Quand c’est un cinéaste français qui parle, on comprend. Surtout s’agissant de Bertrand Tavernier – toujours à la pointe du combat pour «l’exception culturelle» (française, évidemment) – qui s’exprimait lors du dernier Festival de San Sebastian, où il présidait le jury : «Je refuse les cinéastes moutonniers et anesthésiés, soumis à la dictature du “star system” imposé par Hollywood». Et Tavernier avait cru devoir ajouter : «Le cinéma n’a pas commencé avec Tarantino»... ce qui est exact, remarquez. Mais il est autrement plus inattendu de voir des Américains suivre le mouvement. Ainsi l’actrice Sigourney Weaver qui déclarait : «Aujourd’hui, Hollywood n’offre plus de rôles intéressants, contrairement au cinéma indépendant». C’est d’ailleurs un jeune producteur indépendant (des «Majors») qui précisait : «Essayez donc de trouver, à Hollywood, un distributeur si votre film ne contient ni explosions, ni violence, ni sexe. Il faut que l’histoire attire les ados, ce sont eux qui vont au cinéma, n’est-ce pas?!». Résultat(s)? On connaît... Dans la même perspective, une revue américaine fort bien faite et très lue, Entertainment Weekly, publiait récemment un article intitulé : «Si c’était nous qui dirigions Hollywood», une sorte de mémorandum qui ne ménageait pas les grands studios. Résumé : oubliez ces budgets record ridicules et ces énormes machines qui se veulent des «blockbusters»... MM. Nicolas Cage, Matthew McConaughey, Alec Baldwin et autres Bruce Willis, prêtez plus d’attention au choix de vos rôles... Aucune star, super ou non, ne devrait toucher plus de 10 millions de dollars par film, cela s’adresse à Travolta, à Tom Cruise, à DiCaprio et à tout autre «intéressé»... Etc, etc. Mais quel effet sur les «moguls» d’Hollywood? Pas le moindre, vous pariez? Conclusion nostalgique. Feu le grand cinéaste Samuel Fuller aimait à dire : «Le cinéma n’est pas de l’art, c’est beaucoup plus que de l’art. C’est la seule discipline artistique qui contienne toutes les autres». Oui, mais...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quand c’est un cinéaste français qui parle, on comprend. Surtout s’agissant de Bertrand Tavernier – toujours à la pointe du combat pour «l’exception culturelle» (française, évidemment) – qui s’exprimait lors du dernier Festival de San Sebastian, où il présidait le jury : «Je refuse les cinéastes moutonniers et anesthésiés, soumis à la dictature du “star system” imposé par Hollywood». Et Tavernier avait cru devoir ajouter : «Le cinéma n’a pas commencé avec Tarantino»... ce qui est exact, remarquez. Mais il est autrement plus inattendu de voir des Américains suivre le mouvement. Ainsi l’actrice Sigourney Weaver qui déclarait : «Aujourd’hui, Hollywood n’offre plus de rôles intéressants, contrairement au cinéma indépendant». C’est d’ailleurs un jeune producteur indépendant (des...