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Actualités - Chronologie

Quinzaine des réalisateurs : la génération 68

Avec « À mort la mort! » du Français Romain Goupil, la génération de 68 a ouvert la 31e Quinzaine des réalisateurs, la section parallèle du festival de Cannes née justement des événements de mai 68. Avec vingt-trois longs métrages, dont vingt en première mondiale, du Chili à l’Australie, de l’Irlande au Japon en passant par la Lituanie, la section «off» de Cannes, qui a contribué à révéler Wim Wenders, Stephen Frears, Bernardo Bertolucci, André Téchiné, Martin Scorsese, Ken Loach, Louis Malle, Théo Angelopoulos... poursuit sa «mission de découverte de nouveaux auteurs» sous la houlette de Marie-Pierre Macia, la nouvelle déléguée générale, dont c’est le baptême du feu. Au générique de la Quinzaine, dont les projections ont lieu au Noga-Hilton, l’un des palaces de la Croisette, figurent six réalisatrices, dont Anjelica Huston, Sofia Coppola, la fille de Francis Ford Coppola qui présente son premier film The Virgin Suicides, et la Belge Chantal Akerman. Elles côtoient Khyentse Norbu, un moine tibétain, considéré comme la réincarnation d’un saint lama du XIXe siècle et néanmoins fan de football, qui, avec Phorpa (La Coupe), place pour la première fois le petit royaume himalayen du Bouthan sur la planète cinématographique. Romain Goupil, le réalisateur de Mourir à trente ans, Camera d’or à Cannes en 1982, et César de la meilleure première œuvre, a levé le rideau rouge de la Quinzaine avec À mort la mort!, un film qui, selon Marie-Pierre Macia, «n’est pas seulement sur la génération 68, mais aussi sur la masculinité, sur ce qu’est être un homme aujourd’hui». Dans ce film, où, forcément, il a mis beaucoup de lui-même, le cinéaste interprète Thomas, 47 ans, le héros de À mort la mort!, le cri de rage qu’il hurle dès le début du film, accroché à une croix du cimetière, où l’on enterre l’un de ses vieux copains. Un air de nostalgie Les anciens militants ne se retrouvent plus qu’en ces occasions-là et on reconnaît parmi ces «soixante-huitards» Daniel Cohn-Bendit en personne, tête de liste des Verts français aux élections européennes, la chanteuse Brigitte Fontaine, la réalisatrice Brigitte Rouan... Quand il ne fréquente pas les cimetières parisiens pour accompagner ses amis morts du sida, d’overdose, ou suicidés, il va de femme en femme, trompant allègrement sa jeune épouse (pas dupe), Hermeline (Marianne Denicourt). Sous prétexte de consoler les anciennes «camarades», les maîtresses officielles, les ex-maîtresses, les veuves, les dépressives, Thomas joue le macho avec une énergie décuplée par la mort si présente. Il passe désormais plus de temps «au pieu» que dans les «manifs». Extrêmement bavard, jouant à la fois sur le narcissisme et l’autodérision, À mort la mort! n’est pas un film triste mais il fait planer un air de nostalgie. Les militants ont vieilli et À mort la mort! parlera surtout à une génération qui croyait pouvoir changer le monde et «jouir sans entraves», comme le proclamaient les slogans de 68. Côté étranger, la Quinzaine était inaugurée par un film allemand, en noir et blanc, Les chemins de la nuit (Wege in die nacht) de Andreas Kleinert, sombre constat d’une société en voie de décomposition, une oeuvre aride en forme d’impasse. C’est Anjelica Huston, qui baissera le rideau le 21 mai avec Agnes Brown, l’histoire d’une jeune veuve dynamique, mère de sept enfants, à Dublin en 1967. Après la suppression de la section «Cinéma en France», «pour rompre le ghetto du cinéma français», le 7e Art tricolore est bien représenté à la Quinzaine avec notamment deux premiers longs, métrages : Le bleu des villes, de Stéphane Brizé, Haut les cœurs, de Solveig Anspach, une jeune cinéaste née en Islande qui raconte sans pathos le combat d’une jeune femme luttant contre le cancer (Karin Viard).
Avec « À mort la mort! » du Français Romain Goupil, la génération de 68 a ouvert la 31e Quinzaine des réalisateurs, la section parallèle du festival de Cannes née justement des événements de mai 68. Avec vingt-trois longs métrages, dont vingt en première mondiale, du Chili à l’Australie, de l’Irlande au Japon en passant par la Lituanie, la section «off» de Cannes, qui a contribué à révéler Wim Wenders, Stephen Frears, Bernardo Bertolucci, André Téchiné, Martin Scorsese, Ken Loach, Louis Malle, Théo Angelopoulos... poursuit sa «mission de découverte de nouveaux auteurs» sous la houlette de Marie-Pierre Macia, la nouvelle déléguée générale, dont c’est le baptême du feu. Au générique de la Quinzaine, dont les projections ont lieu au Noga-Hilton, l’un des palaces de la Croisette, figurent six...