Iran Téhéran refuse toujours le dialogue politique avec Washington
le 18 octobre 1999 à 00h00
L’Iran, au moment où il multiplie les contacts au plus haut niveau avec l’Union européenne, refuse toujours tout dialogue officiel avec les États-Unis, malgré les appels répétés du pied de Washington. Rompues en avril 1980, en pleine prise d’otages du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran, qui a duré 444 jours, les relations diplomatiques sont au point mort. Les contacts officieux sont rares. Seuls quelques signes témoignent d’une lente évolution : le drapeau américain n’est plus foulé aux pieds lors des défilés militaires et les slogans antiaméricains ont été effacés des grands hôtels. De plus, des échanges de messages par l’intermédiaire de tierces parties existent entre le président américain Bill Clinton et le président iranien Mohammad Khatami, qui ne débouchent sur aucun rapprochement politique concret. Froid avec Washington qui l’accuse toujours de «terrorisme» et de vouloir fabriquer l’arme atomique, l’Iran a accueilli ces derniers jours avec enthousiasme les présidents autrichien Thomas Klestil et grec Costis Stephanopoulos. M. Khatami s’apprête pour sa part à se rendre à Paris et peut-être à Berlin. Samedi encore, l’Iran a opposé une fin de non-recevoir à un nouvel appel des États-Unis au dialogue, formulé jeudi par le secrétaire d’État adjoint chargé du Moyen-Orient, Martin Indyk, qui a aussi répété les exigences de Washington sur l’abandon par l’Iran du «soutien au terrorisme» et l’approbation du processus de paix. «Les dirigeants américains manquent de la volonté politique et nationale nécessaires pour modifier leur comportement vis-à-vis de l’Iran», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «Le mur de la méfiance est plus épais qu’auparavant», a-t-il déploré, reprenant l’expression utilisée par M. Khatami en janvier 1998 sur la chaîne américaine CNN, dans laquelle il avait préconisé une «brèche» dans ce «mur» par des échanges culturels et sportifs. Selon un analyste, «l’élection du réformateur Khatami en 1997 a paradoxalement compliqué une reprise des relations, car ce sujet est redevenu un enjeu de politique intérieure entre les deux forces. Or, le Guide Ali Khamenei a le dernier mot sur la politique étrangère. Il aurait peut-être plus facilement donné son feu vert aux conservateurs». «Les remarques de M. Indyk donnent l’impression que les États-Unis veulent améliorer leurs relations avec l’Iran. En fait, elles indiquent clairement les préconditions que veut dicter Washington», assure dimanche le quotidien conservateur anglophone Tehran Times. L’Iran réfute totalement les termes des conditions américaines à la reprise du dialogue. Il retourne à Washington l’accusation de «soutien au terrorisme», continue d’aider les mouvements libanais et palestiniens hostiles au processus de paix et se défend d’utiliser la recherche nucléaire à des fins autres que pacifiques.
L’Iran, au moment où il multiplie les contacts au plus haut niveau avec l’Union européenne, refuse toujours tout dialogue officiel avec les États-Unis, malgré les appels répétés du pied de Washington. Rompues en avril 1980, en pleine prise d’otages du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran, qui a duré 444 jours, les relations diplomatiques sont au point mort. Les contacts officieux sont rares. Seuls quelques signes témoignent d’une lente évolution : le drapeau américain n’est plus foulé aux pieds lors des défilés militaires et les slogans antiaméricains ont été effacés des grands hôtels. De plus, des échanges de messages par l’intermédiaire de tierces parties existent entre le président américain Bill Clinton et le président iranien Mohammad Khatami, qui ne débouchent sur aucun...
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