La passion et l’expérience de l’équipe américaine ont eu finalement raison des golfeurs européens, dominateurs en équipe lors des deux premières journées de la Ryder Cup, mais battus à plates coutures dans les duels, dimanche à Brookline (Massachusetts). Les États-Unis sont parvenus à réaliser l’impossible exploit. Distancés de 4 points par la sélection européenne à l’amorce de la dernière journée, ils ont remporté 8 des 12 simples de la dernière journée et partagé le point dans un neuvième, assurant par 14,5 points à 13,5 leur 24e victoire dans la plus cotée des épreuves de golf par équipes. Jamais depuis 72 ans d’histoire de la Coupe on n’avait assisté à un tel renversement de situation. Personne n’aurait parié un iota dimanche matin sur les chances de cette équipe américaine malgré la présence en ses rangs de 10 des 16 meilleurs joueurs mondiaux après deux premières journées désastreuses. Justin Leonard, vainqueur en 1997 de l’Open britannique, fut le sauveur de l’équipe américaine en lui apportant le dernier demi-point nécessaire pour assurer la victoire finale après avoir rétabli une situation plus que compromise contre Jose Maria Olazabal. Sans jouer remarquablement, l’Espagnol, vainqueur du Masters, comptait en effet 4 trous d’avance sur son adversaire avec seulement 7 trous à jouer, à un moment où l’équipe d’Europe pouvait encore entrevoir un résultat nul qui lui aurait permis de conserver la Ryder Cup. C’est alors que Leonard se mit à réussir putt sur putt. Après avoir enlevé les 12e 13e, 14e et 16e trous, l’Américain rentrait, au 17e, un putt de près de 17 mètres pour un birdie devant un Olazabal médusé. Passion exacerbée Les Américains, remontés comme jamais, se congratulèrent, courant et bondissant sur le green avant même qu’Olazabal ne joue le coup qui aurait pu encore différer l’échéance. À tel point que ce déferlement de joie si peu habituel chez les golfeurs choqua les joueurs européens. Le capitaine américain Ben Crenshaw devait s’en excuser ensuite. L’Espagnol échoua et à 14 points contre 11 à ce moment, c’en était fini des chances européennes. Tout au long de la journée de dimanche, la détermination américain fut remarquable, appuyée sur un public quasiment en transe. David Duval, habituellement très placide, avait annoncé la couleur au cours d’une houleuse réunion de l’équipe américaine, aux abois, le samedi soir en lançant : «Allons-y et exterminons-les». Après six duels, les États-Unis menaient 6 à 0. Les néophytes européens furent battus, tel le Français Jean Van de Velde contre Davis Love. L’incroyable fin de parcours de Leonard rendit inutiles les succès, en fin de journée, des Britanniques Paul Lawrie et Colin Montgomerie. Montgomerie fut tout au long de la compétition copieusement insulté par un public dont le comportement s’apparenta davantage à celui d’un kop de supporteurs de football qu’à celui attendu de spectateurs huppés d’une compétition golfique entre gentlemen. L’Europe fait la grimace L’Europe a accepté avec la grimace lundi sa défaite dans la prestigieuse Ryder Cup de golf. La presse britannique a certes salué la formidable remontée des Américains, qui ont reconquis une Coupe accaparée depuis quatre ans par le Vieux continent, mais n’a guère apprécié les manières des golfeurs d’outre-Atlantique. Puissants, impressionnants lors de la dernière journée des face-à-face, vainqueurs de huit des douze simples disputés, les Américains ont pavoisé beaucoup trop ostensiblement voire vulgairement aux yeux du Vieux continent après le fabuleux putt réussi par Justin Leonard. «Comment gagner la Coupe et perdre toute dignité», a titré l’Evening Standard avec, à l’appui, une photo des joueurs de Ben Crenshaw embrassant la pelouse et courant sur la pelouse comme des fous furieux. «Ce n’était pas la plus digne Ryder Cup de l’histoire», a commenté quant à lui l’el Mundo en Espagne, autre place forte du golf européen. Sam Torrance, vice-capitaine de l’équipe d’Europe, s’est dit «dégoûté» par l’attitude américaine après le coup de Leonard. «Ils devraient avoir honte», a-t-il renchéri, repris dans les colonnes de la plupart des journaux britanniques de lundi. En 2001, lors de la revanche en Grande-Bretagne à Beltry, le public sera sans aucun doute beaucoup plus fair play, a assuré Torrance. Colin Montgomerie, numéro un du golf européen, confident du capitaine Mark James tout au long de la compétition, a été copieusement sifflé par la foule de Brookline, près de Boston, un comportement que même son adversaire en simple Payne Stewart a dénoncé après coup. «Peut-être que la vraie victoire des Européens ici, contrairement aux hôtes, a été de considérer cette Ryder Cup comme un tournoi de golf et non comme une guerre», a conclu un chroniqueur du Standard.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La passion et l’expérience de l’équipe américaine ont eu finalement raison des golfeurs européens, dominateurs en équipe lors des deux premières journées de la Ryder Cup, mais battus à plates coutures dans les duels, dimanche à Brookline (Massachusetts). Les États-Unis sont parvenus à réaliser l’impossible exploit. Distancés de 4 points par la sélection européenne à l’amorce de la dernière journée, ils ont remporté 8 des 12 simples de la dernière journée et partagé le point dans un neuvième, assurant par 14,5 points à 13,5 leur 24e victoire dans la plus cotée des épreuves de golf par équipes. Jamais depuis 72 ans d’histoire de la Coupe on n’avait assisté à un tel renversement de situation. Personne n’aurait parié un iota dimanche matin sur les chances de cette équipe américaine malgré la...