La Chine, principal frein à l'explosion démographique mondiale
le 11 octobre 1999 à 00h00
Pays le plus peuplé du monde, la Chine est également celui qui a contribué le plus à freiner l’explosion démographique mondiale au cours des 20 dernières années, même si c’est au prix de très lourds sacrifices consentis par sa population. «La Chine a mené la politique de contrôle des naissances la plus réussie dans l’histoire de l’humanité en termes quantitatifs et en faisant cela elle a rendu un grand service au monde», note Sven Burmester, le représentant à Pékin du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Sans cette politique, le cap des 6 milliards d’humains, que la Terre s’apprête à atteindre le 12 octobre, aurait été franchi «il y a déjà trois ou quatre ans», selon M. Burmester. Si la fécondité des Chinoises était restée au niveau de 1970, soit 5,8 enfants par femme, poursuit-il, la Chine compterait actuellement 800 millions d’habitants supplémentaires, soit plus de 2 milliards d’habitants, alors que selon les statistiques officielles, la Chine en comptait 1 248 millions fin 1998. Selon les autorités, 300 à 400 millions de naissances ont été évitées grâce au contrôle des naissances. Bien que la population soit appelée à augmenter pour se stabiliser à 1 600 millions d’habitants en 2050, elle devrait être dépassée par celle de l’Inde, qui croît nettement plus vite, dans 25 ans environ. Le régime communiste ne s’est mis que tardivement à réaliser les risques de la surpopulation : la population a doublé, passant d’environ 500 millions à un milliard entre l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949 et le début du contrôle des naissances au début des années 1980 : Mao Tsé-Toung avait même jugé bon d’encourager la natalité dans l’espoir d’accroître la puissance du pays. Pour parvenir à une fécondité officielle moyenne de 1,8 enfant par femme en 1998 (soit moins que le taux de 2,1 enfants par femme nécessaire pour la reproduction d’une population), la Chine s’est dotée à la fin des années 70 de l’une des politiques de contrôle des naissances les plus contraignantes jamais imposées à un peuple. Au centre de cette politique figure la limitation stricte des naissances à un enfant par couple, ponctuée de sanctions radicales pour les contrevenants, pouvant aller de simples amendes à la perte de l’emploi ou à la destruction du logement, sans parler des avortements ou des stérilisations dénoncées par les associations de défense des droits de l’homme. Contrairement aux campagnes où les femmes ont encore souvent deux à trois enfants, le succès de la politique de l’enfant unique dans les villes a été tel que les autorités ont commencé à l’assouplir, pour éviter des distorsions trop criantes entre les villes et les campagnes – où des millions de naissances ne sont plus déclarées – mais également entre les sexes. C’est ainsi que la préférence traditionnelle des Chinois pour un descendant mâle s’est traduite par une multiplication des avortements de foetus de sexe féminin voire des infanticides de petites filles, conduisant à un excédent de population masculine de près de 20 % : soit à terme 110 millions de Chinois qui ne trouveront pas d’épouses. Avec l’aide de l’Onu mais également de plusieurs pays tiers, des expériences pilotes ont été tentées pour réduire les aspects les plus coercitifs du contrôle des naissances et leur substituer une approche plus éducative.
Pays le plus peuplé du monde, la Chine est également celui qui a contribué le plus à freiner l’explosion démographique mondiale au cours des 20 dernières années, même si c’est au prix de très lourds sacrifices consentis par sa population. «La Chine a mené la politique de contrôle des naissances la plus réussie dans l’histoire de l’humanité en termes quantitatifs et en faisant cela elle a rendu un grand service au monde», note Sven Burmester, le représentant à Pékin du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Sans cette politique, le cap des 6 milliards d’humains, que la Terre s’apprête à atteindre le 12 octobre, aurait été franchi «il y a déjà trois ou quatre ans», selon M. Burmester. Si la fécondité des Chinoises était restée au niveau de 1970, soit 5,8 enfants par femme, poursuit-il,...
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