Le marché des changes de Beyrouth a entamé la semaine hier sur un ton stationnaire dans un climat très calme marqué par une sensible contraction de l’offre et de la demande du dollar. Celui-ci ne devait donc pas bouger surtout après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu en l’état ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, pour clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un mois. Toutefois, le billet vert continuait à être pratiquement négocié au bas de la fourchette d’intervention de la BDL après que les offres l’eurent emporté sur les besoins commerciaux du marché en cette monnaie, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas dépasser quelque sept millions de dollars dont la moitié auraient été absorbés par la BDL à 1 501,00 LL. Dollar légèrement vulnérable, Tokyo et New York en vacances À l’étranger, le yen s’est apprécié vis-à-vis du dollar, tandis que l’euro est resté confiné dans d’étroites limites, hier, sur les marchés des changes européens rendus peu actifs par la fermeture de la place de Tokyo à l’occasion d’une fête nationale et de New York pour le Columbus Day. La parité dollar/yen a enregistré le mouvement le plus marqué. La devise japonaise a gagné du terrain face au billet vert, alors que s’estompaient les spéculations concernant un éventuel assouplissement du crédit, demain, à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque du Japon. La monnaie unique européenne est restée pour sa part pratiquement inchangée face au billet vert et n’a pas réagi à une légère révision à la hausse hier matin des données sur la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au deuxième trimestre 1999, à 0,50 % contre 0,40 % au cours du premier trimestre 1999. L’euro n’a pas été sensible non plus aux déclarations faites hier par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg. Ce dernier a notamment affirmé qu’il est indispensable de suivre de près la croissance de la masse monétaire à moyen terme et a insisté à plusieurs reprises sur le fait que le maintien sur le moyen terme de la stabilité des prix était la mission première de la BCE. Mais selon les analystes de marchés, Wim Duisenberg n’a rien dit de nouveau par rapport aux déclarations qu’il avait faites jeudi dernier après la décision de la BCE de maintenir sa politique monétaire en l’état. Certes, la plupart des opérateurs restent persuadés, à la lumière de la hausse des prix pétroliers, que la BCE ne va pas tarder à resserrer sa politique monétaire, ce qui va contribuer à soutenir l’euro à moyen terme. Quant à la livre sterling, elle s’est légèrement appréciée après l’annonce hier matin d’une progression plus importante que prévu des prix à la production en Grande-Bretagne de 0,3 % le mois dernier. Pourtant, l’engouement pour le sterling est resté limité, les opérateurs attendant surtout les données britanniques sur l’inflation aujourd’hui et celles sur l’emploi demain, qui devraient mettre à nouveau en évidence la reprise économique du Royaume-Uni. C’est dans ce contexte que le dollar a achevé la journée d’hier sur un ton un peu vulnérable, en l’absence d’indications new-yorkaises, comme suit : – 1,0640 pour un euro contre 1,0620, vendredi dernier, à New York. – 1,6525 pour un sterling contre 1,6520 – 1,8385 DM contre 1,8415 – 6,1655 FF contre 6,1755 – 1,50 FS contre 1,5025 – 1 820,00 lires contre 1 822,90 – 106,70 yens contre 107,55. Bourse de Beyrouth : marché stable et étriqué Sur le marché des valeurs mobilières libanaises, la Bourse de Beyrouth a observé en ce début de semaine un statu quo, toutes les valeurs qui ont fait l’objet de transactions hier ayant reproduit leurs derniers cours de vendredi sans aucune exception. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu invariablement à 75,35 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un marché étriqué où seulement 8 306 actions ont changé de main d’une valeur globale de 56 888 dollars. Wall Street : réduction des gains Sur les autres places internationales, Wall Street, qui avait démarré la séance d’hier en baisse dans un marché indécis en ce jour «semi-férié» aux États-Unis pour le Columbus Day, a renoué avec la hausse ensuite. Ce mouvement est intervenu après un discours d’Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), devant l’association des banquiers américains dans lequel ce dernier a soigneusement évité le sujet de la politique monétaire, se limitant à des questions de réglementation bancaire. La place boursière américaine s’était bien reprise la semaine dernière après un mois de baisse, avec un gain de 3,67 % du Dow Jones des industrielles et de 5,47 % du Nasdaq. Mais les opérateurs restent encore partagés sur les risques de hausse des taux de la Fed lors de la prochaine réunion du comité de l’open market de la Banque centrale américaine en novembre. Certes, la perspective de voir les résultats financiers des entreprises américaines pour le troisième trimestre, qui seront publiés cette semaine, assez bons est venue redonner encore d’actualité à l’achat d’actions de sociétés telles que General Motors, Caterpillar, International Paper, Boeing, Intel, etc… Mais la propension de certains opérateurs à engranger les gains que leur procure la récente hausse des valeurs américaines a eu pour effet de ralentir le mouvement ascensionnel de la cote. