.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils espéraient reconnaître une valise, des vêtements...ils se sont retrouvés devant un amas de débris et un terrible souhait, que leurs proches n’aient plus été en vie dans les dernières minutes du vol 990 d’Egypt Air. «L’avion est en pièces. Il y a 6 000 à 8 000 débris éparpillés sur le sol», a raconté un des deux frères Abdel Moneim, dont les parents ont péri à bord de l’avion, en revenant du hangar où sont entreposés les restes du Boeing 767. Pas un siège récupéré n’est complet, rien n’est identifiable à l’exception d’un logo d’Egypt Air, pulvérisé en une vingtaine de morceaux, selon les témoins. Les familles, quelque 340 personnes, ont été autorisées pour la première fois à voir les débris. Elles sont restées pendant une heure environ dans le hangar, sur une ancienne base navale,...