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Actualités - Chronologie

L'économie, principale ennemie de l'armée

Au nom de la stabilité, l’armée a de nouveau pris le pouvoir au Pakistan mais les réalités économiques risquent de faire tourner court toute tentative d’établir un régime militaire à long terme. Le Pakistan a passé la moitié de ses 52 années d’indépendance sous la férule des militaires mais cette fois, ils n’ont donné aucune précision sur leurs intentions et – fait révélateur – ils n’ont toujours pas dissous le Parlement. Le général Pervez Musharraf, qui a conduit le putsch de mardi contre le Premier ministre, Nawaz Sharif, a annoncé hier matin qu’il ferait rapidement une déclaration de politique. Mais déjà, en plus de l’avenir de la démocratie pakistanaise, ce sont des milliards de dollars de prêts internationaux qui sont en jeu. Le Pakistan avait récemment réussi à persuader plusieurs banques internationales de renouveler leurs prêts d’un montant de 877 millions de dollars. Ces accords n’ayant pas été formalisés, ils pourraient facilement être gelés, voire annulés, estiment les analystes. Le versement de la troisième tranche d’un prêt de 1,56 milliard de dollars par le Fonds monétaire international est également remis en question. Même avant le coup d’État de mardi, le troisième paiement était sujet à caution. Pour les économistes, dans et hors Pakistan, les militaires ne sont pas vraiment aptes à sortir le pays d’une crise économique aiguë malgré les promesses de Musharraf. Dans son discours d’hier, le nouvel homme fort du Pakistan a reconnu que l’économie était «au bord de l’effondrement». Il a expliqué que l’armée, «ultime recours», était intervenue pour mettre fin «aux troubles et à l’incertitude» et pour empêcher que la situation ne se détériore un peu plus. En plus des questions économiques, l’armée devra tenter de mettre fin à une vague de violences ethniques qui a coûté la vie à une vingtaine de personnes en un mois et répondre aux demandes d’élections de l’opposition. Depuis son exil londonien, l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto a exigé la tenue d’élections «libres et équitables» dans les trois mois. «J’ai peur que (si le scrutin n’est pas organisé rapidement), le chaos économique ne grandisse et avec lui les menaces contre l’intégrité territoriale pakistanaise (de l’Inde)», a-t-elle déclaré. De son côté, l’ancien chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Aslam Baig, a annoncé que le général Musharraf s’apprêtait à mettre en place un gouvernement intérimaire qui devrait rester au pouvoir deux ans. Contrairement aux coups d’État de 1958, 1969 et 1977, Musharraf n’a pas instauré la loi martiale, qui implique la dissolution automatique du Parlement et la suspension de la Constitution. Sharif pourrait choisir de régler la situation devant les tribunaux, estiment les politologues. Il est coutumier du fait. En 1993, il avait contesté son limogeage par le président Ghulam Ishaq Khan et avait été replacé à la tête du pays par décision de la Cour suprême. L’armée devrait éprouver quelques difficultés à faire approuver à la Cour suprême la destitution de Sharif, alors que la Constitution ne reconnaît pas la légalité des putschs militaires. Cependant, Musharraf devrait pouvoir compter sur une partie de l’opposition qui a renforcé sa campagne anti-Sharif au cours des derniers mois.
Au nom de la stabilité, l’armée a de nouveau pris le pouvoir au Pakistan mais les réalités économiques risquent de faire tourner court toute tentative d’établir un régime militaire à long terme. Le Pakistan a passé la moitié de ses 52 années d’indépendance sous la férule des militaires mais cette fois, ils n’ont donné aucune précision sur leurs intentions et – fait révélateur – ils n’ont toujours pas dissous le Parlement. Le général Pervez Musharraf, qui a conduit le putsch de mardi contre le Premier ministre, Nawaz Sharif, a annoncé hier matin qu’il ferait rapidement une déclaration de politique. Mais déjà, en plus de l’avenir de la démocratie pakistanaise, ce sont des milliards de dollars de prêts internationaux qui sont en jeu. Le Pakistan avait récemment réussi à persuader plusieurs...