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Actualités - Chronologie

Yougoslavie L'opposition incapable de mobiliser face à Milosévic

Quelques jours seulement après avoir lancé en Serbie une campagne de rassemblements quotidiens contre le président yougoslave Slobodan Milosevic, l’Alliance pour des changements (SZP) est confrontée à son incapacité à mobiliser la population. Devant la faiblesse de la participation à ces meetings, particulièrement criante à Belgrade, le leader de la SZP, Zoran Djindjic, a laissé entendre que l’Alliance s’interrogeait sur la suite du mouvement. Il faut des changements avant la fin de l’année en Serbie, mais «nous ne pouvons pas les réaliser seuls, sans le peuple», a déclaré M. Djindjic. Dès la troisième journée de sa campagne pour la démission de M. Milosevic, l’Alliance a subi une véritable débâcle à Belgrade en ne rassemblant jeudi que quelque 3 000 personnes, dans une capitale de 2 millions d’habitants. Dans les villes de province, la participation est plutôt meilleure, mais elle a déjà commencé à décroître. Au total, en incluant Belgrade, moins de 30 000 personnes ont répondu jeudi à l’appel de la SZP, selon des estimations concordantes. La Serbie, qui forme avec le Monténégro la République fédérale de Yougoslavie (RFY), compte environ 10 millions d’habitants. L’Alliance pour des changements, dominée par le Parti démocratique (DS) de M. Djindjic, est donc pour le moment très loin des objectifs qu’elle s’était fixés. La SZP, avec laquelle coopère une coalition de moindre ampleur, l’Alliance des partis démocratiques (SDP), a appelé les Serbes à manifester chaque jour jusqu’à la chute de M. Milosevic. Si cet objectif est atteint, elle propose la formation d’un gouvernement de transition qui convoquerait des élections libres anticipées. À la veille du lancement de la campagne, M. Djindjic avait annoncé un élargissement rapide du mouvement, avec des meetings dans 16 villes le premier jour, dans 35 le deuxième et dans 50 le troisième. C’est le contraire qui s’est produit : la participation régresse, et seules une quinzaine de villes ont manifesté jeudi. C’est toute la stratégie de la SZP qui se trouve ainsi mise en question. Depuis l’apparition du mouvement contre le régime il y a trois mois, après la fin de la guerre du Kosovo et des bombardements de l’Otan sur la Yougoslavie, l’Alliance affirme que seule une mobilisation populaire massive pourra contraindre le président Milosevic à quitter le pouvoir. «Il ne partira que si deux millions de citoyens de Serbie descendent dans les rues», déclarait M. Djindjic en août. Dès jeudi, le président du DS a évoqué la possibilité d’un échec. «Nous pensions qu’il faudrait une période pour que la campagne prenne son élan avant que les choses ne deviennent plus sérieuses», a-t-il déclaré. «Si cela ne se produit pas, cela signifie que les gens ne sont pas prêts à lutter pour leurs droits». «Nous prenons à notre compte le poids de l’organisation du mouvement et celui d’un éventuel échec, mais le succès dépend de la disposition du peuple à participer», a-t-il dit. Le rival de M. Djindjic, Vuk Draskovic, président du Mouvement serbe du renouveau (SPO), estime depuis des semaines que les manifestations contre le régime sont inefficaces et que le seul moyen de faire tomber M. Milosevic est la tenue d’élections anticipées. «La SZP a choisi une stratégie complètement inappropriée», a-t-il répété jeudi. La coalition au pouvoir et les médias officiels ont bien entendu souligné le niveau peu élevé de participation à la campagne de la SZP. Tout en renouvelant leurs attaques contre l’Alliance, accusée d’être payée par l’Otan et les Américains pour détruire la Yougoslavie, ils ont traité le mouvement par le dédain. L’ultranationaliste Vojislav Seselj, vice-Premier ministre serbe, a même qualifié les leaders de l’Alliance de «comiques». «Le rôle de la SZP, a-t-il déclaré, n’est pas forcément négatif, car elle sert à divertir le peuple en Serbie».
Quelques jours seulement après avoir lancé en Serbie une campagne de rassemblements quotidiens contre le président yougoslave Slobodan Milosevic, l’Alliance pour des changements (SZP) est confrontée à son incapacité à mobiliser la population. Devant la faiblesse de la participation à ces meetings, particulièrement criante à Belgrade, le leader de la SZP, Zoran Djindjic, a laissé entendre que l’Alliance s’interrogeait sur la suite du mouvement. Il faut des changements avant la fin de l’année en Serbie, mais «nous ne pouvons pas les réaliser seuls, sans le peuple», a déclaré M. Djindjic. Dès la troisième journée de sa campagne pour la démission de M. Milosevic, l’Alliance a subi une véritable débâcle à Belgrade en ne rassemblant jeudi que quelque 3 000 personnes, dans une capitale de 2 millions...