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Actualités - Chronologie

La Chine célèbre le 2550e anniversaire de Confucius

Les Chinois, qui ont marqué jeudi le 2 550e anniversaire de la naissance de Confucius, continuent à considérer le philosophe comme leur plus grand penseur, malgré les attaques dont il a fait l’objet en 50 années de régime communiste. «La Chine protège les valeurs confucéennes. Elles ne peuvent être séparées de notre façon de penser», assure Shen Ming, un disciple du grand homme venu spécialement à Pékin depuis sa lointaine province du Zhejiang (est) afin de se recueillir au temple de Confucius. Selon lui, «le code moral confucéen reste en place, même s’il est lentement entamé par l’influence occidentale». Le président Jiang Zemin devait participer dans la journée à une cérémonie en mémoire du grand homme. Le régime a récemment réhabilité la pensée de Confucius, présenté comme un rempart contre la décadence et l’immoralité supposées de l’Occident. Chaque année, des centaines de milliers de touristes visitent la ville de Qufu, dans l’est de la Chine, où Confucius a vu le jour en 551 av. J-C et où il est revenu mourir en 479. Après avoir vécu dans la plus abjecte pauvreté comme petit fonctionnaire ou précepteur, Confucius, déjà âgé, entamait un voyage de 14 ans dans toute la Chine, prêchant aux puissants la droiture et la bienveillance et aux faibles l’obéissance et le sens du devoir. Bouleversé par l’anarchie régnant à l’époque des Printemps et des Automnes, Confucius en appelait à la tradition dans l’espoir de rétablir l’âge d’or qui prévalait selon lui au début de la dynastie des Zhou, quand la Chine était unifiée sur son berceau historique du fleuve Jaune (centre). «Confucius est en grande partie l’architecte de la société chinoise traditionnelle, parce qu’il a enseigné aux gens qu’il était de leur responsabilité de maintenir une société saine», estime Wang Shouchang, professeur de philosophie à l’Université de Pékin. Ignoré de son vivant, Confucius devenait sous la dynastie des Han (221 av. J-C) la référence du pouvoir qui faisait de ses enseignements une religion d’État, statut qui se maintiendra jusqu’à la chute de l’empire en 1911. La pensée du sage, ingurgitée par cœur, devient le fondement du système éducatif et l’un des seuls critères pour l’obtention d’un poste administratif. Au contact de l’Occident, les jeunes lettrés chinois n’ont commencé à remettre en cause la toute puissance du dogme confucianiste qu’à la fin du siècle dernier, l’accusant d’être responsable de l’arriération de la société chinoise. À la fin de la Révolution culturelle (1966-76), le régime communiste prenait le relais en engageant une vaste campagne de mobilisation contre l’humanisme confucéen, le sage étant lui-même accusé d’être un suppôt de l’esclavagisme et un «réactionnaire». Aujourd’hui, la pensée du philosophe reste largement ignorée de la plupart des Chinois. «Les petites gens comme nous ne savent pas grand-chose de Confucius», avoue Zhang Xiaohui, une agente immobilière de 48 ans. «Je n’ai pas lu ses œuvres depuis au moins 20 ans, et c’était lors des séances de critique de la Révolution culturelle», se souvient-elle. Alors que Mao Tsé-Toung lui-même était très influencé par Confucius, «le triste résultat de ces campagnes c’est qu’aujourd’hui la plupart des gens ne comprennent pas vraiment Confucius, parce que nous avons dû étudier la pensée Mao et celle de Deng Xiaoping à la place», commente un enseignant qui a requis l’anonymat. Aujourd’hui, les gens manquent de repères, déplore-t-il, tout en regrettant que le confucianisme ne soit plus enseigné. «Avant l’arrivée au pouvoir des communistes, les gens étaient beaucoup plus civilisés», assure-t-il. Zhang Qi, un étudiant pékinois de 21 ans, estime que les jeunes d’aujourd’hui jugent la pensée de Confucius trop traditionnelle. «Si mes parents ont raison, je veux bien leur obéir. Mais s’ils ont tort, pourquoi ne devrais-je pas les contredire ?», se demande-t-il.
Les Chinois, qui ont marqué jeudi le 2 550e anniversaire de la naissance de Confucius, continuent à considérer le philosophe comme leur plus grand penseur, malgré les attaques dont il a fait l’objet en 50 années de régime communiste. «La Chine protège les valeurs confucéennes. Elles ne peuvent être séparées de notre façon de penser», assure Shen Ming, un disciple du grand homme venu spécialement à Pékin depuis sa lointaine province du Zhejiang (est) afin de se recueillir au temple de Confucius. Selon lui, «le code moral confucéen reste en place, même s’il est lentement entamé par l’influence occidentale». Le président Jiang Zemin devait participer dans la journée à une cérémonie en mémoire du grand homme. Le régime a récemment réhabilité la pensée de Confucius, présenté comme un rempart contre la...