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Actualités - CHRONOLOGIE

Le commandant Khattab leader de la guerre sainte

Le «commandant» Khattab, accusé par le ministre russe de l’Intérieur Vladimir Rouchaïlo d’être à l’origine des attentats meurtriers à Moscou avec le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, mène la «guerre sainte» contre les Russes depuis une quinzaine d’années. «Les moudjahidine daghestanais vont mener des actions de représailles en divers endroits du territoire russe», déclare Khattab le 3 septembre alors que les forces russes bombardent des villages islamistes au Daghestan. Le lendemain, 300 kg de TNT explosent devant un immeuble habité par des militaires russes à Bouïnaksk (Daghestan) faisant 64 morts. «Nous n’avons aucun doute que les évènements du Daghestan et les explosions de Bouïnaksk (92 morts) et Moscou (lundi, 118 morts) sont les maillons d’une même chaîne», a affirmé lundi Vladimir Rouchaïlo. Chamil Bassaïev a catégoriquement démenti que Khattab ou lui-même soient impliqués dans ces attentats. Personnage mystérieux, Khattab (Habib Abder-Rakhman, de son vrai nom selon la presse russe) serait jordanien ou séoudien et âgé de 34 ans. Établi en Tchétchénie depuis la guerre d’indépendance contre Moscou (1994-1996), il fait partie de ces volontaires qui se sont battus un peu partout au nom de l’islam. Khattab a commencé sa lutte contre les Russes il y a une quinzaine d’années, abandonnant les bancs d’une université américaine pour aller affronter l’armée soviétique en Afghanistan. En 1992, il part au Tadjikistan soutenir l’opposition islamiste armée contre le régime de Douchanbe, puis rejoint la Tchétchénie en guerre en 1995 où il organise les premiers camps d’entraînement d’islamistes tchétchènes. Ses embuscades dans les montagnes contre les colonnes de blindés russes lui valent l’admiration des Tchétchènes et l’amitié de l’un de leurs commandants, Chamil Bassaïev. Considéré comme l’un de ceux qui ont propagé le wahhabisme (courant islamiste radical) en Tchétchénie et au Daghestan, Khattab partage avec Bassaïev le rêve de réunir ces deux républiques en un seul État islamique, comme cela était le cas au XIXe siècle, et de «libérer tous les musulmans du Caucase». Nommé chef de «l’Armée islamique du Daghestan» par Chamil Bassaïev, il commande quelque 2 000 rebelles qui passent de Tchétchénie au Daghestan le 7 août, y occupent plusieurs villages et proclament une «république islamique». Les rebelles se replient fin août après des combats meurtriers contre les Russes, mais reviennent le 5 septembre. Les attentats terroristes de septembre à Moscou ont coïncidé avec les combats dans les dernières poches de résistance des islamistes. Le visage rondouillard mangé par une grande barbe noire, les cheveux longs et la tête généralement couverte d’un béret orné d’inscriptions en arabe à la gloire d’Allah, Khattab est pour les Russes la personnification du danger islamiste. Selon le spécialiste américain Yossef Bodansky, ancien conseiller du Département d’État, Khattab a combattu dans plusieurs pays arabes et participé à des attentats contre des cibles israéliennes et françaises. Il aurait formé non seulement des Tchétchènes et des Daghestanais, mais aussi des Algériens et des Français d’origine arabe dans le centre d’entraînement qu’il contrôle à Serjen-Iourt en Tchétchénie, dans le district montagneux de Vedeno, selon la même source. Si ses rapports parfois conflictuels avec les autorités tchétchènes se sont nettement améliorés ces derniers mois, le «commandant» Khattab a, depuis son arrivée en Tchétchénie en 1995, échappé à trois attentats, le dernier datant de 1998.

Le «commandant» Khattab, accusé par le ministre russe de l’Intérieur Vladimir Rouchaïlo d’être à l’origine des attentats meurtriers à Moscou avec le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, mène la «guerre sainte» contre les Russes depuis une quinzaine d’années. «Les moudjahidine daghestanais vont mener des actions de représailles en divers endroits du territoire...