L’Afrique, jadis exportatrice de denrées agricoles, ne sera plus capable dans 25 ans de nourrir que 40 % de sa population mais la situation peut encore être renversée, estime un rapport publié à Washington à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation. «La dégradation continue des sols arables en Afrique menace la région dans les 25 années à venir (...) d’un manque de nourriture et de la pauvreté à une échelle sans précédent», souligne cette étude réalisée par l’Université des Nations unies avec le concours de la Banque mondiale. Les Africains consomment déjà 20 % de nourriture de moins que dans les années 1950, quand ils exportaient encore des produits agricoles. Par ailleurs, la production de céréales par tête a diminué en Afrique de 9 % de 1970 à 1997 alors qu’elle augmentait de 48 % en Chine, de 14 % en Inde et de 12 % en moyenne dans le monde. Le constat de l’Université est très dur : à moins d’un changement, les 48 pays et territoires de l’Afrique sub-saharienne ne pourront nourrir que 40 % du milliard d’habitants qu’ils abriteront en 2025. Déjà, en trente ans, le nombre de personnes mal nourries dans cette région a doublé pour atteindre 200 millions. De fait, a souligné le Pr Uzo Mokwunye, directeur de l’Institut pour les ressources naturelles en Afrique (Inra), la situation économique de ces pays est tellement liée à l’agriculture qu’il faut «améliorer la production agricole pour que l’économie dans son ensemble puisse faire des progrès». Le recteur de l’université et sous-secrétaire général de l’Onu, Hans Ginkel, considère que «le manque de fertilité des sols africains est le premier obstacle au développement économique» et un effort colossal doit être mené sur ce front. La dégradation des terres arables est due au pacage abusif, à la mauvaise utilisation des terres cultivables, à leur surexploitation et à la déforestation. L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (Fao) estime que pour arriver à reconquérir les terres arables et à récupérer tout le potentiel de sa production agricole, la région nécessiterait une aide de 100 à 500 millions de dollars par an et par pays, sur 10 ans. Cette année, la Banque mondiale a consacré 188 millions de dollars à l’agriculture dans les États africains. Le responsable de cet organisme international pour cette région du monde, M. Moctar Toure, a déclaré que «la contribution (de la Banque) doit augmenter si les progrès obtenus devaient être consolidés et étendus». En effet, a souligné M. Toure, «dans de nombreux pays la performance agricole s’est sérieusement améliorée», comme au Ghana, au Mali, ou au Burkina Faso. «Certains pays sont montés en ligne de front pour lancer une action sur ce problème de la restauration de la qualité des sols arables», a-t-il ajouté en se déclarant «totalement optimiste à la lumière du constat sur le terrain». Pour M. Mokwunye, «il faut déployer plus d’efforts (...) pour mettre en œuvre les solutions (actuellement envisagées) et en trouver d’autres». Mais en «combinant science, technologie et réformes sociales», a-t-il estimé, l’Afrique «pourrait être à nouveau en 2020 ou 2025 exportateur de denrées agricoles (...), nous pourrions nourrir le reste du monde».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Afrique, jadis exportatrice de denrées agricoles, ne sera plus capable dans 25 ans de nourrir que 40 % de sa population mais la situation peut encore être renversée, estime un rapport publié à Washington à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation. «La dégradation continue des sols arables en Afrique menace la région dans les 25 années à venir (...) d’un manque de nourriture et de la pauvreté à une échelle sans précédent», souligne cette étude réalisée par l’Université des Nations unies avec le concours de la Banque mondiale. Les Africains consomment déjà 20 % de nourriture de moins que dans les années 1950, quand ils exportaient encore des produits agricoles. Par ailleurs, la production de céréales par tête a diminué en Afrique de 9 % de 1970 à 1997 alors qu’elle augmentait de 48 %...