La communauté olympique a perdu son plus vieux champion, le gymnaste slovène Léon Stukelj, décédé lundi, à quatre jours de son 101e anniversaire, sans avoir pu réaliser son dernier rêve: assister aux jeux de Sydney de septembre 2000. Stukelj est mort d’une crise cardiaque à l’hôpital de Maribor (nord de la Slovénie), lundi vers 03h00 (02h00 GMT), a annoncé l’agence slovène STA, précisant qu’il avait lui-même appelé une ambulance, se sentant mal La légende du sport slovène avait récemment confié à la presse nationale qu’il avait dû annuler, en raison de problèmes cardiaques, la célébration de son 101e anniversaire en Suisse, où il avait été invité par le président du Comité international olympique (CIO), Juan Antonio Samaranch. «J’ai été très honoré par cette invitation, mais malheureusement je ne vais pas pouvoir y aller, mes médecins m’ont prescrit le repos à cause d’une petite arythmie, je dois me rétablir. Je n’ai pas d’autres problèmes de santé, à part une petite perte de poids», déclarait Stukelj au journal slovène Delo, qui a publié cet entretien la veille de sa mort. Les funérailles de Stukelj, plusieurs fois médaillé aux JO dans les disciplines de la gymnastique, auront lieu vendredi, le jour de son anniversaire, au cimetière de Dobrava, près de Maribor, ont annoncé lundi les autorités slovènes. Stukelj avait gagné les médailles d’or du concours général et de la barre fixe aux Jeux de Paris en 1924, la médaille d’or aux anneaux et la médaille de bronze au concours général à Amsterdam en 1928 et la médaille d’argent aux anneaux à Berlin en 1936. Anticommuniste Après la Seconde Guerre mondiale, il avait purgé une peine d’un mois de prison et n’avait pas pu travailler durant deux ans, à cause de ses convictions anticommunistes. Témoin de l’évolution de la compétition olympique durant ce siècle, Stukelj aura également assisté à la fin de la monarchie austro-hongroise, celle de la Yougoslavie titiste, et aura vécu l’indépendance de son pays en 1991. Le champion avait abandonné la compétition à l’âge de 38 ans pour se consacrer à sa carrière professionnelle de juge, puis d’avocat. Il avait pris sa retraite à 63 ans et écrit plusieurs livres sur la gymnastique. M. Samaranch et plusieurs gymnastes étrangers avaient assisté, le 12 novembre 1998, au centième anniversaire de Stukelj, célébré avec faste à Novo Mesto, sa ville natale dans l’est de la Slovénie. Stukelj y était apparu remarquablement alerte expliquant qu’il ne fumait pas, faisait du sport et buvait un verre de vin par semaine. Il était marié depuis 65 ans à Lidija. Œil bleu et cheveu fin, il aimait raconter qu’il avait l’habitude de se déplacer en bus ou bien en tramway. Il était également respecté par la presse de son pays, avec laquelle il s’est toujours montré très courtois. Invité d’honneur aux Jeux d’Atlanta, il avait confié que son rêve était désormais d’assister aux Jeux de Sydney, en septembre 2000. Cet homme, qui avait l’apparence rigoureuse d’un professeur de droit et qui parlait couramment plusieurs langues, cultivait également un grand sens de l’humour sur sa longévité. Dans son entretien avec Delo, il avait fait part d’une anecdote survenue lors de la visite en juin du président américain Bill Clinton en Slovénie. «Clinton m’a adressé ses meilleurs vœux lors de sa visite, et je ne sais pas si vous êtes déja au courant, il m’a invité à assister à ses funérailles», avait-il déclaré.
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