Le dollar a reproduit hier à Beyrouth ses cotations pratiquées depuis le 9 septembre, dans un marché calme et fondamentalement «vendeur». Et c’est grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a maintenu en l’état ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, que le billet vert a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL. Mais en l’absence de contreparties valables à la demande du dollar, l’offre en cette monnaie devait être encore une fois placée auprès de la BDL et plus précisément au bas de sa fourchette d’intervention. Il s’est négocié, en effet, toute la journée d’hier dans une marge très étroite comprise entre 1 501,00 et 1 501,10 LL, avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL. Affaiblissement du yen et du dollar à l’étranger À l’étranger, le yen a légèrement reculé hier face aux autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux, les cambistes continuant de spéculer sur un geste imminent de la Banque du Japon destiné à juguler la progression de la devise nippone. L’euro s’est apprécié face au billet vert, profitant de bonnes nouvelles économiques françaises, tandis que la livre sterling s’est hissée à son plus haut niveau depuis huit mois face au dollar. De fait, le marché s’est montré encore hier très confus au lendemain de la réunion du groupe des Sept à Washington ce week-end et les investisseurs se demandent toujours si oui ou non une intervention concertée de plusieurs banques centrales est possible. Certes, le marché continuait à être troublé par les propos tenus la veille par William McDonough, le président de la Réserve fédérale de New York, ainsi que par les déclarations faites hier par le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet. M. McDonough avait affirmé que la déclaration du Japon à l’issue de la réunion du groupe des Sept Finances est très positive, tandis que M. Trichet a estimé hier que le signal du groupe des Sept sur le yen est très exceptionnel. Les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales du groupe des Sept avaient déclaré dans un communiqué à l’issue de leur dernière réunion qu’ils partageaient les préoccupations du Japon quant à l’impact potentiel de l’appréciation du yen sur l’économie japonaise et mondiale. Mais le groupe des Sept ne s’était pas pour autant publiquement engagé à intervenir de manière coordonnée pour contrer l’appréciation du yen. Un geste solitaire de la Banque du Japon semble en revanche plus probable, ce qui explique l’hésitation des cambistes à reprendre leurs achats de yens. Selon les analystes, la parité dollar/yen devrait continuer à évoluer dans des marges étroites en attendant la publication la semaine prochaine de l’enquête trimestrielle de conjoncture Tankan de la Banque du Japon et la réunion le 5 octobre du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed). Quant à l’euro, il est parvenu à repasser au-dessus du seuil psychologique de 1,05 dollar hier, profitant de l’annonce d’un rebond plus important que prévu de l’activité industrielle en France, selon l’enquête de septembre de l’Insee publiée hier. La monnaie unique européenne avait déjà bénéficié la veille de commentaires de Christian Noyer, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), qui n’a pas entièrement exclu une hausse des taux d’intérêt dans la zone euro pour le futur. La livre sterling est repassée de son côté au-dessus de 1,65 dollar par moments, se hissant à son plus haut depuis la fin du mois de janvier 1999 face à un billet vert quelque peu plombé par un nouveau recul de Wall Street hier, et dans un contexte économique britannique particulièrement positif. Cela étant, le billet vert s’est négocié à New York sur un ton vulnérable comme suit : – 1,0555 pour un euro contre 1,0470, la veille – 1,6503 pour un sterling contre 1,6475 – 1,8535 DM contre 1,8680 – 6,2165 FF contre 6,2650 – 1,5180 FS contre 1,5305 – 1 835,00 lires contre 1 849,35 – 106,10 yens contre 106,00. Bourse de Beyrouth : marché animé par une importante application Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est montrée un peu mieux disposée hier, la hausse des actions de Lebanon Holdings de 5 3/4 à 6,00 dollars ayant pris le dessus sur la baisse des actions B de Solidere de 7 1/4 à 7 1/8 dollars et ce, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné hier 0,15 % à 75,46 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit hier dans un marché rendu plus actif par une application portant sur 1 080 000 actions C de la Bank of Beirut à 7 9/16 dollars. En effet, le volume d’affaires de la journée d’hier a totalisé 1 149 618 