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Actualités - Chronologie

Alain Boghossian entre deux feux

Depuis cinq ans Alain Boghossian, le milieu de terrain de Parme, est partagé entre Marseille, son berceau footballistique et l’Italie, pays de son accomplissement. Cette confusion des sentiments sera portée à son paroxysme, mercredi à Moscou, lors de la finale de la Coupe de l’UEFA. Revendiquant son attachement à Marseille, le champion du monde associe ce duel face à l’OM à un légitime dilemme affectif. «Ce sera quelque chose d’exceptionnel. J’affronterai l’équipe de mes débuts. Mes liens avec Marseille sont très forts», martèle-t-il. De ses premiers pas chez les professionnels, en juillet 1993, à son avènement dans le Calcio, Boghossian, issu du centre de formation phocéen, n’a jamais totalement coupé le cordon ombilical avec Marseille. «Quand je regarde, les matches de l’OM, ou quand j’en parle, j’ai un discours de supporter. Mon cœur est Marseillais, je ne renie rien», explique-t-il. Façonné par Henri Stambouli, l’ancien entraîneur de l’OM, Boghossian n’est pas le premier à vivre pareil «déchirement». Sans remonter à Raymond Kopa, opposé à Reims avec le Real Madrid en 1959, Jean-Pierre Papin, chouchou du Vélodrome, portait les couleurs du Milan AC, lors du succès de l’OM, en mai 1993, en Ligue des champions (1-0). Déjà avec l’Arménie Alors présent dans les tribunes du stade Olympique de Munich, Boghossian ne s’imaginait pas, être assailli, six ans plus tard par les mêmes tiraillements. En 1994, son départ pour Naples avait généré un courant de scepticisme. On lui accordait peu de crédit dans l’univers sélectif du Calcio et on lui promettait un retour au bercail «par courrier express». Des blessures récurrentes perturbèrent son séjour à Naples. Il éclata enfin la saison passée à la Sampdoria de Gênes, où son abattage et sa frappe de balle lourde firent florès. Transféré à Parme, en juin 1998, il s’est rapidement affirmé, dans un rôle obscur, comme une pièce maîtresse du dispositif d’Alberto Malesani. «Il est fondamental», confirme son équipier et compatriote Lilian Thuram. Quand on parle de Parme comme du favori logique, il s’inscrit en faux. «Laissons ce refrain à Rolland Courbis. C’est sa tactique. Malgré quatre suspendus, les Marseillais ont des chances égales aux nôtres. On a conscience de leur potentiel», soutient-il. Le ton est persuasif, empreint de sincérité. Boghossian n’a jamais caché son aversion pour ce qui sonne faux. Les attitudes étudiées ou compassées l’ont parfois irrité. La notoriété ne l’a pas éloigné d’un précepte tôt édicté: l’humilité. Avec l’équipe de France, il avait déjà connu ce sentiment bizarre, le 31 mars en affrontant l’Arménie, le pays de ses origines, en éliminatoires de l’Euro 2000. Il s’était montré alors assez mature pour surmonter ses émotions et témoigner d’un professionnalisme sans faille. Malgré le contexte, son rendement n’en avait pas été altéré. «Dès le coup d’envoi, je serai concentré sur mon sujet avec comme seul objectif la victoire», conclut-il. Les Marseillais sont prévenus.
Depuis cinq ans Alain Boghossian, le milieu de terrain de Parme, est partagé entre Marseille, son berceau footballistique et l’Italie, pays de son accomplissement. Cette confusion des sentiments sera portée à son paroxysme, mercredi à Moscou, lors de la finale de la Coupe de l’UEFA. Revendiquant son attachement à Marseille, le champion du monde associe ce duel face à l’OM à un légitime dilemme affectif. «Ce sera quelque chose d’exceptionnel. J’affronterai l’équipe de mes débuts. Mes liens avec Marseille sont très forts», martèle-t-il. De ses premiers pas chez les professionnels, en juillet 1993, à son avènement dans le Calcio, Boghossian, issu du centre de formation phocéen, n’a jamais totalement coupé le cordon ombilical avec Marseille. «Quand je regarde, les matches de l’OM, ou quand j’en parle,...