Détecter une explosion dans une mine d’or sud-africaine ou le lancement d’une navette spatiale en Floride, oui. Contrôler toutes les explosions à travers le monde, non. La vérification du Traité d’interdiction des essais nucléaires (CTBT) sera imparfaite, en dépit de l’installation d’un réseau international de capteurs pour accompagner la mise en œuvre de l’accord, selon des experts américains. La question est l’une des préoccupations principales de la majorité républicaine au Congrès américain, qui refuse de ratifier le CTBT. Si l’administration démocrate reconnaît que le traité n’est pas parfait, elle estime toutefois que les États-Unis doivent montrer l’exemple dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. Pour Richard Gustafson, responsable au Pentagone d’un prototype de centre international de collecte de données sur d’éventuels essais nucléaires, les matériels actuels permettent une bonne vérification. Le prototype reçoit et analyse des informations en provenance de 150 postes d’observation disséminés dans le monde. Après la mise en œuvre du CTBT, le système de contrôle, basé à Vienne, en comptera le double, avec 300 censeurs. Depuis son entrée en fonctions il y a cinq ans, le centre, situé près de Washington, a enregistré plus de 80 000 événements, dont une majorité de séismes et treize essais nucléaires. Toutes les données sont analysées par des logiciels développés aux États-Unis. Les appareils sont capables d’enregistrer des vibrations, des ondes, des sons, les mouvements des océans et même la radioactivité de l’air. En cas d’essai nucléaire, une alarme retentit. Ce fut le cas en juillet 1998 lorsque l’Inde et le Pakistan ont procédé à des essais nucléaires souterrains. Le système a pu situer l’explosion indienne à cinq kilomètres près, et sa localisation des essais pakistanais a ensuite été confirmée par des images satellites fournies par les Indiens. Les responsables du centre affirment que leur système est en mesure de détecter des explosions beaucoup moins puissantes que celle de dix kilotonnes effectuée par les Indiens. «Nos résultats et simulations sur l’ensemble du système indiquent qu’elles seraient capables de détecter une explosion d’environ 100 tonnes dans l’hémisphère nord et d’environ 500 tonnes dans l’hémisphère sud», assure M. Gustafson. Le réseau a détecté des explosions dans des mines et des carrières à ciel ouvert en Afrique du Sud, en Amérique du Nord et en Europe. Des capteurs à infrason ont enregistré l’atterrissage aux États-Unis de la navette spatiale américaine Columbia le 27 juillet, en étant situés à 3 680 kilomètres.
Détecter une explosion dans une mine d’or sud-africaine ou le lancement d’une navette spatiale en Floride, oui. Contrôler toutes les explosions à travers le monde, non. La vérification du Traité d’interdiction des essais nucléaires (CTBT) sera imparfaite, en dépit de l’installation d’un réseau international de capteurs pour accompagner la mise en œuvre de l’accord, selon des experts américains. La question est l’une des préoccupations principales de la majorité républicaine au Congrès américain, qui refuse de ratifier le CTBT. Si l’administration démocrate reconnaît que le traité n’est pas parfait, elle estime toutefois que les États-Unis doivent montrer l’exemple dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. Pour Richard Gustafson, responsable au Pentagone...
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