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Actualités - Communiques Et Declarations

Riad Saadé : le Liban agricole est en faillite

L’agriculture représente environ 8 % du produit intérieur brut libanais et cette part atteint 20 à 25 % si on inclut les activités liées à l’agriculture, tels que le transport, les frigos, les emballages, etc. Elle emploie 8 % de la population active et jusqu’à 50 % de la population a un lien économique avec ce secteur. C’est dire son importance dans le pays, déclare Riad Saadé qui regrette la situation de «faillite totale» de ce secteur au Liban. Selon le directeur du Centre de recherches et d’études agricoles libanais qui a présenté hier son rapport d’activité annuel, les produits libanais sont dans l’ensemble chers et inadaptés. «Le Liban, qui disposait des meilleures techniques agricoles en 1975, produit aujourd’hui des biens de mauvaise qualité, faute d’investissement et de politique de développement du secteur». Ceci s’explique en partie par le coût élevé de la terre qui atteint les 250 dollars par dounom dans la Békaa et 1 000 dollars/dounom dans les régions de serre. «À la frontière nord, le prix de la terre est de 80 dollars/dounom côté libanais et de 4 dollars côté syrien», ajoute M. Saadé. La propriété terrienne morcelée empêche par ailleurs l’introduction de techniques modernes et la création d’économies d’échelles, sans compter que 15 % des terres sont des biens de main morte (waqf), c’est-à-dire que leur exploitation est bloquée. Du côté de la main-d’œuvre, à cause de la guerre et des profits faciles, notamment liés aux cultures illicites, la majorité des Libanais a perdu le goût du travail agricole, qui reste pénible, explique Riad Saadé. Le travail de la terre est désormais souvent assuré par des étrangers, les saisonniers syriens étant entre 200 000 et 400 000. Enfin, les capitaux manquent tant pour assurer un fonds de roulement que pour investir dans de nouveaux projets. Ce tableau, certes noir, ne doit pas conduire à désespérer, tempère M. Saadé. «Les investissements dans des projets agroalimentaires sont très prometteurs. Je suis convaincu qu’il existe un grand potentiel à l’exportation pour les produits culinaires traditionnels du type du hommos». Le passage de l’agriculture traditionnelle à l’industrie agroalimentaire risque toutefois d’occulter les autres fonctions de ce secteur : sociale et de protection de l’environnement, sans oublier l’importance de la sécurité et de l’indépendance alimentaire d’un pays. «Seul un plan d’aménagement global du territoire peut prendre en compte l’ensemble de ces aspects et assurer un développement agricole durable», conclut M. Saadé, en guise d’interpellation des pouvoirs publics.
L’agriculture représente environ 8 % du produit intérieur brut libanais et cette part atteint 20 à 25 % si on inclut les activités liées à l’agriculture, tels que le transport, les frigos, les emballages, etc. Elle emploie 8 % de la population active et jusqu’à 50 % de la population a un lien économique avec ce secteur. C’est dire son importance dans le pays, déclare Riad Saadé qui regrette la situation de «faillite totale» de ce secteur au Liban. Selon le directeur du Centre de recherches et d’études agricoles libanais qui a présenté hier son rapport d’activité annuel, les produits libanais sont dans l’ensemble chers et inadaptés. «Le Liban, qui disposait des meilleures techniques agricoles en 1975, produit aujourd’hui des biens de mauvaise qualité, faute d’investissement et de politique de...