Société - Contrôle médical à Budapest Zones rouges pour ces dames
le 29 septembre 1999 à 00h00
Les prostituées de Budapest ont demandé aux autorités municipales la création de «zones rouges» officielles à la suite d’une nouvelle loi leur imposant des contrôles médicaux. Depuis que cette loi est entrée en vigueur début septembre, «nous devons gagner de l’argent tout en jouant à cache-cache» avec la police, explique la porte-parole des prostituées, Agnès, 31 ans. «Nous ne pouvons pas rester aux endroits auxquels nous étions habituées. Nous devons bouger et ainsi nous perdons nos clients habituels. Ce mois-ci, j’ai déjà dû aller deux fois au commissariat de police, et j’ai gagné la moitié de ce que je gagnais auparavant», poursuit Agnès. Depuis le début du mois, les prostituées peuvent être arrêtées par la police si elles n’ont pas sur elles des certificats médicaux, selon la nouvelle loi qui vise à donner aux forces de l’ordre les moyens de mieux contrôler la prostitution, ainsi qu’une meilleure surveillance sanitaire pour réduire la propagation de certaines maladies. Les lois précédentes stipulaient seulement que les prostituées pouvaient être arrêtées pour racolage sur la voie publique ou pendant une passe. La nouvelle loi oblige chaque prostituée à se procurer un certificat médical tous les mois pour prouver qu’elle n’a pas contracté la syphilis et un autre document tous les trois mois pour attester qu’elle n’est pas porteuse des virus du sida ou de l’hépatite B. Au niveau de la municipalité, tout le monde n’est pas persuadé que la nouvelle mesure sera efficace. «Les filles pourraient ne pas vouloir coopérer», relève Andrea Szolnoki, maire adjoint de Budapest. «Elles pourraient estimer qu’il vaut mieux payer une amende de temps en temps que de payer chaque mois pour l’obtention d’un certificat médical», a-t-elle ajouté. De la famille Dans certains arrondissements de la capitale, les autorités réfléchissent par conséquent à de nouvelles méthodes de contrôle de la prostitution et envisagent l’instauration de «zones rouges» pour les prostituées. Le 8e arrondissement, où la prostitution est la plus répandue, serait prêt à se doter de telles zones à l’intérieur desquelles les prostituées seraient autorisées à exercer librement leur métier, mais son maire Bela Csecsei pose des conditions. «D’abord, nous ne devrions pas être le seul arrondissement à installer de telles zones. Ensuite, nous demandons une vaste présence policière et puis nous devrions obtenir davantage de fonds de la ville que les arrondissements qui ne sont pas prêts à créer leurs ‘zones rouges’», a-t-il déclaré. D’autres responsables estiment que la législation pourrait être améliorée. «Il y a un trou dans la législation et ce trou doit être rempli», note le secrétaire d’État au ministère des Affaires sociales et de la Santé, Erzsebet Pusztai. En attendant, Agnès et ses collègues ont troqué minijupes et hauts talons contre des vêtements plus anodins pour tenter de tromper la police qui surveille leur secteur. «La majorité des filles ont des familles, elles ont un ou plusieurs enfants, elles ne gagnent pas cet argent uniquement pour elles-mêmes», conclut Agnès.
Les prostituées de Budapest ont demandé aux autorités municipales la création de «zones rouges» officielles à la suite d’une nouvelle loi leur imposant des contrôles médicaux. Depuis que cette loi est entrée en vigueur début septembre, «nous devons gagner de l’argent tout en jouant à cache-cache» avec la police, explique la porte-parole des prostituées, Agnès, 31 ans. «Nous ne pouvons pas rester aux endroits auxquels nous étions habituées. Nous devons bouger et ainsi nous perdons nos clients habituels. Ce mois-ci, j’ai déjà dû aller deux fois au commissariat de police, et j’ai gagné la moitié de ce que je gagnais auparavant», poursuit Agnès. Depuis le début du mois, les prostituées peuvent être arrêtées par la police si elles n’ont pas sur elles des certificats médicaux, selon la nouvelle loi...
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