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Actualités - Chronologie

Les bavures de l'Otan terrifient la population

La succession de «bavures» meurtrières de l’Otan et les bombardements quotidiens d’objectifs souvent situés au cœur de zones habitées à travers la Serbie terrifient la population, consciente qu’il n’y a plus d’abri sûr, dans les villes comme à la campagne. La destruction, dans la nuit de vendredi à samedi, de l’ambassade de Chine à Belgrade a accru ce sentiment d’insécurité. Le raid a fait quatre morts et une vingtaine de blessés, selon l’agence officielle yougoslave Tanjug, et endommagé des dizaines de maisons d’habitation alentour. «J’ai vu un missile passer littéralement sous ma fenêtre», raconte une Française qui habite à 300 m de l’ambassade et à 100 m de l’hôtel Jugoslavija, touché pratiquement au même moment. «Nous pensions être ici en sécurité, mais lorsqu’un missile s’est abattu sur l’hôtel, sous lequel se trouve un abri réservé aux habitants du quartier, nous avons réalisé que nous n’avions plus où nous réfugier», dit-elle. L’Otan a reconnu que la frappe contre l’ambassade de Chine était due à une confusion avec un autre bâtiment, la Direction fédérale des réserves (SDR), liée à l’armée yougoslave. Le Pentagone et la CIA l’ont attribuée à une «erreur dans le ciblage initial du bâtiment». L’ambassade est pourtant isolée dans ce quartier et la SDR est située 800 m plus loin. Quant à l’hôtel Jugoslavija, le Pentagone l’a identifié comme étant le siège des Tigres du chef de milice Arkan. Ce dernier possède bien un casino jouxtant l’hôtel, mais la partie du bâtiment touchée n’abritait qu’un garage et une buanderie, selon les responsables de l’établissement. L’hôtel est pratiquement vide depuis que la mission de l’Onu l’a quitté avant les premières frappes en mars et n’héberge plus que quelques réfugiés, dont l’un a été tué par le bombardement. Plus de 230 personnes ont été tuées, selon des bilans officiels serbes, à la suite des huit «erreurs» reconnues à ce jour par l’Otan. Ces «bavures» vont notamment d’un raid le 5 avril contre Aleksinac (sud), qui a fait 17 morts, au bombardement vendredi du centre de Nis (sud-est) où 15 civils ont été tués, en passant par des frappes contre un train dans lequel 55 personnes ont péri, le 12 avril à Grdelica (sud), et un bus le 1er mai à Luzane (Kosovo) où 47 personnes ont trouvé la mort. Le 14 avril, les autorités yougoslaves ont accusé l’Otan d’avoir tiré sur deux colonnes de réfugiés, tuant 75 personnes, près de Djakovica, dans l’ouest du Kosovo. L’Otan a averti que le président Slobodan Milosevic ne pouvait bénéficier «d’aucun sanctuaire» et que tous les objectifs liés aux moyens de commandement militaire pouvaient être visés. Dans un pays où le civil et le militaire ont toujours été fortement imbriqués, l’homme de la rue se sent directement concerné par cet avertissement. Rade Jelic, un retraité, dit s’être réfugié avec sa femme dans leur maison de campagne à 40 km au nord de Belgrade, le 30 avril lorsque deux bombes se sont abattues près de son domicile en plein centre de la capitale yougoslave, blessant deux personnes dont l’une est décédée depuis. «Mais là-bas, nous étions encore moins en sécurité. Après deux nuits de bombardements incessants qui visaient on ne sait quoi, nous sommes revenus», dit-il. Certains raids échappent à toute logique. Outre le bombardement de l’ambassade de Chine, l’état-major de l’armée yougoslave et le ministère de l’Intérieur ont été attaqués, respectivement pour la deuxième et la troisième fois. Ces bâtiments avaient déjà été détruits, ce qui avait incité nombre d’habitants du quartier à regagner leurs appartements. «Le pire, c’est qu’il n’y a aucune explication rationnelle à de tels bombardements qui, à chaque fois, endommagent un peu plus les maisons d’habitations voisines», dit une étudiante qui habite près de l’état-major.
La succession de «bavures» meurtrières de l’Otan et les bombardements quotidiens d’objectifs souvent situés au cœur de zones habitées à travers la Serbie terrifient la population, consciente qu’il n’y a plus d’abri sûr, dans les villes comme à la campagne. La destruction, dans la nuit de vendredi à samedi, de l’ambassade de Chine à Belgrade a accru ce sentiment d’insécurité. Le raid a fait quatre morts et une vingtaine de blessés, selon l’agence officielle yougoslave Tanjug, et endommagé des dizaines de maisons d’habitation alentour. «J’ai vu un missile passer littéralement sous ma fenêtre», raconte une Française qui habite à 300 m de l’ambassade et à 100 m de l’hôtel Jugoslavija, touché pratiquement au même moment. «Nous pensions être ici en sécurité, mais lorsqu’un missile s’est...