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Actualités - Chronologie

La première association internationale d'aide médicale

Soigner et témoigner : née du cri de révolte d’une poignée de médecins français en décembre 1971, l’association Médecins sans Frontières (MSF) a été consacrée en recevant vendredi le prix Nobel de la paix 1999. Ceux qui sont connus dans le monde entier comme les «French Doctors» sont intervenus dans plus de 80 pays, pour apporter une aide médicale aux victimes des crises, mais aussi pour témoigner sur les violations flagrantes des droits de l’homme. «Ils se sont mêlés de ce qui ne les regardait pas «, explique l’un des fondateurs de MSF, Bernard Kouchner, aujourd’hui administrateur de l’Onu au Kosovo, qui a impulsé le droit d’ingérence humanitaire. L’histoire de MSF, bien avant sa naissance officielle le 21 décembre 1971, a commencé au Biafra où un million de personnes sont mortes en trois ans (1967-1970). En même temps qu’elle apprend brutalement la médecine de guerre, une équipe de médecins français refuse de se taire sur le génocide d’un peuple à l’abandon. Ces hommes se retrouveront, en octobre 1970, pour aider le futur Bangladesh noyé sous un gigantesque raz-de-marée. Jusqu’alors, les organisations humanitaires de l’Onu n’intervenaient sur le terrain qu’avec l’accord des gouvernements. Quant à la Croix-Rouge, les fondateurs de MSF la jugeaient trop respectueuse des politiques officielles. Née de deux drames et d’une utopie humanitaire, MSF s’est imposée comme la première association internationale d’aide médicale avec plus de 10 000 volontaires, médicaux, paramédicaux, logisticiens et administrateurs. Depuis ses premières interventions, en 1972 au Nicaragua frappé par un violent tremblement de terre, en 1974 au Honduras après le passage d’un ouragan, depuis ses premiers camps de réfugiés en Thaïlande en 1975, sa première mission de guerre au Liban en 1976, MSF a élaboré ses méthodes et ses règles d’intervention, aujourd’hui reconnues. 2 000 volontaires par an Outre l’aspect purement médical ou chirurgical de son action, elle sait prendre en charge le stockage et la distribution des médicaments, la formation du personnel auxiliaire recruté sur place, le traitement des déchets ou de l’eau. Dans un contexte d’urgence, l’aspect logistique de l’intervention est indissociable de la médecine. MSF a compris que «l’action humanitaire ne se résume pas à une technique d’intervention mais que sans cette technique, perpétuellement réadaptée, elle se réduit à de pieuses et stériles invocations», explique Rony Brauman, qui a dirigé MSF de 1982 à 1994. Mais MSF n’a jamais perdu son âme et, tout en intervenant, témoigne. En septembre 1998, MSF s’est retirée de Corée du Nord en appelant les pays donateurs à réviser leur politique d’aide à ce pays, accusant les autorités de Pyongyang de détournement de l’aide humanitaire. En octobre 1998, l’organisation rendait publique une enquête de ses équipes sur des massacres de civils commis par les Serbes au Kosovo. L’organisation s’est «exportée» en Belgique à l’aube des années 80, puis en Suisse, aux Pays-Bas, en Espagne, au Japon, en Norvège entre autres, après avoir ouvert en 1987, une «Mission France» pour les exclus du système de santé français. Chaque année, 2 000 volontaires s’engagent pour quelques mois ou davantage. En 1999, MSF, présent dans 70 pays, dont 38 pour la seule section française, a envoyé des équipes notamment en Turquie, au Liberia, au Timor et au Kosovo. Même quand l’urgence se fait moins urgente, MSF reste sur le terrain : réhabilitation d’hôpitaux et de dispensaires, installation d’unités de soins dans les contrées les plus reculées, programmes de vaccination... Fidèle à sa volonté d’indépendance, l’organisation bénéficiait en 1998 d’un budget de 433 millions de francs (66 millions d’euros) provenant à 77 % de dons privés, le reste étant assuré par les financements institutionnels, dont Echo, l’Office humanitaire de l’Union européenne et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Sur 100 francs dépensés, 53 sont consacrés aux opérations en France et à l’étranger, 11,50 à la recherche de fonds, 5,25 au fonctionnement de l’association, 4 à l’information du public et au témoignage sur son action.
Soigner et témoigner : née du cri de révolte d’une poignée de médecins français en décembre 1971, l’association Médecins sans Frontières (MSF) a été consacrée en recevant vendredi le prix Nobel de la paix 1999. Ceux qui sont connus dans le monde entier comme les «French Doctors» sont intervenus dans plus de 80 pays, pour apporter une aide médicale aux victimes des crises, mais aussi pour témoigner sur les violations flagrantes des droits de l’homme. «Ils se sont mêlés de ce qui ne les regardait pas «, explique l’un des fondateurs de MSF, Bernard Kouchner, aujourd’hui administrateur de l’Onu au Kosovo, qui a impulsé le droit d’ingérence humanitaire. L’histoire de MSF, bien avant sa naissance officielle le 21 décembre 1971, a commencé au Biafra où un million de personnes sont mortes en trois ans...