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Actualités - Chronologie

Japon Avis de gros temps pour le gouvernement Obuchi

Après des mois d’éclaircie liés à l’embellie économique, le temps se gâte pour le gouvernement japonais, en butte à une chute de sa popularité et au lancement chaotique de la vaste coalition de centre-droit formée à l’approche d’élections législatives cruciales. Un nouveau sondage est venu sonner l’alarme hier. Seules 32 % des personnes interrogées par le quotidien Mainichi Shimbun ont déclaré avoir une opinion favorable du gouvernement de Keizo Obuchi, soit une chute brutale de 16 points en un mois. Parallèlement, le taux de personnes insatisfaites a bondi de 15 points et se situe à 39 %. Ce sondage vient confirmer, en l’accentuant, la glissade de la popularité de M. Obuchi, retournée en territoire négatif après avoir pourtant atteint des sommets inattendus durant l’été grâce aux espoirs d’une reprise économique plus rapide que prévu. L’opinion nippone s’est retournée brutalement début octobre avec le lancement de la vaste alliance tripartite de centre-droit, à la fois puissante et extrêmement fragile. L’ensemble formé par le Parti libéral démocrate (PLD) de M. Obuchi, le Parti libéral (PL) et le parti bouddhiste Komeito dispose en effet de la plus forte majorité depuis la guerre à la Chambre basse, la plus importante de la Diète. Il domine également la Chambre haute grâce au ralliement du Komeito, émanation de la secte Soka Gakkai, dont la puissance inquiète. Mais cette hégémonie parlementaire fait peur. «Les gens craignent que cette coalition ne réunisse trop de pouvoirs entre ses mains», explique Yoshikazu Sakamoto, professeur de sciences politiques à l’université Tokyo. Et surtout, ajoute Yoshiaki Yoshimi, de l’université Chuo, les Japonais mettent en doute son efficacité. Ils «s’inquiètent de la façon dont ont été gérés des dossiers importants comme la révision des accords de défense avec les États-Unis ou la place des emblèmes nationaux». «À cela, s’ajoutent les doutes sur ce que veut réellement faire la coalition, qui semble tirer à hue et à dia», estime-t-il, en prédisant une poursuite de l’érosion de la popularité du gouvernement. Les profonds clivages à l’intérieur de la majorité ont éclaté en plein jour dès sa formation. Quelques jours après, le vice-ministre de la Défense Nishimura était poussé à la démission pour avoir provoqué un scandale en bravant le tabou de la possession de l’arme atomique par le Japon. Depuis lors, la presse fait ses choux gras des désaccords étalés sur la place publique sur les dossiers chauds du moment, comme le financement des soins pour les personnes dépendantes, le droit de vote des résidents étrangers ou l’interdiction des donations des entreprises aux partis politiques. Fragilisé, M. Obuchi parie sur l’économie pour assurer son avenir. Son gouvernement va ainsi annoncer jeudi un lourd plan de relance, supérieur à 10 000 milliards de yens (90 milliards d’euros), afin de redonner du tonus à une reprise qui menace de s’essouffler au début de l’an 2000. Des bons chiffres économiques et des sondages va en partie dépendre la date des prochaines élections législatives qui doivent se tenir à l’automne 2000 au plus tard. Pour le quotidien Mainichi, la dégringolade dans les sondages rend moins probable l’organisation rapide d’élections anticipées, comme le demandent l’opposition et quelques chefs du PLD. Les experts politiques tablent plutôt sur un scrutin à la fin de l’été, dans la foulée du sommet annuel du G8 dont M. Obuchi, qui en sera l’hôte à Okinawa, entend récolter le prestige.
Après des mois d’éclaircie liés à l’embellie économique, le temps se gâte pour le gouvernement japonais, en butte à une chute de sa popularité et au lancement chaotique de la vaste coalition de centre-droit formée à l’approche d’élections législatives cruciales. Un nouveau sondage est venu sonner l’alarme hier. Seules 32 % des personnes interrogées par le quotidien Mainichi Shimbun ont déclaré avoir une opinion favorable du gouvernement de Keizo Obuchi, soit une chute brutale de 16 points en un mois. Parallèlement, le taux de personnes insatisfaites a bondi de 15 points et se situe à 39 %. Ce sondage vient confirmer, en l’accentuant, la glissade de la popularité de M. Obuchi, retournée en territoire négatif après avoir pourtant atteint des sommets inattendus durant l’été grâce aux espoirs d’une...