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Actualités - Chronologie

Quand Rubin parlait, les marchés écoutaient

Robert Rubin, qui quitte en juillet son poste de secrétaire au Trésor américain, est l’un des piliers du triumvirat et l’artisan de la réussite économique américaine. Quand Rubin parlait, les marchés financiers écoutaient. Ses paroles, comme celles de son ami Greenspan, pouvaient entraîner des fluctuations importantes des cours boursiers et obligataires et du taux de change du dollar. Avec Alan Greenspan, le président de la Fed et son dauphin Larry Summers, qui va le remplacer à la tête du Trésor, Robert Rubin était récemment présenté en une de Time Magazine comme «un héros économiste», un des «Trois marketers» qui ont sauvé le monde de la crise asiatique et porté Wall Street au sommet. Nommé début 1995 au Trésor, ce millionnaire de 60 ans et démocrate de toujours se retire pour se rapprocher de sa famille qui était restée à New York. À Washington, Robert Rubin habitait à l’hôtel, près de la Maison-Blanche. Les rumeurs sur son départ parcouraient régulièrement les marchés financiers qui craignaient une chute de 1 000 points de l’indice Dow Jones à son annonce. Modeste et pourvu de sens de l’humour, il avait coutume de balayer ces craintes en notant que lors de la dernière rumeur, le Dow n’avait perdu que deux points. Ce New-Yorkais, né le 29 août 1938, diplômé de Harvard (économie) et de Yale (droit), a immédiatement acquis la confiance de Wall Street car il venait de ce monde. Avant de rejoindre l’administration Clinton, Bob Rubin était un des quatre partenaires associés de la fameuse banque d’affaires Goldman Sachs. À ce titre, M. Rubin, marié et père de deux fils, a aujourd’hui une fortune de plus de 100 millions de dollars qu’il a fait gérer dans un fonds «aveugle» pour éviter tout conflit d’intérêt avec son poste à la tête du Trésor américain. Robert Rubin est aujourd’hui vu comme l’architecte-clé de la politique d’un dollar «fort», de la réduction du déficit et des gestions successives de la crise mexicaine (1995) puis asiatique. Outre son influence déterminante au sein de l’administration pour une plus grande discipline budgétaire, il a joué un rôle essentiel pour désamorcer la crise asiatique à partir de 1997, celle provoquée par la suspension des paiements de la Russie sur sa dette extérieure l’été dernier ainsi que pour aider le Brésil à faire face à de graves difficultés. Militant démocrate, Robert Rubin est aussi un proche du président Clinton. Après la crise asiatique, M. Rubin a œuvré, avec le FMI et le G7, au chantier de la «nouvelle architecture financière» internationale. C’est lui qui pousse les banques privées à renégocier leurs créances avec la Corée en 1997. Il est aussi en première ligne aujourd’hui pour engager le secteur privé à assumer les risques lorsqu’une crise éclate.
Robert Rubin, qui quitte en juillet son poste de secrétaire au Trésor américain, est l’un des piliers du triumvirat et l’artisan de la réussite économique américaine. Quand Rubin parlait, les marchés financiers écoutaient. Ses paroles, comme celles de son ami Greenspan, pouvaient entraîner des fluctuations importantes des cours boursiers et obligataires et du taux de change du dollar. Avec Alan Greenspan, le président de la Fed et son dauphin Larry Summers, qui va le remplacer à la tête du Trésor, Robert Rubin était récemment présenté en une de Time Magazine comme «un héros économiste», un des «Trois marketers» qui ont sauvé le monde de la crise asiatique et porté Wall Street au sommet. Nommé début 1995 au Trésor, ce millionnaire de 60 ans et démocrate de toujours se retire pour se rapprocher de sa...