Une tension extrême règne sur la finale de Suzuka, sur ce Grand Prix du Japon, ultime épreuve du championnat du monde de Formule 1, qui oppose Eddie Irvine à Mika Hakkinen, Ferrari à McLaren-Mercedes dans la course aux titres cette fin de semaine. Depuis dix ans exactement, depuis 1989 et les duels Senna-Prost, la F1 s’est nourrie d’issues controversées, d’accrochages, de polémiques. Hormis en 1996 entre Damon Hill et Jacques Villeneuve, coéquipiers chez Williams-Renault, jamais une couronne n’a été attribuée à la régulière dans un quitte ou double de fin de saison ces dix dernières années. Alain Prost qui ferme la porte à Ayrton Senna en 1989. Le Brésilien qui boute le Français hors de la piste dès la première courbe l’année suivante sur la même piste de Suzuka. Michael Schumacher, qui sauve son titre dans une manœuvre désespérée contre Damon Hill en 1994 à Adelaïde, le perd de la même manière contre Jacques Villeneuve trois ans plus tard à Jerez. Le sprint final a toujours tourné court dans la confusion. L’an passé, cependant, un départ manqué (moteur calé) de Michael Schumacher (Ferrari) empêcha l’affrontement avec Mika Hakkinen (McLaren-Mercedes), le Finlandais effectuant un cavalier seul. Un lourd contentieux À Suzuka cette fois, le risque semble plus grand, l’ambiance plus électrique, tant les rancœurs de Sepang sont toujours aussi vivaces. tant le contentieux est lourd entre Ferrari et McLaren-Mercedes. L’équipe anglo-allemande et Mika Hakkinen n’ont pas oublié l’attitude de Michael Schumacher, ralentissant volontairement en course pour bloquer le champion du monde, favoriser la fuite de Eddie Irvine. Et surtout, la disqualification du Grand Prix de Malaisie, effacée par le Tribunal d’appel international de la FIA, samedi dernier, n’a toujours pas été digérée par McLaren-Mercedes et par le pilote finlandais. Du côté de Ferrari aussi, Jean Todt et les membres de la Scuderia ne sont pas prêts à pardonner l’attitude de Ron Dennis, l’homme par qui le scandale est arrivé, le patron de McLaren ayant attendu l’arrivée du Grand Prix de Malaisie pour dénoncer ses adversaires au délégué technique de la FIA, Jo Bauer. Peur d’une finale chaotique Ron Dennis souhaitait avant Sepang que la fin de championnat se passe sans coup bas, dans la plus grande sportivité, redoutant une manœuvre antisportive. Ses craintes sont aujourd’hui plus vives que jamais. Eddie Irvine, avec quatre points d’avance sur Hakkinen, se trouve en effet en position de force. Un problème quelconque, un abandon du Finlandais et le tour serait joué pour l’Irlandais. Quel que soit son résultat. D’autant que la perspective d’un premier titre pour Irvine, le premier depuis vingt ans pour Ferrari (Jody Scheckter en 1979), depuis seize ans chez les constructeurs (1983), aiguise l’appétit de la Scuderia. Depuis deux ans consécutivement, la Scuderia échoue au port dans l’ultime rendez-vous avec Michael Schumacher. Pas question pour l’équipe italienne de connaître un troisième échec, cette fois avec Irvine. Hier animée d’une confiance absolue, l’équipe McLaren-Mercedes n’est plus sûre de rien. Mika Hakkinen non plus. Michael Schumacher est revenu et son talent fait peur. Comme la perspective d’un nouveau final chaotique. Le pilote finlandais et l’écurie anglo-allemande savent que pour limiter les risques, ils n’auront pas d’autre solution que de partir en tête, et donc de faire main basse sur les qualifications samedi. Une première ligne McLaren et tous les espoirs sont permis. Au contraire, un front rouge comme en Malaisie, et il sera sans doute impossible de priver Irvine et Ferrari du sacre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une tension extrême règne sur la finale de Suzuka, sur ce Grand Prix du Japon, ultime épreuve du championnat du monde de Formule 1, qui oppose Eddie Irvine à Mika Hakkinen, Ferrari à McLaren-Mercedes dans la course aux titres cette fin de semaine. Depuis dix ans exactement, depuis 1989 et les duels Senna-Prost, la F1 s’est nourrie d’issues controversées, d’accrochages, de polémiques. Hormis en 1996 entre Damon Hill et Jacques Villeneuve, coéquipiers chez Williams-Renault, jamais une couronne n’a été attribuée à la régulière dans un quitte ou double de fin de saison ces dix dernières années. Alain Prost qui ferme la porte à Ayrton Senna en 1989. Le Brésilien qui boute le Français hors de la piste dès la première courbe l’année suivante sur la même piste de Suzuka. Michael Schumacher, qui sauve son titre...