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui est remonté d’un plus bas à 10 634,88 points à un plus haut à 10 719,10 points, est revenu en préclôture à 10 667,81 points, en hausse de 18,05 points sur vendredi dernier. Hausse modérée des Bourses européennes La plupart des Bourses européennes ont clôturé la séance de lundi en hausse modérée, voire sans grand changement, dans une tendance influencée par la bonne tenue de Wall Street à l’ouverture. Orientée à la hausse en début de séance, la grande place américaine restait toutefois fort peu active en raison du congé du Columbus Day, à l’occasion duquel le marché obligataire américain était fermé. En clôture, l’indice CAC 40 de Paris était quasi inchangé à +0,01 %, tandis que Londres gagnait 0,57 %, Amstersam 0,89 %, Madrid 0,38 % et Zurich 0,19 %. En revanche, Francfort cédait 0,09 %, Milan 0,20 % et Bruxelles 0,76 %. Les indices multipays reflétaient la tendance. L’Eurotop 300, paneuropéen, progressait de 0,35 %, tandis que l’Eurostoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, gagnait 0,15 %. Les pharmaceutiques sont restées bien orientées tout au long de la journée sur des rumeurs de fusion. À Londres, SmithKline Beechan clôturait sur une hausse de 4,91 % après des informations évoquant l’hypothèse d’une retraite anticipée pour son patron Jan Leschly. Les marchés y voient la possibilité d’un préalable au rapprochement du groupe avec son concurrent Glaxo Wellcome, lui-même en hausse de 3,99 %. Leur concurrent AstraZeneca s’appréciait de 2,02 %. À Paris, Sanofi-Synthélabo bénéficiait de la tendance en gagnant 3,58 %. Les valeurs de télécoms connaissaient pour la plupart de vigoureuses hausses après l’annonce du rachat de la société britannique Racal Telecom par l’américain Global Crossing au montant de 1,65 milliard de dollars, soit davantage que l’offre formulée par Energis Plc. British Telecom (BT) s’appréciait de 2,36 %, Vodafone de 4,04 %, Cable & Wireless de 0,83 % et Orange de 5,18 %. Après avoir reculé de près de 3 % en milieu de journée, Energis s’est rétablie pour clôturer sur un gain de 2,12 %. De même, l’espagnole Telefonica progressait de 1,22 % notamment en raison de plusieurs recommandations sur le titre. En revanche, France Télécom et Deutsche Telekom faisaient l’objet de prises de bénéfices. L’opérateur français cédait 2,64 % et son concucrrent allemand 2,07 %. Deutsche Telekom, qui apportera se participation de 10 % dans l’américain Sprint à l’OPA WorldCom, a reconnu ce week-end qu’il comptait céder à France Télécom sa participation de 25 % dans l’américain Global One. Alcatel gagnait 2,68 %. Le groupe a annoncé à Telecom 99 – principal salon mondial des télécommunications actuellement en cours à Genève – qu’il allait investir 180 millions de dollars dans l’optique. À la distribution, J. Sainsbury bondissait de 4,34 %. Le groupe britannique a pourtant opposé un démenti à un article du Sunday Times d’après lequel il serait à la recherche d’un partenaire européen ou américain. Son compatriote et concurrent Somerfield, qui a bénéficié du relèvement de la recommandation des analystes de SG Securities de «conserver» à «acheter», faisait encore mieux et gagnait 5,38 %. Le groupe de supermarchés a par ailleurs démenti un article du Financial Times du week-end lui attribuant l’intention de céder 200 de ses principaux magasins. À Francfort, Karstadt s’adjugeait 1,75 %, tandis qu’à Paris, Carrefour prenait 2,07 %. En revanche, Casino reculait de 1,87 % et Pinault-Printemps-Redoute 2,01 %. Au chapitre des compartiments en baisse, les valeurs de l’énergie poursuivaient leur recul en réaction à la faiblesse des cours du brut. À Paris, TotalFina, premier volume de la cote avec 1,9 million de titres, a perdu 1,75 % et Elf 3,04 %. Aux transports, enfin, Railtrack pâtissait lourdement de la catastrophe ferroviaire de la semaine dernière en Grande-Bretagne. Le titre cédait 4,37 %.
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