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Actualités - Chronologie

La France a bien utilisé des boues d'épuration dans des farines animales

L’incorporation de boues d’épuration dans des aliments pour animaux a bien eu lieu en France, était monnaie courante et pourrait encore être facteur de risque, estiment les inspecteurs de la Commission européenne dans un rapport rendu public hier. «Certaines usines de l’industries française d’équarissage ont utilisé pendant des années des substances interdites comme les boues issues du traitement biologique des eaux usées ou les eaux des fosses septiques de leurs propres établissements ou parfois même de leurs fournisseurs», peut-on y lire. C’est une «pratique inacceptable que la Commission ne pourrait tolérer», a déclaré Thea Emmerling, porte-parole de la Commission, lors d’un point de presse. Le rapport des trois inspecteurs européens envoyés les 19 et 20 août en «mission urgente» dans cinq usines françaises confirme donc les dires d’un reportage de la télévision allemande diffusé peu avant et qui reprenait des informations révélées par le journal satirique le Canard Enchaîné. Ceux-ci affirmaient que des résidus de fosses septiques et des boues issues du traitement d’eaux d’épuration avaient été incorporés dans des aliments pour animaux en France. En affirmant que «l’utilisation des matières collectées avant le traitement biologique des eaux résiduaires était pratique courante en France» et en soulignant le manque de contrôles dans le secteur de la nourriture pour animaux, les inspecteurs confirment le malaise provoqué dans toute l’Europe par l’affaire de la dioxine en Belgique. Les inspecteurs jugent en outre que malgré les mesures prisent par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), qui affirme que le problème est résolu, «il subsiste un problème potentiel concernant le recyclage des matières collectées avant le traitement biologique des eaux usées». La France prétend que ces matières étaient soumises à un traitement thermique à haute température de telle sorte qu’elles ne présentaient aucun risque du point de vue microbiologique. La Commission n’est pas de cet avis. Thea Emmerling a ainsi expliqué qu’on «ne peut pas détruire les substances chimiques contenues dans ces boues, même en les cuisant à haute température». Elle a en outre précisé que la France n’était pas le seul Etat membre concerné. La Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas ont reconnu que de telles pratiques ont eu lieu chez eux, tout en précisant que ce n’était plus le cas aujourd’hui. En outre, d’autres pays n’ont pas rendu leur réponse aux questions de la Commission sur ce sujet. Celle-ci «ne peut donc pas exclure que ces méthodes soient encore utilisées». Paris a désormais 15 jours ouvrables, après réception du rapport, pour fournir un plan d’action à la Commission.
L’incorporation de boues d’épuration dans des aliments pour animaux a bien eu lieu en France, était monnaie courante et pourrait encore être facteur de risque, estiment les inspecteurs de la Commission européenne dans un rapport rendu public hier. «Certaines usines de l’industries française d’équarissage ont utilisé pendant des années des substances interdites comme les boues issues du traitement biologique des eaux usées ou les eaux des fosses septiques de leurs propres établissements ou parfois même de leurs fournisseurs», peut-on y lire. C’est une «pratique inacceptable que la Commission ne pourrait tolérer», a déclaré Thea Emmerling, porte-parole de la Commission, lors d’un point de presse. Le rapport des trois inspecteurs européens envoyés les 19 et 20 août en «mission urgente» dans cinq usines...