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Actualités - Chronologie

En Erythrée, les jeunes sont en première ligne

Derrière la bibliothèque du centre de jeunes d’Asmara, se trouve une porte discrète. Elle mène à une clinique où les jeunes Érythréens peuvent recevoir des information sur le sida, des conseils pour s’en prémunir, effectuer des tests de dépistage du virus et obtenir des préservatifs. «Nous tentons de créer un environnement amical et d’être sensibles aux préoccupations des jeunes», déclare Ali Abdu Ahmed, vice-président de l’Union nationale de la jeunesse et des étudiants de l’Érythrée (Nueys). «Nous avons des cliniques et des pharmacies mais les gens répugnent à s’y rendre pour y effectuer des examens ou demander des préservatifs», poursuit-il. «Nous avions installé un hôpital dans une ancienne boîte de nuit. Nous y offrions des services concernant la prévention du sida et le traitement des maladies sexuellement transmissibles. Mais là encore les gens hésitaient à s’y rendre. Nous avons alors décidé de nous installer dans un centre de jeunes», a-t-il indiqué. «Comme les jeunes étaient embarrassés pour demander des préservatifs, nous les avons mis à leur disposition gratuitement sur des étagères dans les toilettes du centre», dit-il. Environ 20 000 préservatifs ont été vendus ou donnés lors du premier jour de la campagne nationale de prévention contre le sida dans ce petit pays de 3,5 millions d’habitants, selon Nueys. Les 20-39 ans sont le plus touchés À travers tout le pays, et particulièrement auprès des forces armées, Nueys organise des ateliers sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles. L’organisation publie également trois journaux, anime une émission de radio et diffuse des vidéocassettes sur la question. «Nous avons de la chance. L’Érythrée est un petit pays et nous pouvons atteindre tout le monde», dit Ali Abdu Ahmed. Quand on a découvert que 80 % des porteurs du virus HIV se trouvaient dans la tranche d’âge de 20 à 39 ans, Nueys a décidé de donner la priorité à l’éducation et à la prévention contre la maladie. On ne dispose pas de chiffres précis sur le total des personnes qui l’ont contractée. Partout dans les rues d’Asmara, la capitale, on peut voir des enseignes publicitaires en couleurs encourageant à l’usage des préservatifs. Sur les panneaux s’étalent les emballages coquins dans lesquels ils sont vendus, représentant deux dauphins en train de batifoler. D’autres panneaux exhortent les gens à rester fidèles à leur partenaire ou à utiliser des préservatifs. Les responsables religieux, une fois convaincus des dangers de la pandémie, se sont joints à la campagne antisida. «Ils proclament ouvertement aujourd’hui à leurs ouailles : “Restez monogame ou utilisez le préservatif !”», raconte Ali. Le phénomène de la prostitution n’est pas très étendu dans le pays où les autorités requièrent des prostituées qu’elles se soumettent tous les deux mois à des examens de dépistage. Nueys encourage les personnes qui ont contracté la maladie à ne pas se considérer comme des exclues et à demeurer actives au sein de leur communauté.
Derrière la bibliothèque du centre de jeunes d’Asmara, se trouve une porte discrète. Elle mène à une clinique où les jeunes Érythréens peuvent recevoir des information sur le sida, des conseils pour s’en prémunir, effectuer des tests de dépistage du virus et obtenir des préservatifs. «Nous tentons de créer un environnement amical et d’être sensibles aux préoccupations des jeunes», déclare Ali Abdu Ahmed, vice-président de l’Union nationale de la jeunesse et des étudiants de l’Érythrée (Nueys). «Nous avons des cliniques et des pharmacies mais les gens répugnent à s’y rendre pour y effectuer des examens ou demander des préservatifs», poursuit-il. «Nous avions installé un hôpital dans une ancienne boîte de nuit. Nous y offrions des services concernant la prévention du sida et le traitement des...