La poussée de l'extrême droite inquiète les chancelleries
le 05 octobre 1999 à 00h00
La percée spectaculaire de l’extrême droite a été accueillie avec inquiétude un peu partout dans le monde, de façon plus ou moins marquée selon les pays. Ainsi cette percée a provoqué lundi la consternation en Israël. Les résultats du Parti de la liberté (FPOe) de Joerg Haider, qui a obtenu 27,22 % des suffrages, devenant ainsi le deuxième parti autrichien, «changent le panorama politique et suscitent une grande inquiétude», a affirmé l’ancien Premier ministre israélien Shimon Peres, actuellement ministre de la Coopération régionale. Mais les réactions les plus violentes viennent de la presse israélienne. Le grand quotidien Yediot Aharonot consacre toute sa première page à l’événement avec un titre coup de poing sur fond rouge qui barre toute la «une» : “Un Autrichien sur quatre a voté pour un chancelier néonazi”. À Rome, la presse italienne se montrait extrêmement inquiète, qualifiant l’extrême droite autrichienne de «xénophobe et anti-européenne». Le Corriere della Sera, quotidien italien avec le plus fort tirage, publie en première page une caricature de Hitler sortant d’une urne et disant «Sieg Haider», une allusion au salut nazi «Sieg Heil». Le quotidien La Stampa s’inquiète du «risque de contagion» tandis que La Repubblica considère que ce résultat représente une «gifle à l’Europe». La presse espagnole titre sur «le danger néonazi» et l’«essor fasciste en Autriche». El Mundo (libéral) estime que le succès de Haider tient «à la lassitude des Autrichiens face au duopole que les populaires (ndlr : conservateurs) et les sociaux-démocrates ont exercé depuis la Deuxième guerre mondiale». La presse portugaise craint pour l’avenir d’«un des plus importants pays de l’Europe centrale». Pour Jornal de Noticias, de Porto, le plus fort tirage portugais, le résultat des législatives autrichiennes s’est traduit par l’«ascension d’un admirateur d’Hitler». La presse suisse voit également dans la percée aux élections de Joerg Haider l’érosion d’un système de partage de pouvoir entre deux grands partis et la confirmation de «l’irruption d’un populisme alpin» (Le Temps). La Tribune de Genève parle pour sa part d’un «séisme politique en Autriche». L’ensemble des quotidiens néerlandais s’inquiétaient également lundi. «Haider est un risque pour l’Autriche», estimait l’Algemeen Dagblad (droite). «La bêtise ne rebute pas les Autrichiens», estimait pour sa part De Volkskrant (centre-gauche). Trouw (protestant) décrit pour sa part Joerg Haider comme «une véritable girouette». En Suède, Svenska Dagbladet (conservateur) écrit que cette victoire «constitue un camouflet pour la coalition gauche-droite au pouvoir», tandis que Dagens Nyheter (indépendant) estime «choquant de constater la percée de l’extrême droite en Autriche alors que ce pays sans histoires a une économie florissante et presque pas de chômage». En Norvège, Aftenposten (indépendant) relève cependant que Haider «n’a pas réussi à distancer le parti conservateur avec la marge qu’il espérait», et en Finlande Helsingin Sanomat (indépendant) note que «les Autrichiens pensent comme Haider : ils n’aiment pas les étrangers ni l’idée de l’élargissement de l’Union européenne». Le journal slovaque indépendant Sme quant à lui fait une «constatation effrayante» : les électeurs en Autriche, l’un des pays les plus riches au sein de l’UE, ont choisi une «alternative apportant le plus de risques».
La percée spectaculaire de l’extrême droite a été accueillie avec inquiétude un peu partout dans le monde, de façon plus ou moins marquée selon les pays. Ainsi cette percée a provoqué lundi la consternation en Israël. Les résultats du Parti de la liberté (FPOe) de Joerg Haider, qui a obtenu 27,22 % des suffrages, devenant ainsi le deuxième parti autrichien, «changent le panorama politique et suscitent une grande inquiétude», a affirmé l’ancien Premier ministre israélien Shimon Peres, actuellement ministre de la Coopération régionale. Mais les réactions les plus violentes viennent de la presse israélienne. Le grand quotidien Yediot Aharonot consacre toute sa première page à l’événement avec un titre coup de poing sur fond rouge qui barre toute la «une» : “Un Autrichien sur quatre a voté pour un...
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