Histoire - Dénonciation du stalinisme dès 1934 Fejto, témoin d'un siècle fou
le 04 octobre 1999 à 00h00
L’historien et journaliste François Fejto apparaît, dans Le passager du siècle, un livre d’entretiens qui sort en France, comme un témoin exceptionnel des combats idéologiques de notre temps, comme un Européen libre et un des premiers intellectuels à dénoncer, dès 1934, le stalinisme. Né en Hongrie, juif baptisé catholique, français depuis les années 30, Fejto s’interroge, dans ses entretiens, publiés chez Hachette, avec le diplomate italien Maurizio Serra, sur les grandeurs et les folies du siècle qui s’achève, sur «le bien et le mal de notre civilisation». Jeudi soir, l’Institut hongrois de Paris a célébré le 90e anniversaire de l’auteur de la célèbre Histoire des démocraties populaires, traduite en une dizaine de langues. 1949 est une date-clé dans l’histoire de Fejto. Réfugié politique, il est alors mal vu par une certaine intelligentsia parisienne qui lui reproche d’avoir tourné le dos au «socialisme réel». L’appui de quelques amis de la Résistance lui ouvre les portes de l’Agence France-Presse. Il y restera trente ans. De l’AFP, il informe l’Occident de l’affaire Laszlo Rajk : accusé de titisme, cet ancien ministre hongrois, qui s’avoue coupable, est condamné et exécuté en 1949. À partir de ce simulacre de procès, Fejto brosse, pour la première fois hors de toute propagande, le tableau d’un nouveau système social, explique Serra. Le retentissement de son travail est considérable. Comme l’a dit le célèbre sociologue français Jean Duvignaud, Fejto a éveillé de nombreux intellectuels, à commencer par le philosophe Jean-Paul Sartre, de leur «sommeil dogmatique». Fejto, qui a côtoyé les grands leaders du monde, dialoguant avec Tito, Fidel Castro ou Willy Brandt, admirant et critiquant de Gaulle et Mitterrand, note par ailleurs dans cet ouvrage que le drame yougoslave a été pour lui «un des grands chagrins de ces dernières années». Selon lui, «on n’a tiré aucune leçon de l’échec en Bosnie pour prévenir le drame suivant, pourtant prévisible, celui du Kosovo». Comment ce défenseur d’une «social-démocratie réformée et modernisée, voit-il l’avenir? Il déplore «qu’en Occident du moins, la seule mobilisation, à part les cérémonies religieuses, soit liée au championnat du monde de football et à l’enterrement de la princesse Diana». Cet «honnête homme», au regard ironique et candide, porte finalement un regard pessimiste sur le XXIe siècle qui sera, prédit-il, le «siècle américain».
L’historien et journaliste François Fejto apparaît, dans Le passager du siècle, un livre d’entretiens qui sort en France, comme un témoin exceptionnel des combats idéologiques de notre temps, comme un Européen libre et un des premiers intellectuels à dénoncer, dès 1934, le stalinisme. Né en Hongrie, juif baptisé catholique, français depuis les années 30, Fejto s’interroge, dans ses entretiens, publiés chez Hachette, avec le diplomate italien Maurizio Serra, sur les grandeurs et les folies du siècle qui s’achève, sur «le bien et le mal de notre civilisation». Jeudi soir, l’Institut hongrois de Paris a célébré le 90e anniversaire de l’auteur de la célèbre Histoire des démocraties populaires, traduite en une dizaine de langues. 1949 est une date-clé dans l’histoire de Fejto. Réfugié politique, il est...
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