Des géologues sud-africains ont indiqué avoir identifié le plus grand et plus ancien cratère au monde causé par l’impact d’un astéroïde ou d’une comète, dans la province de l’État Libre (centre-nord de l’Afrique du Sud). Le site de Vredefort, connu depuis le début du siècle, d’un diamètre de 250 kilomètres à 300 kilomètres par endroits, et daté de 2,1 milliards d’années, a été identifié ces derniers mois comme étant le résultat de l’impact d’une comète ou d’un astéroïde, a indiqué l’université de Witwatersrand (Wits) à Johannesburg. Jusqu’à récemment, le cratère de Vredefort était plutôt considéré comme d’origine volcanique. Le Pr Uwe Reimold, du département de géologie à Wits, a indiqué que deux études sud-africaines récentes, avec l’aide de géologues internationaux, ont établi avec certitude que la déformation de minéraux relevés à Vredefort ne pouvait être d’origine interne, c’est-à-dire volcanique, mais externe, c’est-à-dire un impact extraterrestre. Celui-ci pourrait être le fait d’un astéroïde ou d’une comète d’entre 5 et 10 kilomètres de diamètre, projetée à une vitesse d’entre 40 000 et 250 000 kilomètres-heure, estiment le Pr Reimold et ses collègues de Wits, dans l’attente d’études approfondies sur l’impact lui-même. Catastrophe majeure Le célèbre paléo-anthropologiste sud-africain Phillip Tobias a estimé, lors d’une conférence à Johannesburg, que Vredefort «est la plus large “structure d’impact” jamais identifiée sur la planète Terre. Elle dépasse le cratère de Sudbury en Ontario (Canada) qui avoisine 200 kilomètres de diamètre». L’autre célèbre cratère d’ «impact» connu est celui de Chicxulub, dans la la péninsule du Yucatan, au Mexique. La collision d’astéroïdes avec la Terre a été émise et de plus en plus retenue depuis une quinzaine d’années pour expliquer la disparition des dinosaures de la surface terrestre. L’impact de Vredefort, toutefois, serait survenu à une époque ne connaissant qu’une forme extrêmement primitive de vie végétale sur Terre, comme des algues, selon les scientifiques sud-africains. Mais «comme Chicxulub, Vredefort pourrait bien avoir constitué une catastrophe majeure dont les conséquences planétaires ont eu un énorme impact sur l’histoire de la vie sur Terre», a déclaré Phillip Tobias, indiquant que ces études restent à mener au siècle prochain. Selon le Pr Reimold, les conséquences de l’impact pour l’atmosphère terrestre pourraient bien avoir infligé à l’évolution des formes de vie sur terre un bond en arrière de plusieurs millions d’années. Le cratère de Vredefort est tellement étendu et usé par l’érosion due à son âge qu’il est difficilement décelable à l’œil nu sur le paysage, sinon par endroits, a indiqué le géologue. La ville de Vredefort est située à peu près au centre du cratère, qui s’étend sur la province de l’État Libre jusque dans le Gauteng, près de Pretoria. Le site, accessible et non recouvert, présente des possibilités «sans équivalent sur Terre» d’étude des conséquences d’impact extraterrestre, avec des «exemples fantastiques de déformation de roches», fondues ou fracassées, a estimé le Pr Reimold. Les scientifiques de Wits et de l’université de Potchefstroom (sud-est de Johannesburg) soulignent toutefois que l’étude de Vredefort n’en est qu’à ses débuts, le site étant certes connu depuis le début du siècle mais daté depuis 1996 seulement, et suspecté d’«impact» depuis quelques années.
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