Le monde a besoin de règles, affirme Lionel Jospin
le 22 septembre 1999 à 00h00
Face aux difficultés rencontrées par la communauté internationale pour maîtriser la mondialisation, le Premier ministre français Lionel Jospin a demandé que des règles du jeu soient acceptées et respectées par tous. La promotion de la paix et du développement, inscrite au cœur de la mission universelle de l’Onu, ne peut se faire sans règles et sans normes communes, a-t-il dit, à New York, devant la 54e session de l’Assemblée générale de l’Onu. «Ce monde a besoin de règles. Ce monde a besoin de l’Onu», a-t-il ajouté. À l’approche d’un nouveau millénaire, le chef du gouvernement français a estimé que l’Onu, et en particulier le Conseil de sécurité, joue un rôle fondamental dans la vie internationale. Il lui faut «unir les peuples pour travailler ensemble à la paix et au développement, affirmer un corpus de règles juridiques encadrant les rapports en États et élaborer des normes communes». Le Premier ministre français a défendu la prééminence des hommes d’État dans l’organisation de la vie internationale. Les dirigeants des cinq continents ne peuvent pas «s’en remettre à des lois économiques prétendument universelles» et abdiquer leurs responsabilités politiques, a-t-il dit. Il a appelé à rechercher à «ordonner la mondialisation» pour que la «destinée collective» des hommes soit maîtrisée. À quelques mois du prochain cycle de négociations au sein de l’Organisation mondiale du commerce, le chef du gouvernement français a rejeté «la tentation de l’unilatéralisme» et plaidé pour des «règles multilatérales respectées par tous : pays industrialisés, pays en développement, grands opérateurs économiques, petites et moyennes entreprises». Il a appelé au renforcement de la stabilité du système monétaire et financier «en assurant la légitimité politique du Fonds monétaire international (FMI)», et il a demandé de «responsabiliser les opérateurs financiers privés quant aux conséquences de leurs décisions pour les pays en crise». Lionel Jospin a rappelé les décisions prises cette année à Cologne par les sept pays les plus industrialisés (G7) de «procéder à de nouveaux allègements» de la dette des pays les plus pauvres qui reste pour eux «le premier obstacle au développement». Sécurité internationale Dans le domaine de la sécurité internationale, le Premier ministre a aussi souligné la nécessité de suivre des règles, en affirmant «qu’il revient au Conseil de sécurité de régler les situations de crise», «car la vocation universelle de l’Organisation est intangible». Il a rappelé que la responsabilité première du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix est reconnue dans le nouveau concept stratégique de l’Otan. Faisant allusion à la guerre du printemps dernier au Kosovo où l’Otan est entrée en action sans mandat du Conseil de sécurité, Lionel Jospin a remarqué que, «certes, il a pu exister des circonstances où l’urgence humanitaire a commandé d’agir sans délai. Mais cette démarche doit rester une exception», a-t-il dit. Il a également encouragé les nouveaux champs d’action de l’Onu dont «la mission s’étend à la défense de la dignité humaine au sein de chaque État et, lorsqu’il le faut, contre des États». Rappelant que ces dernières années, la violence d’État a pris pour cibles des civils, Lionel Jospin a dit : «C’est inacceptable. Nous devons défendre le principe de l’intervention de la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies, pour porter secours aux victimes».
Face aux difficultés rencontrées par la communauté internationale pour maîtriser la mondialisation, le Premier ministre français Lionel Jospin a demandé que des règles du jeu soient acceptées et respectées par tous. La promotion de la paix et du développement, inscrite au cœur de la mission universelle de l’Onu, ne peut se faire sans règles et sans normes communes, a-t-il dit, à New York, devant la 54e session de l’Assemblée générale de l’Onu. «Ce monde a besoin de règles. Ce monde a besoin de l’Onu», a-t-il ajouté. À l’approche d’un nouveau millénaire, le chef du gouvernement français a estimé que l’Onu, et en particulier le Conseil de sécurité, joue un rôle fondamental dans la vie internationale. Il lui faut «unir les peuples pour travailler ensemble à la paix et au développement, affirmer un...
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