actions d’une valeur globale de 8 368 728 dollars, chiffre jamais vu depuis très longtemps. Wall Street : virage à la baisse Par ailleurs, Wall Street est repartie à la baisse hier, subissant ce que les analystes boursiers appelaient une «correction» avec des reculs en rapport avec des dégagements bénéficiaires. Ce mouvement est intervenu après que le rendement de l’obligation du Trésor à 30 ans, principale référence, se fut tendu nettement à plus de 6,05 % contre 6,015 % la veille. De fait, des craintes de resserrement monétaire à une semaine de la réunion du comité de l’open market de la Fed ont plané toute la journée d’hier sur la cote américaine, incitant les opérateurs à engranger les gains que leur procurait la récente hausse de la veille. C’est ainsi que le marché s’est montré très indifférent à la hausse des aurifères dans le sillage de l’or ainsi qu’à l’annonce d’acquisitions et de participations dans les secteurs pétrolier, bancaire et des télécommunications. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dégringolé d’un plus haut à 10 300,51 points à un plus bas à 10 081,13 points, avant d’afficher en préclôture 10 247,20 points, en baisse de 56,19 points sur la veille. Les Bourses européennes battent en retraite Après un rebond la veille, les marchés européens sont repartis à la baisse mardi, les investisseurs restant sur la réserve dans l’attente d’un éventuel relèvement des taux d’intérêt après la réunion du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) la semaine prochaine. Les prises de bénéfices ont été particulièrement nettes sur le marché allemand avec une chute de 2,3 % de l’indice Dax. Les marchés français et britannique ont essuyé des déconvenues plus faibles avec des replis de 1,15 % pour le CAC 40 et de 1,17 % pour le FTSE 100. La Bourse de Zurich a perdu plus de 2 %, les valeurs néerlandaises 1,3 % et le marché belge 1,2 %, tandis que Madrid et Milan ont limité leurs pertes à moins de 1 % avec un retrait de l’Ibex de 0,7 % et un repli du Mibtel de 0,38 %. Les indices multipays Eurotop 300 paneuropéen et Eurostoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro suivaient la tendance et cédaient respectivement 1,38 % et 1,46 %. Thyssen Krupp était particulièrement malmenée et accusait la plus forte chute des 30 valeurs du Dax (-6,64 %) sur des rumeurs d’abandon du projet Transrapid de liaison ferroviaire à très grande vitesse Berlin-Hambourg que les industriels allemands impliqués dans ce projet se sont pourtant empressés de démentir. DaimlerChrysler et Siemens, deux autres industriels associés au projet, cédaient de leur côté 2,58 % et 2,39 %, bien ce dernier ait donné quelques détails intéressants sur la progression de son plan de restructuration qui prévoit la cession de neufs divisions. Deutsche Telekom chutait de 3,43 %, à 38 euros, les marchés craignant que les pourparlers entre MCI WorldCom Inc. et Sprint Corp. n’empêchent l’opérateur allemand de s’implanter sur le marché américain. De nombreux intervenants ont prêté ces derniers temps à Deutsche Telekom l’intention de lancer une Opa sur Sprint dont il détient déjà 10 % du capital. À Londres, les bancaires faisaient l’objet de nettes prises de bénéfices après leur flambée des deux dernières séances, dans la foulée de l’annonce vendredi de l’Opa hostile de Bank of Scotland sur National Westminster Bank. Bank of Scotland dégringolait de près de 7 %, tandis que Royal Bank of Scotland, à qui certains prêtent l’intention de lancer une contre-Opa sur NatWest dès mercredi, abandonnait près de 6 %. Abbey National, Halifax et HSBC, également considérés comme des raiders potentiels, cédaient environ 4 % chacun. À Paris, le français Alcatel abandonnait 2,63 % après avoir annoncé son intention de racheter l’américain Genesys Telecommunications Laboratories, le prix – 1,5 milliard de dollars – étant considéré comme élevé par les marchés. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a terminé sur une forte hausse de 3 % mardi, les investisseurs étrangers se ruant sur les valeurs de sociétés exportatrices après le net recul du yen face au dollar, selon les opérateurs. L’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a gagné 504,64 points pour finir à 17 325,70 points. L’indice élargi Topix a terminé pour sa part sur une hausse de 39,91 points à 1 469,29 pts. Entraîné par les titres de haute technologie, les électriques et d’autres valeurs internationales, le Nikkei a clôturé en hausse pour la première fois en quatre séances, avec un volume d’échange limité, selon les opérateurs.
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