Le cyclisme professionnel aux mains des professionnels. C’est l’axe du grand projet que Hein Verbruggen, président de l’Union cycliste internationale (UCI), espère mettre en place au plus vite. Ce projet, dévoilé jeudi par Hein Verbruggen au congrès de l’UCI à Vérone, donne un réel pouvoir d’organisation à un conseil, une sorte de ligue, qui remplacerait l’actuelle commission route Élite aux pouvoirs limités. Selon le projet, le champ de compétences de ce conseil s’étendrait à la plupart des sujets touchant au cyclisme de l’élite, à l’exclusion notable du dopage. Les trois «familles» du cyclisme, organisateurs, groupes sportifs et coureurs, seraient présentes dans ce conseil (à raison de deux membres chacune, dont le président de chaque association) qui comprendrait également six membres désignés par le comité directeur de l’UCI avec un président salarié, appelé à devenir le «patron» du cyclisme professionnel. Pour mener à bien ce chantier de grande envergure, le président de l’UCI est décidé à aller vite : «Une réunion est prévue fin novembre, nous continuerons à discuter ensuite, mais j’aimerais bien qu’une décision définitive soit prise au comité directeur de fin janvier, aux championnats du monde de cyclo-cross». Hein Verbruggen a rappelé toutefois qu’il n’était pas question pour l’UCI de perdre le contrôle du cyclisme de haut niveau. «Il s’agit de donner une structure professionnelle au sein de l’UCI. Le secteur professionnel aura une certaine autorité, une certaine autonomie mais il agira sous l’égide de l’UCI et de son comité directeur». Un accord quasi général Ce projet a suscité de fortes réserves de la part de Daniel Baal, vice-président de l’UCI et président de la Fédération française. «J’y vois le risque d’arriver à un système complètement indépendant», a commenté le dirigeant français qui a déjà marqué son opposition à la possibilité d’affiliation directe pour les équipes auprès de l’UCI. «L’étape suivante sera la délivrance des licences hors des fédérations nationales», a estimé Daniel Baal pour souligner son hostilité au projet. «Dans un scénario catastrophe, on peut imaginer que les championnats du monde seront disputés dans quelques années par équipes de marques et non plus par équipes nationales». La réforme Verbruggen a reçu l’aval de l’Assocation des organisateurs (AIOCC), présidée par Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France, et de la nouvelle Association des coureurs (CPA) dont le président est l’Italien Francesco Moser. Cette réforme fondamentale, dont les modalités n’ont pas encore été fixées définitivement, pourrait aussi à terme rééquilibrer les pouvoirs au sein du cyclisme. Les groupes sportifs, par l’intermédiaire de leur association (AIGCP) présidée par l’Espagnol Manolo Saiz, se sont déjà montrés très intéressés par ce projet susceptible d’asseoir leur continuité, au-delà des aléas liés à la présence ou au retrait d’une firme. À l’avenir, selon l’un des objectifs du plan Verbruggen, les équipes de première division pourraient constituer des structures complètes, s’occupant également d’autres entités (clubs, juniors, etc). L’exemple de Mapei en Italie va dans ce sens.
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